publié le 20/02/2019

Elections en République démocratique du Congo : tout change pour que rien ne change

L’élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) s’est déroulée le 30 décembre 2018 en même temps que les législatives et les provinciales. Reportées à plusieurs reprises depuis 2016, ces élections ont vu le renouvellement des 500 membres de l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement. Mais c’est surtout l’élection présidentielle qui a focalisé l’attention tant à l’intérieur du pays qu’au niveau international.

Félix Tshisekedi, candidat de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a été déclaré vainqueur par la Cour constitutionnelle. Une déclaration contestée par Martin Fayulu, candidat unique du reste de l’opposition, et également par la Conférence épiscopale qui a envoyé près de 8000 observateurs sur le terrain. La Conférence des évêques estime que Martin Fayulu a remporté l’élection. Ce dernier demande le recomptage du scrutin. L'Union africaine, quant à elle, a émis des doutes sur la conformité des résultats avant de finalement suivre l’avis de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) qui a appelé à reconnaître le scrutin.

Une fois de plus les résultats des élections officiellement proclamés font débat en RDC. Ils ne sont pas de nature à apporter de la stabilité dans ce pays disposant d’immenses richesses mais en queue de peloton en termes de développement humain. Depuis la décolonisation et l’assassinat de Patrice Lumumba avec la complicité de pays occidentaux, la RDC (ancien Zaïre) a été déstructurée par le règne du dictateur Mobutu, pion de la Françafrique. A la fin de son règne sanguinaire, en 1997, le pays est exsangue. Il s’en suivra d’innombrables conflits faisant des millions de morts. La RDC est l’objet d’un pillage sans nom effectué par des multinationales, des groupes armés locaux et des puissances extérieures, bien souvent frontalières. L’absence de consensus et de clarté au sujet de ces élections, les fraudes constatées, ne peuvent qu’entretenir l’extrême faiblesse de l’Etat central congolais. De plus Félix Tshisekedi, de par la majorité au parlement, sera un président dans les mains des partisans de l’ancien président Joseph Kabila duquel il s’était rapproché il y a quelques mois.

Les communistes français, à l’instar de nombreux acteurs dont la Conférence Episcopale et l’opposition, estiment que les autorités congolaises auraient dû procéder à la publication des procès-verbaux de tous les bureaux de vote, pour l’ensemble des élections, présidentielle, législatives et provinciales. Outre de lever les doutes, cela aurait participé à l’exigence de souveraineté populaire et démocratique de plus en plus présente chez le peuple congolais. Les manœuvres politiciennes, aussi habiles soient-elles, ne pourront éternellement y faire obstacle.

Collectif Afrique

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