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Publié le 04/09/2019 par PCF

Féminicides : le gouvernement ne peut se contenter de communiquer, il doit maintenant agir !

Depuis le 1er janvier 2019, 101 femmes ont été tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint selon le collectif « Féminicides par compagnons ou ex », c’est-à-dire une femme tous les deux jours et demi. La seule chose qui les rassemble, c’est le crime dont elles ont été victimes : le féminicide. Ces femmes n’ont pas été victimes de « dispute conjugale », encore moins de « drame passionnel ». Leur mort a souvent été précédée d’années de violences morales, psychologiques, physiques, des violences commises chaque année sur environ 220 000 femmes sans compter le grand nombre d'enfants témoins ou victimes collatérales.

Depuis #MeToo, les associations et structures de protection et d’accompagnement sont débordées. Malgré les difficultés à déposer les plaintes, celles-ci ont augmenté de façon significative (+30 % par exemple à Paris) révélant l’ampleur des violences. Mais leur traitement n'est pas à la hauteur car les institutions dysfonctionnent et les moyens alloués par l’Etat, se prévalant pourtant de porter la « grande cause nationale du quinquennat » n’augmentent pas, voire reculent !

Un exemple de duperie : pendant que Mme Schiappa communique, l’accès prioritaire à l’hébergement ou au logement social pour les victimes n’a pas été renforcé tout au contraire. La réforme tarifaire des CHRS de 2018 vise une économie budgétaire de 57 millions d’euros sur quatre ans. La spécificité des établissements existants, recevant des publics particulièrement vulnérables comme les femmes victimes de violences, n’a pas été prise en compte, entraînant le risque de fermeture de milliers de places alors même que des collectivités se battent pour l'ouverture de nouveaux centres dédiés.

Le féminicide est l’expression la plus violente et la plus ultime du patriarcat et des inégalités qui persistent entre les hommes et les femmes. L’ampleur du phénomène est politique et appelle une véritable réponse politique.

Aux côtés des associations féministes, nous voulons nommer les choses pour pouvoir les combattre et nous voulons des moyens : un milliard tout de suite, pour les services publics, la police, la justice, les services sociaux et les associations.

Les féminicides ne sont pas une fatalité. Si le gouvernement consent à y mettre les moyens et à revenir sur les réformes qui ont aggravé la situation des services publics, le nombre de féminicides peut diminuer. Nous pouvons nous inspirer de nos voisines espagnoles qui travaillent avec succès sur ce sujet depuis 15 ans. Dans ce pays, les féminicides ont été divisés par deux.

En 2014, un Observatoire des violences faites aux femmes a été créé à Paris, sur le modèle de celui existant en Seine-Saint-Denis grâce à Ernestine Ronai. A Paris, les subventions aux associations dédiées aux femmes victimes ont été augmentées de 23 % en 2018 et de 25 % en 2019. Avec Ian Brossat, nous avons renforcé leur accès prioritaire au logement social. Pour détecter le plus tôt possible les comportements violents, nous intervenons dans les collèges pour faire de la prévention. Nous avons mis en place des dispositifs très concrets contre les féminicides : « Téléphones Grave Danger », « Mesure d’accompagnement protégée des enfants », conventions « mains courantes » et « ordonnances de protection, consultation de suivis des psycho-traumatismes… Les outils sont là.

Si l’Etat s’en donnait les moyens et travaillait vraiment avec les collectivités locales, il serait possible d’agir vite, en créant par exemple un lieu unique dans chaque ville pour accueillir et accompagner les femmes et enfants victimes, où l’on retrouverait des plaintiers, une unité médico-judiciaire, des psychologues, des associations d’aide.

Des mesures concrètes de politiques publiques sont possibles pour mettre fin aux inégalités femmes-hommes, aux violences, aux féminicides. Il n’y a aucune fatalité, Nous voulons juste un milliard ! 

 

Hélène Bidard, 

Responsable de la commission féminisme et droits des femmes du PCF,

Présidente de l’association Elu.e.s contre les violences faites aux femmes.

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