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International Europe Publié le 24/04/2019 par PCF

L’heure du rassemblement pour l’ultra-droite populiste européenne ?

Élection après élection, les partis prônant le repli national, le retour des frontières, la contestation de l’Union européenne influent sur les choix politiques européens. Il ne faut pas oublier que cette extrême droite, cette ultra-droite s’installe maintenant dans diverses coalitions gouvernementales de plusieurs pays d’Europe : Autriche, Hongrie, Slovaquie, Bulgarie, Italie, Finlande, etc.

Ainsi, le 8 avril 2019 à Milan, Matteo Salvini a lancé un appel pour une alliance des nationalistes en vue des élections européennes du 26 mai prochain. M. Salvini, parlant au nom de ses alliés de l’Europe des nations et des libertés (essentiellement le Rassemblement national (RN) de France et le Parti pour la liberté néerlandais (PVV) a plaidé, avec ses invités de l’AfD allemande, du Parti du peuple danois et des « Vrais Finlandais » pour un rassemblement du « bon sens » qui « s’oppose aux eurocrates, aux bien-pensants et aux banquiers qui gouvernent l’Union ». Il a l’intention de conclure la campagne des élections européennes le 18 mai prochain à Milan où il compte sur la présence d’une dizaine de partis de ce front de l’ultra-droite. Leurs intentions ne sont plus de simplement contester l’Union européenne, mais maintenant de peser sur les choix du Parlement européen.

Ces mouvements parviendront-ils à surmonter leur diversité pour s’unir ?

C’est une des questions des mois à venir, mais il est certain que cette ultra-droite autoritaire et liberticide partage un fonds commun, prônant économie néolibérale, politique identitaire, ultranationalisme, rejet de la mondialisation, xénophobie exacerbée sur fond d’hostilité à l’Islam, rejet du multiculturalisme. Certes, des différences existent entre ses différentes formations comme sur la solidarité avec les pays du sud et les relations avec la Russie. Mais, Matteo Salvini veut profiter de sa popularité dans son pays pour dépasser ces différences et permettre le rassemblement du Front nationaliste en mettant au centre de la campagne des élections européennes les politiques migratoires et le retour des frontières. Marine Le Pen a même théorisé dans son manifeste pour une Europe des nations que les frontières sont un outil pour l’écologie. En effet, pour le Rassemblement national, l’écologie passe d’abord par la protection des frontières et des nations en théorisant l’idée du « localisme » et de celui qui est enraciné dans son pays est plus « écolo » que celui qui est nomade. On voit bien que derrière le visage écologique du RN, c’est l’obsession de l’immigration qui justifie tout.

C’est aussi le cas au Danemark et en Finlande, où les partis d’extrême droite, le Parti populaire danois et le parti « les Vrais Finlandais » justifient leur politique anti-migratoire pour pouvoir conserver leurs droits sociaux. Ils expliquent que pour éviter les politiques d’austérité, il faut fermer les frontières.

Tout cela se passe sous le regard très attentif de Steve Bannon qui, après avoir contribué à faire gagner Donald Trump aux États-Unis, voudrait bien aider à fédérer les extrêmes droites européennes à l’approche du scrutin du 26 mai. Des liens s’esquissent, notamment via des think tanks et peut-être des financements, mais les poids lourds du nationalisme européen restent encore un peu distants. Cependant, une internationale des extrêmes droites essaie de prendre forme sur le plan idéologique, se définissant comme populiste, nationaliste, souverainiste, avec une tendance traditionaliste comme le dit Bannon dans une interview faite en France il y a quelques jours.

Inutile de démontrer que l’extrême droite en Europe a déjà commencé à influencer les décisions politiques, il suffit de constater ce qui s’est passé sur les politiques migratoires et en particulier durant les dramatiques épisodes concernant les bateaux des ONG en Méditerranée. C’est bien M. Salvini qui a réussi à imposer son choix, la politique des ports fermés réactive les routes par voie terrestre. Il y a « une course » entre les pays pour ne pas accepter les migrants, une course contre la solidarité, contre la liberté de circulation dictée par des raisons politiques intolérables, déclare Filippo Grandi, haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés.

Difficile de dire à l’heure actuelle si les tentatives de rassemblement vont fonctionner mais il est évident que l’arrivée de Matteo Salvini au gouvernement avec l’aide du Mouvement 5 étoiles est un élément important qui a donné de nouvelles ambitions à cette ultra-droite.

Cécile Dumas
responsable-adjointe du secteur International
chargée des enjeux migratoires

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