publié le 19/12/2018

Ouvrir des brèches dans la construction capitaliste de l'UE

Le PCF a fait campagne contre tous les traités européens qui ont construit une Union européenne (UE) au service du tout-marché, des banques et de la concurrence, au détriment des souverainetés populaires. La construction capitaliste de l’UE, mis en œuvre par les classes dirigeantes européennes, crée des marchés de toutes pièces, et impose aux peuples le corset du pacte de stabilité et de croissance et du pacte budgétaire. Ce système aggrave le fossé entre les différents pays européens avec d’un côté l’Allemagne et de l’autre des pays comme la Grèce ou l’Italie. Lors de la crise de 2008-2010, les classes dirigeantes européennes décident d’aller encore plus loin dans cette logique. L’instauration du «semestre européen» renforce le contrôle sur les budgets des Etats.

L’UE n’est pas un «deus ex machina»: le rôle du conseil des chefs d’Etat et de gouvernement ou du conseil européen demeure essentiel. Le véritable coup d’Etat contre la Grèce en juillet 2015 montre clairement la responsabilité des dirigeants nationaux dans l’imposition du 3e mémorandum. Face à cela, une sortie de l’euro et de l’UE n’implique en rien une sortie du capitalisme et des logiques de classe en œuvre au sein de l’UE et dans les pays membres. On doit s’attaquer aux classes dominantes en Europe et en France en s’appuyant sur les rapports de force concrets pour les faire évoluer.

Renverser le caractère capitaliste et autoritaire de l’UE signifie montrer concrètement aux peuples qu’une autre logique est possible, en y imposant des mesures qui sont par nature incompatibles avec le sens des traités européens. Ce sont les mesures que le PCF, avec Ian Brossat qui est proposé par notre congrès comme tête d’une liste de large rassemblement, avance :

Offensive démocratique :

  • remise en cause du pacte budgétaire allant jusqu’à son abolition.

Offensive sociale, pour les salaires et le pouvoir d’achat :

  • lutte contre la paupérisation des travailleurs pauvres en Europe qui sont passés de 7 à 10% de la population active alors que le PIB européen ne cesse de croitre passant de 15 000 milliards à 17 000 milliards;
  • interdiction des délocalisations intracommunautaires;
  • renforcer les droits des travailleurs détachés. Travail en France signifie travailler sous contrat français.

Offensive fiscale et question de l’argent :

  • lutte efficace contre l’évasion fiscale;
  • refondation des missions et du fonctionnement de la BCE qui alimenterait un fonds de développement social et de transformation écologique.

Offensive pour la transition écologique :

  • transformation de la PAC;
  • politique européenne de rénovation énergétique.

Offensive contre l’impérialisme :

  • refus d’une défense européenne intégrée et de porter à 2% du PIB le budget de la Défense. Désengagement de l’OTAN avec une conférence pan européenne large de paix et de sécurité collective comprenant des pays hors UE comme la Russie.

Toutes ces mesures doivent mener à la conclusion d’un nouveau traité, qui rompe avec les logiques qui sous-tendent la construction européenne depuis l’Acte unique de 1986. Elles illustrent ce que nous entendons par «Union des peuples et des nations libres, souverains et associés»: aucun peuple ne peut se voir imposer un «modèle» de société qu’il récuse. Les peuples et les nations d’Europe doivent pouvoir choisir démocratiquement les axes de coopérations qu’ils souhaitent construire. C’est l’Europe à géométrie choisie, c’est-à-dire une conception souple fondée des coopérations concrètes dans l’intérêt des peuples.

Les rapports de force en Europe sont dégradés. L’extrême-droite s’arroge des positions de pouvoir dans des pays de plus en plus nombreux. La droite est sous pression de cette dernière. La social-démocratie est en crise, à commencer par ses partis historiques français et allemand.

Par contre, l’augmentation de 22% du SMIC en Espagne et les politiques du gouvernement portugais montrent qu’une autre voie est possible. Le PCF n’est pas seul pour mener cette bataille en Europe. Un appel de partis communistes européens est en cours de préparation. Le PGE (qui n’impose pas de «ligne» sur l’Europe, étant donné la grande diversité des organisations qui en sont membres) prépare un Manifeste. Ce sont autant de points d’appui pour nous.

Vincent Boulet
responsable adjoint des questions européennes au PCF
membre de la commission des relations internationales
article paru dans Communistes du 19 décembre 2018

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