publié le 19/02/2019

Pour la justice et démocratie en Catalogne : le procès des indépendantistes catalans n’a pas lieu d’être

Les douze accusés indépendantistes catalans dans le procès qui vient de débuter devant le Tribunal suprême d’Espagne encourent au total 156 années de prison, pour «rébellion» et «détournement de fonds», en fait pour avoir organisé unilatéralement le référendum d’indépendance du 1er octobre 2017.

Le PCF dénonce ce procès et les risques qu’il fait peser sur l’avenir démocratique en Catalogne et dans l’ensemble de l’Etat espagnol. Ce n’est pas à un tribunal de résoudre les questions politiques, mais à l’exercice de la démocratie et au peuple. D’autant plus que les tribunaux centraux de l’Etat espagnol sont connus pour avoir la main très lourde, imposant des peines complètement disproportionnées pour ce genre d’accusation, comme en ont témoigné dernièrement les peines prononcées dans le procès d’Altsatu, jugeant une bagarre entre des jeunes basques et la Garde civile.

Ce procès cristallise en outre les discours de haineux de la droite nationaliste espagnole dans le contexte de la préparation des élections législatives anticipées du 28 avril prochain. La manifestation hispaniste commune de la droite (Parti populaire et Ciudadanos, organisation avec laquelle LREM refuse de prendre ses distances) et de l’extrême-droite le 10 février dernier à Madrid et le fait que le parti néo-franquiste Vox soit en position de faiseur de roi à droite, comme l’a montré l’élection régionale en Andalousie, sont lourds de régressions très graves et rapides en Espagne. Ce procès va envenimer et pourrir encore davantage la situation.

Plus largement, ce sont encore 700 maires qui sont soumis à enquête pour avoir organisé le référendum du 1er octobre 2017. Le comité des droits de l’homme de l’ONU a d’ailleurs requis de l’Etat espagnol de respecter les droits politiques des élus catalans.

Le PCF refuse que des responsables politiques ou associatifs soient emprisonnés et poursuivis pour avoir organisé pacifiquement un référendum. Cela ne peut en aucun cas constituer un délit, encore moins un crime de «sédition». Le futur des relations entre la Catalogne et l’Etat espagnol ne peut se décider que dans un cadre concerté, démocratique et solidaire.

Seul le dialogue entre les forces politiques, entre les peuples et les nations qui composent l’Etat espagnol, par une réelle démocratisation du pays et par le respect des droits et des libertés, y compris via un référendum d’autodétermination s’inscrivant dans le cadre d'un processus démocratique global de dialogue, pourra résoudre politiquement la crise catalane.

Parti communiste français
Paris, le 18 février 2019

 

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