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Publié le 04/09/2019 par PCF

Rentrée 2019 : de la maternelle à l’université, notre système éducatif est au bord de l’explosion

À la fin de l’année dernière, la grève du baccalauréat avait tiré la sonnette d’alarme. En utilisant cette forme de lutte inédite, les enseignant·e·s alertaient sur ce qui était en train de se jouer avec la réforme du baccalauréat : une réorientation de l’ensemble du système d’éducation, fondée sur l’individualisation, la concurrence et la sélection. Depuis, le mépris, les mensonges et l’autoritarisme du ministre ont encore aiguisé les tensions.

Les conditions de la rentrée confirment la gravité de la situation. Fermeture d’écoles rurales, manque de personnels : le service public d’éducation n’a plus les moyens d’assurer ses missions sur tout le territoire. Pour compenser, le gouvernement favorise l’enseignement privé. En instaurant la scolarité obligatoire à 3 ans, il contraint les communes à financer les maternelles privées, et favorise ainsi la ségrégation scolaire dès le plus jeune âge. Avec la réforme du lycée, les élèves sont triés dès l’entrée en seconde : en fonction du nombre de places disponibles, des moyens de leur établissement, ils n’ont pas accès aux mêmes options, aux mêmes formations… Et avec Parcoursup, les choix qui leur sont ainsi imposés à 15 ans détermineront leur accès l’enseignement supérieur. Blanquer met en place brutalement et extrêmement rapidement une école de la sélection généralisée, une école du tri social.

La bataille pour l’éducation est une bataille centrale pour le projet communiste...

Un projet pour l’école, c’est un projet pour la société. La refonte libérale de l’éducation est aussi une refonte du monde du travail et du débat démocratique. Avec l’individualisation des formations, le bac à la carte, ces réformes isolent les travailleurs de demain. Sans diplômes nationaux, sans formation commune, sur quoi s’appuieront-ils pour porter des revendications collectives ? Si la maîtrise des savoirs est réservée à quelques-uns, comment les citoyen·ne·s de demain pourront-ils répondre aux défis de l’avenir ?

La bataille pour l’éducation ne relève pas simplement de la défense d’un service public : elle engage notre projet de société. Pour émanciper le travail, pour prendre le pouvoir sur l’argent, les travailleurs et les travailleuses de demain devront maîtriser des savoirs complexes. Pour renouveler la République, nous avons besoin d’une éducation qui forme des citoyennes et des citoyens capables de maîtriser les grands enjeux du débat démocratique. Pour inventer des réponses à l’urgence écologique, il est nécessaire que tous les jeunes soient armés d’une formation de haut niveau.

… et stratégique pour la construction d’un rassemblement majoritaire.

La question éducative a longtemps été un identifiant de la gauche. Aujourd’hui, si la question des moyens alloués à l’éducation nationale sépare encore assez clairement la droite – toujours prête à supprimer des postes – et la gauche, qui au contraire en crée, la définition d’un projet ne permet plus de distinctions aussi nettes. Le PS s’est rallié au consensus libéral. La réforme des rythmes scolaires comme la réforme du collège vont dans le sens d’une individualisation des formations, de la casse des cadres collectifs, de la mise en concurrence des établissements et des territoires. Ces réformes ont provoqué une désaffiliation de l’électorat enseignant : le vote PS s’y est effondré, et le monde enseignant semble chercher une force politique capable de porter ses exigences. Il y a là un espace disponible pour reconstruire une gauche de progrès.

La bataille pour l’éducation est d’autant plus stratégique qu’elle construit des convergences entre les couches les plus populaires du salariat et les couches moyennes. Les batailles locales contre les fermetures de classes ou pour la mixité sociale en sont de bons exemples : dans ces luttes se créent des rassemblements qui peuvent être des points d’appui dans d’autres batailles et des modèles pour le rassemblement majoritaire que nous cherchons à construire.

Le PCF à l’initiative

Cette semaine et les suivantes, partout en France, les communistes seront à la sortie des écoles pour porter leurs propositions et mettre en débat un projet pour une école de l’égalité, une école commune donnant à tous les jeunes les moyens de maîtriser leur avenir et celui de la planète. Ces actions doivent s’inscrire dans une campagne de long terme : partout, allons à la rencontre des actrices et des acteurs de l’éducation - enseignant·e·s et personnels, familles et jeunes, syndicats, collectifs, associations, mouvements pédagogiques, élus locaux… - pour mettre en débat nos propositions et travailler à un projet commun.

Pour cela, un tract a déjà été élaboré. Dans les jours à venir, une lettre ouverte de Fabien Roussel aux personnels de l’éducation permettra de porter le débat dans les établissements. À partir du projet communiste L’école en commun, un argumentaire court sera élaboré pour servir de base aux différentes rencontres. Toutes ces initiatives pourront être signalées au réseau école (reseau.ecole-pcf@orange.fr).

Les municipales peuvent être un temps fort de cette bataille. Les municipalités sont des acteurs de plus en plus importants de l’éducation. Elles peuvent s’appuyer sur leurs réalisations pour interpeller l’État et le mettre face à ses responsabilités en matière de recrutement de personnels ou d’égalité. Les politiques municipales en matière de cantine, de transport ou de fournitures scolaires sont des points d’appui pour revendiquer la création d’un fonds national pour financer la gratuité de tout ce qui est nécessaire à l’éducation. La mise en œuvre d’activités périscolaires dans le cadre de la réforme des rythmes peut déboucher sur l’exigence d’un service public national déconcentré du loisir éducatif. Le financement des ATSEM et tout ce qui est fait en faveur de la scolarisation des plus jeunes doit permettre aux municipalités de mobiliser pour interpeller l’État sur le recrutement et la formation des enseignant·e·s en maternelle.

Avec les réformes du bac, des lycées et de l’accès à l’université, l’État organise la concurrence entre les établissements et les territoires : en fonction des réputations des établissements, des options qu’ils pourront offrir, certains risquent de devenir des lieux de relégation. Loin de jouer le jeu de la concurrence, nos élus peuvent être à la pointe de la bataille contre cette discrimination sociale et territoriale.

Autour des enjeux éducatifs, nous pourrons ainsi articuler bataille municipale et bataille municipale, et construire des rassemblements majoritaires. µ

Marine Roussillon, membre du CEN.

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