Mis en ligne : 15 mai 2006
La question du réchauffement climatique et de ses causes ne fait plus guère débat. Toutes les études et les recherches ne font que confirmer l’acuité du problème. (...)
RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ; IL N’ Y A PLUS DE TEMPS A PERDRE !
La question du réchauffement climatique et de ses causes ne fait plus guère débat. Toutes les études et les recherches ne font que confirmer l’acuité du problème. L’activité humaine, essentiellement à travers la consommation de combustible fossile, est responsable de l’augmentation de gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère et d’un surcroît d’effet de serre, ce qui provoque un réchauffement du climat. C’est maintenant une certitude partagée par quasiment tous les gouvernements du monde et ainsi que de nombreux citoyens. Un récent sondage sur les Français et l’environnement, place à 42 % le réchauffement climatique comme l’un des risques les plus inquiétants pour l’avenir de la planète.
Selon les experts du Groupement Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat rattaché à l’ONU, la température moyenne du globe est déjà supérieure de 0,8 degrés aux valeurs relevées au début de la révolution industrielle et il ne faudrait pas dépasser un réchauffement de 2 degrés à la fin du siècle pour éviter des catastrophes et une situation incontrôlable.
Un nouveau rapport parlementaire début avril vient s’ajouter aux nombreux rapports déjà publiés sur la question du réchauffement climatique. Le rapport de la mission d’information parlementaire sur l’effet de serre lance un cri d’alarme : « le changement climatique constitue la plus grande menace du 21 ème siècle » « Il est donc non seulement nécessaire d’agir, mais il faut agir vite. « On ne pourra plus dire, comme pour l’amiante « on ne savait pas » et encore « le changement climatique porte en germe la menace de catastrophes majeures ».
Marie-George Buffet déclarait, de son coté, à l’ouverture du forum national organisé par le PCF en septembre dernier sur le développement durable « la conscience de la gravité des enjeux progresse aujourd’hui considérablement, mais force est de constater que les réponses apportées peinent à en prendre la mesure. La question est pourtant cruciale tant pour les conditions de vie actuelles des hommes et des femmes que pour l’avenir. Le développement de l’humanité ne peut se concevoir dans la dégradation de son cadre de vie et la destruction de son bien commun ; la planète ».
Donc, de l’avis de tous, la situation est à prendre au sérieux et la prochaine période va donc être décisive pour ce qui va se passer dans la deuxième moitié du 21 ème siècle. Notre génération porte la lourde responsabilité, comme jamais auparavant, de ce que sera la vie des générations futures.
Le protocole de Kyoto de décembre 1997 et sa ratification à l’exception notable des Etats Unis a ouvert en 2005 la voie à une première étape de l’action des Etats pour réduire les émissions de GES. Il aura fallu 20 ans entre la découverte du lien entre le réchauffement climatique et la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère et le début d’une action concertée. C’est à la fois long mais aussi un délai court quand il faut mettre d’accord tous les Etats de la planète.
Ce premier accord concerne les pays industrialisés et les pays de l’Est de l’Europe et la Russie pour un objectif global de réduction des émissions de 5,2% des gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2008-2012 par rapport à 1990, soit 8% pour l’Union européenne et 0% pour la France du fait de l’importance de l’énergie d’origine nucléaire. Les pays du Sud eux ayant été exemptés durant cette première phase d’objectif de réduction de GES.
La réduction de 5,2% des émissions de GES par rapport à 1990 est certes une première étape mais est très loin de répondre à l’ampleur du défi qui est posé.
Préparer dès maintenant l’après 2012
Engager une action urgente de grande ampleur sur toute la planète. Il ne sera pas suffisant de stabiliser les émissions de CO2 mais il faudra rapidement réduire fortement ces émissions pour enrayer le réchauffement climatique. La conférence de Montréal de la fin 2005 à mis sur pied un groupe de travail pour de nouveaux engagements sur de nouveaux objectifs et un calendrier. Pour La France et l’Europe une diminution de 25% à 30% des GES en 2020 nous parait nécessaire.
Une course de vitesse est engagée. Il n’est pas trop tard pour éviter un changement climatique incontrôlable. Tous les gouvernements et tous les citoyens doivent réagir. Cela implique un changement radical dans la manière de produire, de consommer et de se comporter.
Une révolution politique et culturelle est devenue nécessaire : prendre en compte les conséquences écologiques de notre activité dans les décisions économiques. Bannir les visions à courte vue qui sont celles du capitalisme financier et mondialisé toujours plus avide de profits maximums immédiat pour les actionnaires. Autrement dit bâtir un développement durable et solidaire de la planète.
Cela implique donc une information complète et mondiale des citoyens pour une prise de conscience réelle de ces problèmes cruciaux pour l’avenir de l’humanité. La connaissance, la maîtrise et la capacité d’intervention des citoyens sont absolument indispensables. Pour une nouvelle réduction importante des émissions de GES, des investissements considérables seront nécessaires et donc la mobilisation des crédits publics mais aussi des banques qui devront réorienter leurs financements. Il faut maintenant envisager une action résolue à long terme pour les décennies à venir et donc avoir une vision à long terme et une feuille de route. En effet le marché est totalement myope sur ces questions (il ne peut expliquer pourquoi les glaciers fondent) cela implique un retour en force de la politique au sens noble du terme (la gestion de la cité du local au mondial) et ’une vision à long terme dans les décisions à prendre dans une démarche de démocratie participative. Qu’on le veuille ou non une action solidaire de tous les pays du monde devient incontournable pour éviter le pire.
[/Patrice Busque/]