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Rapport de Francis Wurtz au conseil national du 19 novembre 2008 - Elections européennes (III)
Par : Conseil national
Mis en ligne : 19 novembre 2008
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Cher(e)s camarades,

Le 24 octobre dernier, le Conseil national a adopté -à une très large majorité- la résolution sur les élections européennes. Près d’un mois s’est écoulé depuis lors et nous sommes à trois semaines du Congrès. Il a donc semblé opportun de faire un point sur l’évolution de la situation et la mise en oeuvre de nos décisions.



 NOTRE AMBITION

L’ambition que nous nous sommes fixée pour cette échéance électorale, au contexte si exceptionnel, est -dit notre résolution- de « faire en sorte qu’une part significative de la vague de contestation » qui ne cesse de monter à l’encontre du modèle de société actuellement mise en oeuvre dans l’Union européenne « s’exprime à cette occasion par un vote pour des candidates et des candidats porteurs d’un réel projet de transformations profondes, de refondation de la construction européenne, et non se perde dans l’un des multiples exutoires qui lui seront vraisemblablement proposés ». Dit plus simplement : nous ne voulons pas simplement témoigner de nos convictions, nous voulons gagner une bataille ! Et quelle bataille, dans une période où les souffrances sociales s’annoncent terribles et où le roi -capitaliste- est nu ! Nous voulons faire élire le plus grand nombre de député-e-s. Mais nous voulons, pour plagier Antonio Gramsci, disputer « l’hégémonie culturelle » aux tenants du système, autrement dit gagner la bataille des idées, pour priver progressivement ces fausses « élites » du pouvoir qui est le leur d’imposer aux peuples une politique dont ils ne veulent plus.

« Cet objectif est réaliste », souligne la résolution, tant est fort le sentiment de révolte contre cette trop fameuse « économie de marché ouverte où la concurrence est libre », cette libre circulation des capitaux, cette Banque centrale européenne dévouée aux marchés financiers, et tant est vif, en particulier chez les jeunes, le désir de voir émerger « une autre Europe ».

Mais « pour autant, rien n’est acquis », temporise aussitôt notre résolution, en évoquant la multiplicité des obstacles à la construction des rapports de force nécessaires pour gagner.

« Beaucoup va en fait dépendre de la stratégie que nous saurons mettre au service de notre ambition », conclut la résolution sur ce point, en énumérant les trois exigences à remplir pour se donner les moyens du succès : « promouvoir des idées réellement transformatrices ; réaliser autour d’elles le rassemblement le plus large possible ; donner à la campagne une forte dimension européenne ».

Depuis ce 24 octobre, ces trois exigences ont été spectaculairement validées par les faits intervenus, et nous avons commencé à y répondre.

 LA BATAILLE DES IDEES

Prenons la bataille des idées. Elle fait rage ! A droite, c’est la déferlante ! Plus le gouvernement fait pleuvoir les coups sur les salariés et les familles, et plus Nicolas Sarkozy cultive l’image du Zorro européen terrassant les spéculateurs pour « moraliser le capitalisme ». Jusqu’à la semaine dernière, il se contentait d’être « Président de l’Europe ». Depuis le sommet du G20, le voilà promu par la presse du lendemain « maître du monde » ! N’a-t-il pas tutoyé « George » et pris « Angela » par le bras ? Et surtout, n’a-t-il pas forcé la main aux puissants de la Terre en leur faisant réclamer « d’une seule voix » une « nouvelle gouvernance mondiale » ?

Cette opération n’est évidemment pas gratuite. Le « conseiller spécial » du Président, Henri Guaino, en a livré le secret dans une interview récente : « Si l’on ne répond pas au besoin d’éthique, de régulation, d’équité, on pourrait bien se trouver confrontés à la grande révolte des classes moyennes »1. Le mythe du Président aux avant-postes européens du combat pour refonder le système est destiné à adresser aux Français ce message : « Lui au moins, il se bat pour des règles ! Soutenez-le bien fort. Quelle serait la situation sans lui ! »

Or, face à cette mystification, que voient les Français, à gauche ? Quelles propositions de mesures immédiates entendent-ils pour se défendre tout de suite ? Et quel projet alternatif pour laisser entrevoir l’espoir d’un changement ? A ce stade, dans la majorité des cas, les désillusions sont cruelles ! Les plus politisés sont en train de nous retrouver et apprécient l’opportunité de s’informer et de débattre que leur offre notre démarche, le caractère sérieux et opérationnel de nos propositions, ainsi que le fait que nous ouvrions le débat sur « comment créer les conditions politiques des changements ». Et c’est précisément « l’Europe » qui est au coeur de ces échanges. Car, en définitive, tout y mène : des salaires à l’emploi, des services publics à l’automobile, de la déréglementation généralisée à la retraite à 70 ans, et, tout autant le crédit, la finance et la crise systémique. Mais aussi la mobilisation contre le changement climatique, la paix dans le monde ou la question démocratique. On repense immanquablement, même si les deux situations ne se confondent pas, à la période de maturation du grand débat citoyen de 2005 sur le projet de traité constitutionnel.

Nous sommes donc bien armés pour travailler à ces « quelques axes structurants » dont parle notre résolution, « rompant avec les dispositions des traités que nous avons combattues en 2005 » et dessinant « une vision alternative de la construction européenne, dans laquelle le plus grand nombre soit en mesure de se reconnaître ». Mais nous ne pouvons espérer réaliser seuls une mobilisation comparable à celle, très pluraliste, de 2005.

 LE RASSEMBLEMENT

Qu’en est-il donc du rassemblement ? Dans sa résolution, le Parti communiste a lancé « un appel aux forces politiques et sociales, aux hommes et aux femmes représentant des courants politiques progressistes, comme au mouvement syndical, social et associatif, dans toute leur diversité, qui partagent (les) objectifs (que je viens d’évoquer) et se reconnaissent dans cette démarche ».

Jean-Luc Mélenchon a répondu, peu après, à cet appel. Les termes de sa réponse sont à souligner : « C’est le Parti communiste qui a donné le signal avec la position qu’a prise sont Conseil national. Sans la proposition du PCF, chacun était condamné à rester chez soi (...) Cette proposition (...) a été tout à fait novatrice et audacieuse. J’y réponds. » La rencontre d’hier a pleinement confirmé cet état d’esprit. Nos échanges ont été de très bonne augure pour notre bataille commune, aux élections européennes.

Jean-Luc Mélenchon ne fut, du reste, pas le seul à réagir à notre appel. Christian Piquet, qui anime le courant minoritaire à la LCR, y a consacré un long article dans lequel il qualifie notre initiative d’« excellente nouvelle », « d’objectif que nous ne pouvons que partager » et de « chance qu’il ne faut à aucun prix laisser passer. » De son côté, le directeur du journal « Politis » a déclaré voir dans la résolution du Parti communiste « un encouragement » et a demandé à nous rencontrer -ce que nous allons faire avec tous ceux qui le proposent, comme notre résolution nous en donne mandat. Par ailleurs, des réactions individuelles très significatives -de responsables syndicaux, d’intellectuels, de militants progressistes- nous sont également parvenues.

Rien de tout cela n’était évident il y a encore un mois. Il s’agit bien d’un fait politique potentiellement de grande portée, et qui peut avoir d’autres prolongements. L’intérêt suscité par notre rencontre d’hier avec Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez montre que notre démarche vient de franchir un seuil de crédibilité qui peut favoriser une vraie dynamique. Nous devons en prendre la mesure et y consacrer tous les efforts nécessaires.

Voilà pourquoi il me semble que nous devons absolument, et sans retard, faire connaître et discuter cet appel du Parti -en fait, toute la résolution du CN du 24 octobre-. Et d’abord auprès des communistes eux-mêmes, dont beaucoup n’ont sans doute eu l’occasion jusqu’ici que d’une lecture rapide et surtout, hors du nouveau contexte que je viens d’évoquer. Or, il est important que l’on sache que c’est le Parti communiste qui a pris l’initiative du processus qui est en marche.

Cinq idées-forces de la résolution me semblent devoir attirer l’attention. D’abord, elle se place dans le contexte de la « crise historique du capitalisme ». C’est même son titre.

Ensuite, notre appel se fonde sur un socle d’orientations politiques solides et claires.

En troisième lieu, sur cette base, la résolution appelle à des formes de consultation et de co-élaboration publiques de quelques grands axes de propositions, en prise avec les luttes sociales.

C’est sur la base de ces idées que le Parti communiste lance son appel, en vue des élections européennes, à « travailler ensemble à créer la dynamique de gauche qu’appelle aujourd’hui la situation faite à notre peuple et aux peuples en général », jusque dans la composition des listes et le choix des têtes de liste.

La résolution souligne enfin son souhait de « donner à la campagne une dimension européenne propre à illustrer le Front progressiste européen que nous voulons contribuer à construire. » J’y reviens dans un instant.

Je pense qu’une initiative de ce type tranche tellement avec le paysage politique ambiant, notamment à gauche, qu’elle est de nature à susciter l’intérêt et la sympathie dans la société. Aussi faudrait-il que les communistes puissent se saisir de cet appel au rassemblement pour en faire vivre l’esprit autour d’eux, parmi les militants syndicaux et associatifs, les intellectuels progressistes, en liaison avec les luttes comme avec les débats suscités par la gravité extrême de la crise du système comme par l’exigence vitale d’un sursaut à gauche. L’évocation, dans ce cadre, des réponses positives à notre appel, que nous venons d’enregistrer, ne fera que grandir sa portée.

Si nous réussissons ce que nous sommes en train d’engager pour ces élections si importantes dans le contexte actuel, nous aurons à nouveau prouvé concrètement et à grande échelle l’utilité du Parti communiste pour notre peuple. Et dans l’immédiat, nous suscitons, ce faisant, ce dont nous avons tous besoin pour nous engager et qui se fait rare dans notre société par les temps qui courrent : l’espoir et la motivation.

Avant de traiter -brièvement- des démarches entreprises pour donner à notre campagne la dimension européenne à laquelle je viens de faire allusion, je voudrais m’arrêter sur un dernier point qu’il est assurément opportun de clarifier avec les communistes : quelles implications cette stratégie de rassemblement en vue des élections européennes va-t-elle avoir pour notre parti ?

Il faut être clair : elle confère un rôle important au parti, dès maintenant et tout au long de la campagne. Rassemblement ne signifie pas effacement d’une quelconque composante de ce front. Lors de notre rencontre d’hier avec Jean-Luc Mélenchon, Marie-George Buffet a été très explicite à ce sujet et son interlocuteur a été exactement sur la même longueur d’onde.

Nous entendons, pour notre part, prendre appui sur notre patrimoine humain, faire preuve de créativité politique dans l’élaboration des propositions, et faire montre d’un esprit d’initiative et d’une capacité d’agir efficacement -toutes choses qui nous furent largement reconnues durant la grande bataille de 2005. Mais, naturellement, nous voulons mobiliser ces atouts du parti pour nourrir une dynamique unitaire. Il n’y aura nul antagonisme entre les initiatives autonomes du parti et sa démarche de rassemblement.

 LA DIMENSION EUROPEENNE DE LA CAMPAGNE

J’en viens à la dimension européenne de notre campagne. Notre résolution insiste à juste titre sur « l’acquis substantiel que représente le tissu de relations nouées au sein du Parti de la Gauche européenne, du groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique du Parlement européen, et plus généralement, avec nombre de militants, d’élus, de personnalités des autres pays européens ».

Cet acquis doit être valorisé sous toutes les formes possibles -avons-nous dit-. Il contribuera à donner à la campagne un surcroit de crédibilité et de souffle. Par exemple, le 29 novembre prochain, va être adoptée par le PGE, à Berlin, une « plate forme » de propositions qui sera notre bien commun à tous. Des tracts communs, des meetings communs sont envisagés. Dans notre groupe au Parlement européen, des députés qui comptent, tant dans leur pays qu’à l’échelle de l’Europe, ont déjà donné leur accord pour prendre une place visible dans notre campagne. Des documents très pédagogiques -aussi bien écrits qu’audiovisuels- sur le travail accompli à Strasbourg ou à Bruxelles seront à notre disposition.

Dans toute la mesure où la loi électorale française nous le permettra, nous aurons, symboliquement, quelques candidates ou candidats d’autres pays européens sur nos listes. Les partis partenaires déjà consultés -de la Linke d’Allemagne à Rifondazione communista d’Italie en passant par le Parti communiste d’Espagne- ont tous chaleureusement accepté notre proposition de participations croisées à nos campagnes respectives. A l’heure où les cheminots européens se mobilisent ensemble à Paris, où la Confédération européenne des syndicats appelle à un très grand rassemblement à Strasbourg, le 16 décembre, contre la honteuse directive « Temps de travail », nous aurons aussi de grands acteurs sociaux européens dans notre campagne pour illustrer cette nouvelle donne très encourageante pour l’émergence d’une « autre Europe ». Cela vaut dans d’autres domaines, comme l’anti-racisme, l’écologie, le féminisme, la culture, l’immigration, le combat pour la paix... N’oublions pas qu’au mois d’avril, le 60ème anniversaire de l’OTAN sera l’occasion d’une immense mobilisation à la frontière franco-allemande. Nous y serons ! Et d’ailleurs, notre large ouverture sur l’Europe s’accompagnera d’une grande ouverture sur le monde.

Dans les semaines qui viennent, nous serons en mesure de préciser ces projets. Notre campagne sera bien la plus européenne que nous ayons organisée.

Cher(e)s camarades,

Je voudrais, en conclusion, insister sur un dernier aspect clairement précisé dans notre résolution : « La campagne électorale -y est-il écrit- doit surmonter le risque d’atomisation suscité par le mode de scrutin, en se déroulant dans les faits, non circonscription par circonscription, mais, tous candidats et candidates réunis, à l’échelle du pays tout entier. »

Ce cadre national, nous devons le respecter scrupuleusement dès maintenant, comme condition de la cohérence d’ensemble de notre démarche. Je voudrais particulièrement insister, à cet égard, sur un fait crucial : le moment n’est pas venu de chercher des candidatures communistes dans les circonscriptions ! Alors qu’à ce stade, nous ne savons absolument pas quelles seront la largeur et la diversité du rassemblement, des démarches précipitées seraient sources de malentendus à éviter à tout prix.

Un collectif national vient d’être constitué dans lequel siègent notamment les coordinateurs des 7 circonscriptions -la 8ème concernant les DOM-TOM qui font, naturellement, l’objet de contacts spécifiques. C’est dans le cadre de ce collectif national que doivent être coordonnées les initiatives de portée nationale. Pour la réussite de tout ce que nous venons d’évoquer, le respect de cette règle est, pour des raisons évidentes, impératif.

Cher(e)s camarades,

Nous sommes, en particulier dans le contexte sans précédent de la crise du capitalisme, et à un peu plus de six mois des élections européennes les plus politiques de l’histoire de l’Union, face à un défi : celui, dit notre résolution, « de se hisser à la hauteur des enjeux de l’heure, en produisant les idées et en rassemblant les forces à même de disputer aux dirigeants en place les choix stratégiques à faire pour s’attaquer aux racines du mal et changer radicalement de cap. »

Voilà une ambition taillée « sur mesure » pour des communistes. Pour tous les communistes !



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Posté le samedi 22 novembre 2008
Rapport de Francis Wurtz au conseil national du 19 novembre 2008 - Elections européennes (III)
La crise du capitalisme que nous subissons doit entrainer une remise en cause totale de cette dérive. Si nous -communistes- avions été capable de résister à la tentation du pouvoir avec les socialistes(époque Mitterand)qui progressivement se sont laissés séduire par le marché, au prétexte qu'il fallait entrer dans l'Europe et la mondialisation, nous aurions informés nos compatriotes sur les dérives des dénationalisations, de la distribution d' actions aux salariés, et contre la part grandissante de la plus value des entreprises aux actionaires au détriment de la part redristribuée aux salaires des employés et ouvriers producteurs de la richesse. Alors oui a un Europe sociale avec les partis de la gauche qui ne doivent pas rater cette situation mondiale pour changer le regard sur l'économie.











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