- Un Appel de syndicalistes paysans, du monde de la pêche, de personnalités du monde agricole et rural à voter pour le Front de Gauche
- Tract - Crise du lait
- Tract - NOURRIR LA PLANÈTE : Un nouvel ordre alimentaire !
- CHANGER D'EUROPE : Une ambition agricole pour nourrir la planète
- Pétition : L'Appel du « Comité 252 »
M. le Secrétaire général,
En cette journée mondiale de l’alimentation et face à l’intensité de la crise alimentaire caractérisée par des « émeutes de la faim », la mal nutrition, la sous alimentation chronique.... la recherche de solutions humaines et durables à ces problèmes s’imposent sur l’agenda de la communauté internationale.
La situation est dramatique dans les pays en développement où les prix des denrées alimentaires de base restent très élevés. La barre symbolique du milliard de personnes souffrant de la faim vient d’être dépassée. Pourtant, en 2000, la communauté internationale s’engageait une fois encore, avec le premier Objectif du millénaire pour le développement, à diviser par deux le nombre d’affamés d’ici 2015. Le rapport sur le développement 2008 de la Banque mondiale rappelle que la part de l’agriculture dans l’aide publique au développement stagne aujourd’hui à 3%, contre 17% en 1980. La FAO assure que la planète peut nourrir la population mondiale, aujourd’hui et demain. Nous savons relever le défi agronomique (produire plus, produire mieux). La faim est avant tout une question de système politique, économique et des mécanismes d’échanges. Celui qui est à l’œuvre depuis 30 ans se caractérise par le retrait de l’intervention publique de l’Etat, la mise en concurrence des producteurs par l’ouverture des frontières tarifaires et la dérégulation des marchés. Ce triptyque s’est peu à peu imposé aux pays du Sud, augmentant leur dépendance et leur vulnérabilité aux aléas économiques et climatiques.
Si rien n’est fait, les perspective inquiétantes se traduiront par des drames supplémentaires. Cet échec nous oblige à faire autrement. C’est urgent ! Les efforts obtenus à l’échelle locale ou nationale ne suffiront pas. Seules des politiques cohérentes et volontaristes menées à l’échelle mondiale permettront d’assurer aujourd’hui et demain, le droit à l’alimentation de chaque être humain. Elles doivent garantir ce dernier, car c’est l’un des plus fondamentaux pour la vie humaine. Il est déjà affirmé par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Il s’accompagne de fait de la satisfaction des autres droits fondamentaux à la santé et à l’éducation.
Votre intervention en faveur du droit à l’alimentation lors de la Réunion de haut-niveau à Madrid en janvier dernier a marqué la réaffirmation d’un droit jusqu’à présent sous-estimé, négligé, violé. Les politiques des organisations internationales doivent satisfaire les obligations qui découlent de ce droit, comme l’a souligné votre Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, vis-à-vis des politiques de l’OMC. En écho, nous pensons qu’il faille sortir l’agriculture et l’alimentation de l’OMC.
Nourrir la planète exige de faire naître un nouvel ordre alimentaire. Celui-ci devrait reposer sur la garantie de la souveraineté alimentaire et de la réforme agraire. Il revient aux seuls Etats comme aux grandes régions du monde de définir librement leurs politiques agricoles et alimentaires et ce à l’abri de toute forme de dumping social, économique ou environnemental. Des règles nouvelles doivent prévaloir : un soutien à l’agriculture paysanne et la pêche artisanale basée sur les connaissances agro-écologiques, des prix agricoles rémunérateurs et non spéculatifs, la relocalisation des productions, la sauvegarde et la reconquête des terres pour concourir à l’indépendance alimentaire.
Un nouvelle gouvernance mondiale pour l’alimentation indépendante des logiques actuelles de l’OMC, du FMI et de la Banque Mondiale s’impose. La souveraineté des peuples et l’expression démocratiques de chacun en sont les préalables.
Dés à présent durant la Semaine Mondiale de l’Alimentation, les contours d’un « Partenariat mondial pour la sécurité alimentaire » sont négociés, à travers la réforme du Comité pour la sécurité alimentaire de la FAO, et la création d’un panel international d’experts de haut-niveau. Ce partenariat devra rassembler enfin tous les acteurs : Etats, organisations internationales, mais aussi, les acteurs de la société civile. A ce titre, les conclusions des quatre ans de travaux pluridisciplinaires et inclusifs de l’Evaluation internationale sur l’agriculture, les sciences et la technologie pour le développement (IAASTD) doivent être une référence incontournable. Pour un tel partenariat mondial, et dans le cadre de la réforme du Comité pour la sécurité alimentaire aujourd’hui partie prenante de la FAO, nous vous demandons de placer ce pilier politique directement sous l’égide du Secrétariat général des Nations-Unies.
Le Sommet mondial de novembre prochain constitue une étape cruciale au cours de laquelle les chefs d’Etat et de gouvernement devront s’exprimer. La référence explicite au droit à l’alimentation comme fondement de leurs politiques serait un tournant historique tout comme l’émergence d’une véritable gouvernance. Votre implication dans ces processus reste indispensable à la prise en considération et la mise œuvre de ce droit à l’alimentation. Par cette interpellation, nous attirons votre attention sur le devenir de l’humanité.
Le 16 octobre 2009 Le Parti Communiste Français
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