Mis en ligne : 11 mars
Les enquêtes électorales publiées à quelques jours du scrutin régional confirment qu’il est possible de remporter une nette victoire politique contre la droite.
Nicolas Sarkozy rêvait il y a quelques mois de mettre les régions au service de l’amplification de sa politique. Aujourd’hui, il joue délibérément la carte de l’abstention pour éviter le vote sanction. La ficelle est un peu grosse. Son objectif est de démobiliser les électrices et électeurs qui s’apprêtent à dire stop au jeu de massacre de sa politique. Ne tombons pas dans ce piège.
La plus ample victoire contre la droite est plus nécessaire que jamais quand on voit les dégâts imposés en matière d’emploi, d’éducation, de services publics et d’environnement. Cette victoire sera d’autant plus forte que la mobilisation électorale du monde salarié et des quartiers populaires sera forte et que le score des listes du Front de gauche sera haut dès le 1er tour le 14 mars.
Tout indique que c’est possible. Le Front de gauche et ses partenaires ont le vent en poupe. Cette dynamique dérange. Certains cherchent à minimiser ou à passer sous silence la progression des intentions de vote en faveur de ces listes. On cherche ainsi à confisquer aux électeurs la possibilité d’un libre choix en limitant les commentaires à deux ou trois listes. L’équité doit être respectée jusqu’à la dernière heure. Nous y veillerons et nous appelons l’ensemble des électrices et des électeurs à donner dans les jours qui viennent dans les urnes toute la force nécessaire au choix d’une gauche combative en votant pour les listes du Front de gauche et de ses partenaires.
Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF
Pierre Laurent, Coordinateur national du PCF et tête de liste Front de Gauche en Île-de-France
Paris, le 10 mars 2010.
Depuis le départ, je l'affirme. Il faut battre la droite. J'ai voté pour le front de gauche tout en étant encore au Ps. Je l'ai fait avec l'espoir de voir le rassemblement s'opérer. Si ce n'est pas le cas dans TOUTES les régions alors ma voix n'ira plus au front de gauche. D'ailleurs si j'étais dans une de ces régions je voterai Ps au second tour. Et ne me racontez pas c'est de la faute des autres, c'est de la faute des DEUX forcément. J'irai donc vers celui qui peut battre la droite pas vers celui qui comme le facteur s'oppose plus à la gauche qu'à la droite. Non je ne serai pas le lePen de gauche. Si vous voulez l'être libre à vous mais quelle déception. Finalement, même si je suis plus à gauche, je vais renouveler ma carte au Ps avec l'ami Benoit qui me semble quand même beaucoup plus intelligent.
Jacques Généreux propose des outils conceptuels pour construire une nouvelle gauche. Il est très étonnant que les ouvrages de Jacques Généreux : « La dissociété » et surtout « Le socialisme néomoderne » publiés aux éditions du Seuil, n'aient pas eu plus d'écho dans la presse dite progressiste alors que ces deux publications sont probablement les deux meilleurs livres de sciences politiques écrits par un (vrai) homme de gauche depuis fort longtemps. Nombreux sont les livres qui dénoncent les méfaits du capitalisme contemporain ou qui font des propositions programmatiques pour résoudre des problèmes sociaux ou environnementaux, nombreux aussi ceux qui traitent des problèmes sociétaux qui remplissent les colonnes de la presse de gauche comme de droite et s'étalent sur les ondes, mais très rares sont ceux qui traitent des fondements idéologiques du capitalisme, du néolibéralisme et aussi des fondements philosophoco-politiques de nos institutions actuelles. Il faut une solide connaissance de la philosophie politique et des sciences humaines contemporaines pour avoir entrepris le travail colossal de Jacques Généreux : analyse en profondeur des fondements de l'idéologie libérale et productiviste, mise en évidence point par point leur caractère métaphysique et anti-scientifique, remise en cause des fondements philosophiques des institutions devenues archaïques à la lumière des sciences actuelles et notamment de l'anthropologie, analyse des mécanismes d'assujettissement des salariés par les dominants. Dans un 2ème temps, JG propose avec méthode un nouveau projet de société dite de développement humain, répondant aux besoins fondamentaux de l'être humain. Ce qui fait la force de son approche est son absence de dogmatisme, sa pluridisciplinarité. Dans un contexte de brouillage des repères, ses livres sont susceptibles de définir une véritable identité de gauche. Ils permettent d'établir une définition moderne de l'anticapitalisme et de l'antilibéralisme non seulement à partir de critères socio-économiques, comme cela est assez courant, mais aussi à partir de critères philosophiques non contradictoires avec l'apport des sciences. Toutes les questions politiques fondamentales sont traitées : liberté, justice, égalité, solidarité, fraternité, contrôle de l'économie et de la finance, écologie politique, décroissance…et ce, avec rigueur et méthode. Ces ouvrages constituent un outil de travail de qualité exceptionnelle pour tout citoyen se réclamant de gauche et qui veut y voir plus clair dans son système de valeurs et pouvoir mieux se situer. Mais ils sont surtout utiles pour tous les adhérents du PG, du PCF, du NPA, de la FASE, des républicains sociaux, du POF, du MPEP, de LO et autres mouvements pour tenter de définir un socle idéologique alternatif commun au-delà des questions tactiques et stratégiques de type électoral qui encapsulent la réflexion politique dans un champ étroit et court-termiste. Prisonniers de leur « intelligence pratique » pour reprendre la formule de Bourdieu, ces petits partis ou mouvements participent à la pérénitéde leur domination par la classe capitaliste dominante en raison de leur indigence de réflexion théorique. L'intelligence pratique de type alimentaire et électoral et de type activiste (faire « converger les luttes » dans la rue ou les entreprises) a montré leurs limites ces 30 dernières années. Il est plus que temps de mettre en action l'intelligence théorique – sans la couper de la pratique – pour constituer une organisation unitaire de type nouveau capable non seulement d'accéder au pouvoir par les élections mais de le garder démocratiquement t suffisamment longtemps pour pouvoir changer de société. Mais cela passe par un travail coopératif en commun : un travail de réflexion commune pour se munir d'une identité commune, tout en conservant certaines spécificités des courants et capable ainsi d'établir une cohésion suffisamment puissante pour résister aux contre-offensives d'un capitalisme hyperpuissant lorsque cette organisation unitaire mettra en place les transformations économiques et sociales nécessaires pour un changement de société. Sans cette organisation unitaire – qui ne serait se réduire à la fragilité d'un front électoral – pas d'adhésion ou de soutien de masse possible car pas de crédibilité possible. Les organisations actuelles se définissent plus par opposition à… que par des propositions. Certes, ces propositions existent mais constituent des catalogues de mesures concrètes dites de « transformation sociale » sensées séduire et convaincre les électeurs notamment les plus fragilisés par 30 ans de néolibéralisme. Mais ces propositions souffrent de deux insuffisances : elles ne sont pas articulées d'une manière systémique et ne constituent pas une unité organique où chaque proposition est interdépendante des autres, d'autre part elles ne prennent pas assise sur un socle philosophico-politique clair et identifiable. En réalité la 1ère carence résulte de la 2ème. Il en résulte que ces propositions ne font pas sens pour une majorité de la population et ne sont perçues que sous la forme d'un catalogue de promesses électorales une fois de plus qui ne seront pas tenues. C'est l'une des raisons pour laquelle JG articule réflexion théorique et mesures concrètes. En outre, toutes ces propositions sont morcelées et se répètent au travers plusieurs organisations très minoritaires et non pas au travers une seule organisation massive d'identité clairement définie. L'identité politique ne peut se réduire à un principe de distinction oppositionnelle : anti capitalisme, anti ou pro alliance PS, anti sarkozisme, etc. Elle doit se définir d'une manière indépendante et offensive par un travail intellectuel commun sortant de la routine sclérosante de la tactique électorale. Il est normal et nécessaire de prendre en compte la dimension électorale mais il est anti-productif d'en faire l'alpha et l'oméga de la politique à moins de considérer la politique comme un métier, un gagne-pain. Les livres de JG sortent de ces sentiers battus et rabattus pour aborder sous tous les angles la question : qu'est-ce être de gauche aujourd'hui ? Ces ouvragent sont écrits avec un souci pédagogique, ne sont pas purement théoriques car JG montre comment des mesures concrètes concernant le logement, la santé, la démocratie économique… s'articulent non pas sur des valeurs d'assistanat social ou vaguement humanistes mais reposent sur un socle philosophique et éthique précis en accord avec les données des sciences humaines. Hervé Debonrivage PS : Jacques Généreux est cofondateur du Parti de Gauche ; professeur à sciences po ; table des matières du livre sur son blog politique

