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Solidarité avec Kobané ! (Front de gauche)

le 30 October 2014

Solidarité avec Kobané ! (Front de gauche)

Depuis plus d'un mois les forces kurdes de Kobané résistent héroïquement à l'offensive menée par l'Organisation de l'Etat Islamique. La chute de cette ville entraînerait des massacres comme cela a déjà été malheureusement le cas ailleurs en Irak notamment contre les populations refusant de faire allégeance à l'Etat Islamique qu'elles soient kurdes, qu'elles appartiennent à des minorités religieuses (yazidis, chrétiens) ou que sunnites elles refusent tout simplement d'accepter ce sinistre projet ultra réactionnaire.

 

La résistance de Kobane doit être comprise comme un élément déterminant du combat démocratique dans la région. Sa chute constituerait un coup terrible pour le peuple kurde et renforcerait le président turc Erdogan dont le régime s'enfonce chaque jour dans l'autoritarisme et a été d'une complaisance coupable avec l'Organisation de l'Etat Islamique. La jonction avec les forces démocratiques de la révolution syrienne, qui combattent contre le régime dictatorial de Bachar El assad et contre l'Organisation de l'Etat Islamique, dont des détachements combattent auprès des kurdes à Kobane, est ainsi importante.

 

Il est urgent d'intensifier la solidarité internationale avec toutes les forces démocratiques qui se battent en Irak et en Syrie pour mettre en échec l’Organisation de l'Etat Islamique.

 

Pour le Front de Gauche, tout soutien militaire et financier direct ou indirect à l'OEI, y compris l'acheminement clandestin et l'achat de pétrole, doit être supprimé et sanctionné et le PKK et sa branche syrienne l'YPG qui combat aujourd'hui à Kobané doivent être retirés de la liste des organisations terroristes.

 

La résistance de Kobane et les mobilisations de solidarité ont forcé les gouvernements à apporter un concours tardif et insuffisant.

 

Alors que le président turc Erdogan doit rencontrer François Hollande vendredi 31 octobre, il est essentiel de tout faire pour élargir la solidarité avec Kobané.

 

Dans cette situation, le Front de Gauche :

- exprime sa totale solidarité avec Kobane, avec les forces démocratiques de Syrie

- demande que la France prenne des initiatives dans le cadre de l'ONU pour la recherche d'une solution politique durable pour la région.

- se joint à la journée internationale de solidarité avec Kobane du 1er novembre, notamment à a manifestation à Paris qui partira de la Bastille

 

Samedi 1er novembre Journée Mondiale de soutien à Kobanê.
Des manifestations sont prévus dans plusieurs villes de France. Une manifestation aura lieu à Paris, de Bastille à République, départ à 14 heures.

La délégation du PCF, de retour du Kurdistan, participera à celle de Paris.

Kurdistan/Erdogan en France : « une provocation pour faire pression sur la France »

le 29 October 2014

Kurdistan/Erdogan en France : « une provocation pour faire pression sur la France »

Depuis plusieurs semaines les mobilisations de soutien envers les kurdes, et notamment ceux de Kobanê, gagnent partout en ampleur. La barbarie de l’État Islamique, le soutien dont les djihadistes bénéficient de la part de monarchies du Golfe et la complaisance de l’état turc suscitent une légitime indignation.

 

Jusqu’à présent la France était restée sourde aux demandes d’aide exprimées par les kurdes de Kobanê. Aucune initiative n’a été prise pour permettre à l’ONU de reprendre l’initiative en faveur de la paix. Récemment, le Président de la République a dû tenir compte de la montée de cette exigence de solidarité en déclarant, pour la première fois, que la France pourrait aider les combattants de la liberté à Kobanê.

Pour le président de la République de Turquie, R.T. Erdogan, qui a juré la perte de l’expérience démocratique de Rojava, cette prise de position est inacceptable. Il viendra le dire à F. Hollande le 31 octobre 2014. Cette visite déplacée et inopportune est une provocation qui vise à faire pression sur la France afin qu’elle infléchisse sa position et qu’elle ratifie les accords de coopération policière et judiciaire liberticides.

Comment peut-on recevoir R.T. Erdogan alors qu’il entretient un double jeu se traduisant par un appui aux terroristes de Daech. Il bloque la frontière aux réfugiés, aux combattants kurdes, entrave l’action et l’aide humanitaires que les municipalités turques du BPD déploient. Il porte la responsabilité de la mort d’une quarantaine de manifestants dans son pays.

 

La France ne doit pas céder. Elle s’honorerait de recevoir le représentant du PYD pour examiner les modalités d’une aide concrète à Kobanê. Elle doit saisir cette opportunité pour dire toute l’importance qu’elle accorde au processus de paix initié par A.Ocalan et qu’elle souhaite voir aboutir.

Le PCF est résolument au côté du peuple kurde comme en témoigne la présence de son secrétaire national, Pierre Laurent, à la frontière turque de Kobanê. Le PCF demande qu’une délégation soit reçue ce jour au ministère des Affaires Étrangères afin que les intentions affichées se concrétisent enfin en actes.

Pierre Laurent au Kurdistan turc du 27 au 29 octobre

le 27 October 2014

Pierre Laurent au Kurdistan turc du 27 au 29 octobre

À la veille de la journée mondiale de solidarité avec Kobanê, le 1er novembre prochain, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, président du Parti de la gauche européenne (PGE) et sénateur de Paris, conduira, du 27 au 29 octobre, une délégation de son parti au Kurdistan turc à la rencontre des populations kurdes qui, attaquées par l'organisation « Etat islamique », ont été sauvées et accueillies par les villes de Turquie dirigées par le BDP (Parti pour la paix et la démocratie) et le HDP (Parti de la démocratie du peuple).

La délégation se rendra à Diyarbakir, Mardin et son district, puis à Suruç à la frontière turco-syrienne face à la ville de Kobanê pour y manifester la solidarité de toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés depuis des semaines pour que la France apporte son soutien aux résistants kurdes et aux réfugiés.

Pierre Laurent rencontrera des parlementaires, les représentants de différentes forces politiques et les autorités des villes engagées dans la solidarité, et exposera à cette occasion les propositions de son parti pour une conférence multilatérale sous égide de l'ONU pour la paix et le développement du Proche-Orient.

La délégation est formée de Lydia Samarbakhsh, membre de la Coordination nationale du PCF et responsable des relations internationales, Danielle Lebail, responsable du réseau PCF-Kurdistan et conseillère régionale Rhône-Alpes, et Sylvie Jan, présidente de l'Association France Kurdistan Solidarité.

La délégation du PCF sera rejointe par une délégation du PGE formée de représentants de Die Linke, de Syriza, de l'ODP (parti turc), du Parti rouge et vert du Danemark, de Rifondazione-Italie et de la Gauche unie d'Espagne.

 

Éléments de programme

 

Lundi 27 octobre soir :

Arrivée à Diyarbakir, ville de 2 millions d'habitants dirigée par le HDP.

Accueil par les responsables du HDP et rencontre avec les parlementaires.

Rencontre avec Selattin Demirtas, co-président du HDP, candidat à la présidentielle et conférence de presse.

Dîner avec Gültan Kisanak :ancienne co-présidente du BDP et nouvelle co-maire de Diyarbakir

Mardi 28 octobre :

Diyarbakir – Mardin et district : Nusaybin – Cizré.

Déplacement dans le district de Mardîn auprès des réfugiés et rencontre avec Ahmet Tûrc, co-maire de Mardin.

 

Mercredi 29 octobre :

Mardin – Suruç

Déplacement à Suruç, ville frontalière, face à Kobanê.

Rencontre avec les témoins des combats.

Conférence de presse (à confirmer)

TRACT - URGENCE KOBANE

le 16 October 2014

TRACT - URGENCE KOBANE

Voici Bientôt un mois que les Kurdes de Kobanê opposent une résistance farouche aux criminels surarmés de l’« Etat islamique » (EI). Les forces kurdes du PKK et du PYD sont en première ligne pour défendre la liberté, les droits de l’homme et l’égalité entre hommes et femmes proclamés dans Rojava, région autonome du Kurdistan syrien.

Une résistance héroïque

L'EI, après avoir martyrisé les yézidis d’Irak, dont des milliers furent sauvés par le PKK et le PYD, massacre la population de Kobanê : exécution des hommes, enfants égorgés, femmes violées et vendues comme esclaves. En dépit des discours officiels, les Kurdes syriens sont livrés à eux-mêmes : leurs appels à l'aide ont essuyé des fins de non recevoir des chancelleries française et américaine qui préparaient leur intervention en Irak et qui refusent de leur livrer les armes nécessaires pour faire face à l’artillerie lourde de l'EI.

MANIFESTATION

SOLIDARITE

avec

les résistants kurdes

SAMEDI 18 OCTOBRE

15h

Bastille/Nation

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SOIREE

de SOLIDARITE

14 NOVEMBRE

co-organisée par le PCF et France/Kurdistan

La duplicité de la Turquie

L’EI et la kyrielle des groupes djihadistes reçoivent le soutien militaire, financier et logistique des monarchies du Golfe et de la Turquie, alliées de la France et des Etats-Unis. Deuxième force de l'OTAN dans la région, la Turquie bloque depuis des mois sa frontière à l’aide humanitaire et pourchasse les résistants kurdes. Elle est même devenue un sanctuaire pour les djihadistes qui y transitent, s’y ravitaillent en armes, recrutent des mercenaires et commercent le pétrole extrait des zones tombées sous leur contrôle.

La Turquie se réjouit de l’affaiblissement de Rojava, seul espace démocratique de la région. Elle entend pousser son avantage en occupant militairement l’ensemble du Kurdistan syrien dans une prétendue « zone tampon ». Parallèlement, le président islamo-conservateur Erdogan a lancé une nouvelle vague de répression contre les Kurdes de Turquie dont 34 viennent de trouver la mort. Le parlement turc a voté des lois d’exception. La Turquie bombarde à nouveau les bases du PKK.

Que fait la France ?

Les Etats-Unis et la France ont engagé des frappes aériennes en Irak à l'efficacité limitée contre l'EI, et dont le résultat peut, à terme, renforcer les djihadistes. Paris a organisé une conférence internationale, sans y inviter les Kurdes, ni les représentants syriens ou iraniens et sans envisager de solutions politiques durables. Ces choix conduisent à l’impasse.

Pire, F. Hollande s’aligne sur la politique d’Erdogan. La France est le seul pays à avoir souscrit à l’idée de « zone tampon ». Elle applique sur son sol des accords de coopération policière et judiciaire pour extrader les démocrates kurdes de France. La sévère répression et intimidations de la police contre les manifestations de solidarité récentes à Paris, Toulouse, Bayonne en témoignent.

 

La place de la France est d’être aux côtés des résistants kurdes

Les Kurdes attendent une tout autre politique de la France. Avec eux, les communistes exhortent le gouvernement français, face à l’urgence :

  • A livrer des armes à la résistance kurde de Kobanê pour résister à l’EI,

  • A faire retirer le PKK de la liste des organisations « terroristes » de l'UE,

  • A démanteler les réseaux régionaux et internationaux de soutien militaire, financier, logistique, humain et politique aux djihadistes, y compris de la part d'États membres de l'OTAN et engagés dans sa coalition militaire dirigée par les États-Unis,

  • A apporter un soutien aux initiatives d’aide humanitaire aux réfugiés.

 

Pour la paix et le développement du Proche-Orient

La France doit tout mettre en œuvre pour que l'ONU reprenne réellement la main et lance un processus de conférence internationale véritablement multilatérale ayant 5 priorités à l'ordre du jour :

  • appuyer l'action de l'émissaire de l'ONU en Syrie pour créer les conditions d'un cessez-le-feu et de l'ouverture de négociations politiques entre le gouvernement syrien et une opposition démocratique rassemblée dans toutes ses composantes,

  • l'appui à la construction d'un État, civil et démocratique, en Irak rompant avec le système fondé sur les critères confessionnelles et ethniques, et pour la mise en œuvre de politiques de développement en faveur des populations,

  • la reconnaissance des droits politiques et culturels du peuple kurde dans tous les pays où vivent ses populations,

  • la reconnaissance et l'appui au développement de l’État palestinien,

  • la dénucléarisation du Proche-Orient.

 

 

 

 

 

 

Appel au rassemblement ce soir à Paris en soutien au peuple kurde

le 07 October 2014

 Appel au rassemblement ce soir à Paris en soutien au peuple kurde

Le Parti communiste français appelle au rassemblement de soutien ce soir, à 19 H, métro Invalides, en soutien au peuple kurde de Kobané et dans les villes de France. Après plusieurs semaines de combats et un siège de 20 jours, la ville de Kobanê (Kurdistan de Syrie) est tombée aux mains des djihadistes. Les Kurdes du PYD et l'YPG ont opposé une résistance héroïque face aux terroristes surarmés qui bénéficient d'un soutien logistique, financier et militaire des pays du Golfe et de la Turquie.

Ces Etats portent une très lourde responsabilité dans cette défaite comme les occidentaux, dont la France, qui ont laissé faire en refusant de livrer des armes aux combattants du PKK et du PYD en dépit de nombreuses interpellations. La Turquie se réjouit ouvertement de l'affaiblissement de Rojava dont elle avait juré la perte par l'entremise de l'Etat Islamique. Cette complicité est une honte.

Les Kurdes sont les principaux remparts contre le djihadisme. Or le PKK et le PYD ne bénéficient d'aucune aide. La conférence de Paris, organisée par F. Hollande, n'a même pas daigné les inviter. De plus, le PKK figure toujours sur la liste des organisations terroristes alors qu'il se trouve en première ligne pour défendre les droits humains. De leur côté, les villes kurdes de Turquie dirigées par le BDP-HDP accueillent seules des milliers de réfugiés de toutes origines ethniques ou confessionnelles. Lutter contre la barbarie de l'EI exige que les Kurdes et toutes leurs organisations soient considérés comme des alliés.

Le PCF appelle à amplifier la solidarité avec le peuple kurde.
- Il faut immédiatement répondre favorablement aux demandes d'aide formulées par les Kurdes et retirer le PKK de la liste des organisations terroristes.
- Les Etats complices de la terreur islamiste, dont la Turquie, doivent être sanctionnés.
- Les réfugiés, y compris en Turquie, doivent recevoir une aide humanitaire et bénéficier des droits inhérents à leur statut.
- La France doit reconnaître le PYD et le PKK comme des interlocuteurs favorisant la paix dans cette région et accepter de dialoguer avec leurs représentants en France.

Syrie : « Processus politique, seul chemin susceptible d'arrêter les violences »

le 30 September 2013

Syrie : « Processus politique, seul chemin susceptible d'arrêter les violences »

La 68e Assemblée générale de l'ONU, qui vient de se tenir, a été marquée par des avancées sur les questions de sécurité et des droits des peuples du Proche et Moyen-Orient.

D'une part, la porte du dialogue s'entrouvre entre les États-Unis et l'Iran pour la première fois depuis 34 ans. Ensuite, un an après l'admission de la Palestine comme membre observateur de l'ONU, le leader palestinien Mahmoud Abbas a réaffirmé la nécessité de mettre un terme à la colonisation pour construire une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens pendant qu'Israël s'enferme dans son refus et s'isole un peu plus.

Enfin, une résolution a été adoptée à l'unanimité des membres du Conseil de sécurité pour la destruction de l'armement chimique syrien sous contrôle international.

Après l'annonce, rejetée par une opinion internationale refusant la politique du pire, de frappes aériennes françaises et américaines sur la Syrie, la diplomatie a repris ses droits et a permis de déboucher sur un accord qui constitue un succès pour l'ONU et une perspective pour la paix.

Cet accord confirme qu'il y a bien une voie diplomatique pour mettre fin à la guerre en Syrie.
C'est le but annoncé de la Conférence Genève II. La poursuite des violences menées par le régime, la présence dominante de groupes djihadistes, rendent plus qu'urgent d'entamer un processus politique, pour faire taire les armes et venir en aide aux populations.
C'est le seul chemin susceptible d'arrêter les violences des deux côtés, d'assurer le retour des réfugiés, et permettre la mise en place d'un gouvernement transitoire, possédant tous les pouvoirs de l'exécutif.
C'est la responsabilité de l'ONU et de son représentant, des membres du Conseil de sécurité, dont la France, d'aider à engager ce processus.

La voie politique devra conduire à ce que s'ouvre un dialogue entre une opposition syrienne rassemblée et des représentants du régime. Il s'agira de créer les conditions pour que le peuple syrien puisse écrire une nouvelle page de son histoire, dans une Syrie démocratique et souveraine.

Le PCF reste déterminé à soutenir tout effort allant dans le sens de la paix et de la justice en Syrie, réaffirme son engagement aux côtés du peuple et des forces progressistes syriennes, et appelle l'opinion française à se faire entendre pour avancer sur ce chemin.

Pas d'escalade militaire en Syrie - P. Laurent invité de Bourdin le 13 septembre 2013

Par Pierre Laurent, le 13 September 2013

Syrie : Donner sa chance à la solution politique

le 10 September 2013

Syrie : Donner sa chance à la solution politique

La proposition de la Russie de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international en vue de sa destruction, représente une initiative nouvelle et importante pour sortir de la crise actuelle. Le régime syrien a exprimé son accord avec cette proposition, les États-Unis et la France se déclarent « ouverts » sous conditions, la Chine apporte son soutien, l'Iran s'y dit favorable. De son côté, le Secrétaire général Ban Ki-moon déclare vouloir engager l'ONU pour une destruction rapide des stocks chimiques. Cette proposition permet de surseoir aux bombardements annoncés par les États-Unis et la France.

Si des garanties sont nécessaires pour assurer l'application rapide de ces mesures, tout doit être mis en œuvre pour y parvenir. C'est bien la preuve que le poids de l'opinion internationale et le bon usage de la diplomatie peuvent permettre d'ouvrir un chemin conduisant à des solutions pacifiques et à faire baisser les tensions internationales.

Le Parti communiste français soutient tous les efforts allant dans ce sens. Reste que la guerre continue sur le sol syrien avec son cortège de victimes, de réfugiés et de destructions. Il est plus que temps d'y mettre un terme. Tout doit être entrepris, sous l'égide de l'ONU, pour que se tienne dans les plus brefs délais la conférence de Genève 2 afin d'aboutir à un accord politique entre toutes les parties, stopper les violences et ouvrir un processus de transition démocratique en Syrie.

TRACT - POUR LE PEUPLE SYRIEN

Par Communication nationale, le 06 September 2013

TRACT - POUR LE PEUPLE SYRIEN

POUR LE PEUPLE SYRIEN Intervention de Pierre Laurent
Sénat sur la Syrie – 4 septembre 2013 - extraits

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,
Mes cher(e)s collègues,
Face à la tragédie dans laquelle s'enfonce la Syrie, au martyr subi par son peuple, la France est aujourd'hui devant une alternative cruciale : soit préparer la guerre en soutenant les visées de l'administration américaine en Syrie et au Proche-Orient, soit définir un rôle propre, indépendant et positif, contre les illusions de la force et les dangers de l'intervention militaire, pour une solution négociée garantissant l'arrêt des massacres et une transition vers la démocratie. Ce choix mérite et appelle un vote du Parlement, ainsi que je l'ai demandé au président de la République dès le 27 août.
Quelque deux Français sur trois se déclarent aujourd'hui opposés à une intervention militaire. En Europe et aux États-Unis, des constats semblables témoignent aussi d'interrogations, de réticences et d'hostilités massives à la guerre. Le choix de la guerre ne peut être le choix d'un seul homme.
La crise syrienne est devenue une terrible guerre civile, déclenchée, il y a plus de deux ans maintenant, par la répression brutale et sauvage du régime de Bachar El Assad contre son peuple
Le bilan de cette crise est épouvantable : plus de 100 000 morts ; plusieurs millions de réfugiés et déplacés, des villes en dévastation et un patrimoine culturel anéanti ; une société pulvérisée par la violence des affrontements, par les divisions politiques et confessionnelles, par les atrocités de groupes salafistes, pour l'essentiel des corps étrangers à une société syrienne profondément laïque, et armés par des puissances régionales dont certaines font, paraît-il, partie de nos alliés...
Cette guerre civile a été amplifiée par l'internationalisation et l'ingérence militaire croissante des puissances régionales et internationales dans le conflit. La France n'a malheureusement pas été en reste. Le drame syrien est aussi une crise géopolitique internationale, dans une région, celle du Proche-Orient, où tous les conflits s'entremêlent. Dans un tel contexte, ce qui est attendu de la France c'est la capacité à proposer une perspective, une solution, un mode de règlement politique. Or, ce qui se prépare, ce que vous nous invitez à soutenir, c'est l'inverse : une intervention militaire dont les risques sont énormes et qui, on le sait, ne résoudra rien. La France ne doit pas s'y engager.
Or, quel est le sens de l'entreprise de guerre que vous envisagez? « Punir » le régime de Bachar Al Assad ? Le « punir », dîtes-vous, pour empêcher que se renouvelle l'usage des armes chimiques. Quelle est la pertinence de ce choix, son efficacité réelle ? Quelles seront ses conséquences, son utilité à faire progresser l'indispensable solution politique dont le Président de la République dit lui-même qu'elle reste la seule véritable issue ?

Est-ce que l'on peut bombarder la Syrie, des objectifs militaires, des infrastructures civiles, comme ça, pour « marquer le coup », juste « pour voir »... Comme au poker ? Sans la légalité du droit international et d'un mandat de l'ONU ? Sans évaluer les risques d'embrasement régional, notamment au Liban où dans les faits il a déjà commencé avec une succession d'attentats, de représailles et de vengeances ? Sans mesurer les conséquences pour les civils syriens, les représailles possibles du régime ?
Face à l'amplification du conflit et l'usage inacceptable des armes la France doit inlassablement travailler à trois objectifs : tout faire pour que cessent les hostilités ; ramener tous les belligérants, syriens et internationaux, autour de la table des négociations ; imposer une solution politique négociée qui garantisse une transition de la Syrie vers la justice et la démocratie exigée par son peuple.
Au contraire, l'escalade guerrière que vous nous proposez tourne le dos à ces trois exigences. Elle rajoutera de la guerre à la guerre et nous éloignera de la solution politique et négociée incontournable. Les autorités françaises mesurent-elles avec suffisamment d'attention et de prudence les expériences désastreuses, que personne ne peut oublier dans le monde, des guerres en Irak, en Afghanistan ou en Libye ? Chaque fois, on a prétendu imposer, par la force, une prétendue solution en prenant -selon la formule consacrée- « toutes les mesures nécessaires ». Mais les gouvernements coalisés dans la guerre n'ont finalement recueilli que la poursuite de la crise, une déstabilisation profonde, voire le chaos.
Alors, oui, il faut arrêter ça ! Il faut arrêter ça pour le peuple syrien. Il faut arrêter ça pour toutes celles et ceux qui, en 2011, avec courage, ont lancé des mobilisations pacifiques contre le régime. Ce n'est pas par la guerre que l'on peut protéger les peuples et gagner une sécurité humaine.
La France doit d'urgence prendre un autre chemin, définir une vraie vision politique et prendre une forte initiative. Il y a une alternative ! Nous appelons donc les autorités françaises à proposer dès la réunion du G20 qui se tient demain une réunion au sommet des belligérants et des principales puissances impliquées, les États-Unis et la Russie bien sûr, mais aussi la Turquie et l'Iran notamment, afin de définir les conditions d'un arrêt de l'escalade dans la confrontation militaire, et d'une transition démocratique en Syrie.
La France, Monsieur le Ministre, a mis jusqu'ici son énergie dans l'option militaire, nous vous demandons de l'investir dans une issue politique. Au lieu d'imposer la guerre, il faut, avec détermination, avec vos alliés, avec la Russie, emmener les protagonistes syriens aux conditions d'un règlement politique, avec un calendrier et de vraies décisions qui puissent constituer une réelle avancée dans la voie de la transition démocratique attendue par le peuple syrien. La France se grandirait en agissant ainsi.
La crise géopolitique syrienne sollicite donc, avec insistance, la France et le rôle qui devrait être le sien dans le monde d'aujourd'hui. L'urgence n'est pas de faire la guerre. Elle est de construire un avenir commun pour tous les peuples dans cette région cruciale de la Méditerranée et du Proche-Orient. Saurons-nous, en Syrie et ailleurs, commencer à relever ce formidable défi ? Nous pensons pour notre part que la France, si elle le décide, en a la force.

Voir l’intervention intégrale de Pierre Laurent au Sénat : http://www.pcf.fr/43590

Une action de la France en Syrie sans le mandat des Nations-Unies serait d'une extrême gravité

Par André Chassaigne, le 05 September 2013

Une action de la France en Syrie sans le mandat des Nations-Unies serait d'une extrême gravité

Intervention d'André Chassaigne pour le groupe Front de gauche lors du débat sur la Syrie à l'Assemblée nationale.

Monsieur le Président,
Mes chers collègues,
Monsieur le Premier ministre,

Le 21 Août dernier une attaque chimique de grande ampleur a été perpétrée à la Goutha en Syrie. Depuis la diffusion des vidéos insoutenables de ce massacre, les canons américains et français sont braqués sur la Syrie et n’attendent que le feu vert des Etats-Unis pour se faire entendre.
En ce moment d’Histoire, les députés du Front de gauche, fidèles à leurs convictions, se veulent porte-voix de la Paix face aux pulsions guerrières et aux passions vengeresses. Porte-voix de la Raison qui commande, dans le conflit qui déchire la Syrie, la recherche d’une solution politique et non militaire.

Or, notre chef de l’Etat, mu en chef de guerre s’est engagé dans un discours qui fleure bon l’expédition punitive, discours d’un autre temps, discours synonyme d’impasse et d’échec. Les leçons du passé n’ont pas été tirées.
Cette posture isole notre pays et son Président. Elle n’est partagée ni par la grande majorité de la Communauté internationale ni par la communauté nationale. Ce double isolement devrait inciter le Président de la République et son Gouvernement à plus de considération pour les arguments développés contre une intervention militaire en Syrie et pour sortir le peuple syrien de la tragédie dont il est victime.

D’abord, une telle intervention serait illégale - car injustifiée et infondée - sur le plan du droit international.
Faut-il rappeler qu’il existe un principe de non-intervention qui interdit à un Etat de s’ingérer dans les affaires intérieures d’un autre Etat souverain ?
Faut-il rappeler que seul le Conseil de sécurité des Nations-Unies peut lever cette obligation de non-ingérence, en vertu du chapitre VII de la Charte qui gouverne l’action du Conseil de sécurité en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix ou d’acte d’agression ?
Faut-il rappeler que la décision de recours à la force, seulement autorisée sous certaines conditions, nécessite l'accord d'au moins neuf de ses quinze membres et l'absence de veto d’un de ses membres permanents ?

Aucun des scénarios prévus par le chapitre VII de la charte de l'ONU, consacré à l'emploi de la force, ne s'apparente à celui de la Syrie: il ne s'agit ni d'une agression entre États, ni de légitime défense. 
Enfin, toute tentative de valider une intervention militaire en Syrie par une résolution du Conseil de sécurité se heurte, de facto, au veto inévitable de la Russie et la Chine.

Dans ces conditions, comment imaginer que la France serait prête à lancer une attaque militaire illégale et violer ainsi ses propres engagements et ses valeurs ?
La France est-elle prête à violer la Charte des Nations Unies qui nous lie à la Communauté internationale ?

Au-delà du caractère illégal d’une telle intervention, c’est sa justification et sa légitimité mêmes qui sont en cause.
L’option militaire n’offre nulle solution de règlement du conflit, nulle perspective de paix pour le peuple syrien.
Le chef de l’Etat s’entête dans une logique militaire, ignorant la situation d’urgence humanitaire et les options alternatives. Il veut engager notre pays dans une entreprise aventureuse et illusoire conduite par les Etats-Unis. Sauf à renier notre attachement à l’indépendance nationale, un feu vert du Congrès américain ou de la Maison Blanche ne saurait remplacer un mandat international, ni commander notre propre conduite, notre propre politique étrangère.

Alors que les chancelleries occidentales ont, les unes après les autres, abandonné l’option militaire, l’entêtement du Gouvernement à s’isoler sur la scène européenne, sur la scène internationale et à s’isoler de son peuple est troublant.
Pourtant, la manipulation et la propagande médiatico-politiques qui ont ouvert la voie à la guerre contre l’Irak, en 2003, demeurent dans toutes les mémoires et ont largement entaché la crédibilité de ses instigateurs.

Le crédo néo-conservateur de « la guerre au nom de la démocratie » a semé la mort et le chaos en Irak. Et c’est encore en son nom que le président de la République et le Gouvernement veulent nous convaincre de mener une expédition punitive meurtrière en Syrie.
Le règlement du conflit interne syrien ne sera pas résolu par quelques missiles. Les conflits, au Moyen-Orient ou ailleurs, prouvent que jamais des bombardements n’ont permis d’installer la démocratie ou de pacifier un pays.

Sans même attendre les conclusions des inspecteurs de l’ONU, des preuves que les attaques chimiques auraient été commises par le régime de Bachar al-Assad sont brandies pour justifier la guerre. Ces preuves seraient prétendument irréfutables selon notre Gouvernement. Tout comme l’étaient les preuves brandies par Colin Powell devant le Conseil de l’ONU, en février 2003, sur la possession d’armes chimiques par le Gouvernement Irakien !

Mais même si ces preuves étaient déclarées irréfutables – et nous ne doutons pas que Bachar Al Asad est capable du pire – comment lancer une guerre sans nous en donner les objectifs précis, si ce n’est la volonté de « punir » ?
Pas plus tard qu’hier soir, le secrétaire général de l'ONU,                             Ban Ki-moon, a mis en garde contre les risques d'une                        « action punitive » en Syrie. Il nous a demandé de considérer « l'impact qu'aurait une [telle] action sur les efforts pour empêcher d'autres effusions de sang et faciliter un règlement politique du conflit ».
Comment, en effet, lancer une guerre sans en évaluer les conséquences ? Sauf à dire explicitement que cette guerre est menée pour asseoir la domination des grandes puissances occidentales pour satisfaire leurs intérêts géo-stratégiques et économiques ou ceux d’autres puissances régionales ?

La population syrienne est aujourd’hui prise en otage entre un dictateur cynique et sanguinaire et une opposition désunie, dont certains de leurs membres ont su faire preuve des exactions les plus effrayantes. C’est d’ailleurs pourquoi les minorités religieuses syriennes sont paniquées à la perspective de la victoire de certains rebelles syriens.
Une intervention militaire aujourd’hui ne mettrait pas fin à l’escalade de la barbarie.
Elle risquerait aussi de plonger, un peu plus, la région du                  Moyen-Orient dans le chaos généralisé. 
Tirons les leçons des expériences passées de l’Afghanistan et de la Libye. Gardons en mémoire le fiasco Irakien et des centaines de personnes qui meurent chaque mois, depuis, dans des attentats meurtriers. Pensons également aux pays voisins qui paieront en vies humaines la moindre déflagration.

Une société riche et fragile comme le Liban n’est-elle pas déjà la proie des confrontations communautaires qui nourrissent le conflit syrien ?
Certes, la France a la responsabilité d’agir. Mais dans le seul intérêt des peuples ! Le chaos de la guerre n’est pas dans l’intérêt des peuples. Il est dans celui des djihadistes.

Quant au Peuple de France, il ne veut pas de cette guerre !   Ecoutons-le ! Entendons-le ! C’est notre devoir de démocrates.
Si malgré cela, le Gouvernement s’entête à entrer dans cette guerre illégale, un vote de la représentation nationale s’impose.                    A moins que la gauche n’adhère définitivement à la pratique présidentialiste de la Ve république, jadis critiquée et combattue ?
L’esprit démocratique et le sens des responsabilités politiques l’exigent.

L’argument constitutionnel avancé par le Gouvernement est utilisé parce qu’il craint le camouflet infligé au Premier ministre britannique. Notre Gouvernement se cache derrière l’article 35 de la Constitution pour justifier ce déni de démocratie. Or, si le Président de la République le décide, il peut laisser les parlementaires se prononcer demain, sans se justifier, et rompre ainsi avec les pratiques qu’il dénonçait, en 2008, au nom de la dignité de notre démocratie.

Par ailleurs, comme le rappellent de nombreux constitutionnalistes, l’article 49 alinéa 1 permet ce vote. C’est d’ailleurs la solution qui avait été retenue par le Gouvernement Rocard au moment de la guerre du Golfe. Le gouvernement peut aussi s’appuyer sur le nouvel article 50-1 de notre Constitution.

Le Président Barack Obama a, lui-même, demandé le vote du Congrès alors que la Constitution ne l’y obligeait pas.
En France, l’absence de vote témoignerait de la volonté de cantonner les parlementaires français dans une position de simples spectateurs, réduits à palabrer mais non à décider.

Notre attachement à la paix ne nous fait pas renoncer à notre sens des responsabilités. C’est en cela que s’exprime notre solidarité avec le peuple syrien.

La prudence que nous préconisons n’est pas synonyme d’inaction. Il faut réagir et apporter une solution au drame vécu par le peuple syrien, qui a eu le courage de se lever contre le régime dictatorial de Bachar el-Assad.

Notre « responsabilité de protéger les populations civiles », notre solidarité envers le peuple syrien doit d’abord se traduire par un renforcement significatif de l’aide humanitaire. Une telle action - qui relève de l’urgence - doit elle-même être prolongée par la recherche d’une solution politique supposant un engagement plus volontariste de notre diplomatie. La France doit, ainsi, peser de tout son poids diplomatique et symbolique pour obtenir la réunion d’un sommet réunissant les belligérants et les principales puissances impliquées afin de mettre fin à l'escalade de l’horreur.
Je le dis et le redis : ne cédons pas à la tentation de la guerre et de l’aventure militaire. Empruntons la voie politique qui, aussi étroite et difficile soit-elle, reste la meilleure qui soit pour le peuple syrien et la sécurité internationale. Mais aussi la plus digne pour notre pays qui en sortirait grandi.

André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, Président du groupe des députés Front de gauche