Publié le 18/03/2020 par PCF

Aéroports de Paris – La privatisation a du plomb dans l’aile…

« Les circonstances économiques ne sont pas réunies pour engager une opération de ce type », nous dit Monsieur Le Maire, ministre de l’Industrie et des Finances. Nous avons envie de lui dire qu’il était temps qu’il s’en aperçoive.

Heureusement que 1 090 570 personnes, selon le Conseil constitutionnel, se sont saisies du RIP pour demander un référendum. La privatisation d’ADP est un non-sens économique, un non-sens écologique, un non-sens stratégique pour le développement des mobilités.

Tout avait commencé par le souhait du gouvernement de privatiser les Aéroports de Paris, dont l’État détient 50,6 % des parts. Il y a presque un an, le 10 avril 2019, 248 parlementaires, dont l’ensemble des parlementaires communistes, ont signé la proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris, après que l’Assemblée nationale a voté sa privatisation sans tenir compte du vote contraire du Sénat. Cette initiative s’appuie d’abord sur la singularité d’Aéroports de Paris : 13 aérodromes franciliens, des participations dans des aérodromes internationaux qui en font le 1er groupe mondial, 100 millions de passagers par an et 120 millions prévus en 2023. C’est également la première frontière de notre pays. ADP rapporte 342 millions d’euros de dividendes chaque année, dont la moitié pour l’État ; la société ADP est propriétaire de 6 680 hectares d’infrastructures et de terrains et de 355 hectares de réserves foncières. ADP représente également un enjeu majeur d’aménagement du territoire.

Il est urgent de changer les règles du référendum d’initiative partagé (RIP)

Le RIP, instauré par N. Sarkozy en 2008, est inapplicable à cause des conditions drastiques exigées pour sa mise en œuvre. À commencer par la signature de 185 parlementaires minimum, soit un cinquième du Parlement, puis l’obtention de 10 % du corps électoral (4,7 millions de personnes). Et, dans le cas où tous ces obstacles seraient surmontés, un dernier filtre se dresse  si l’Assemblée ou le Sénat examine le texte dans les six mois qui suivent le recueil des signatures, le référendum ne peut pas avoir lieu.

Le 13 juin 2019 donc, le ministère de l’Intérieur a mis en ligne un site Internet permettant aux électeurs/électrices d’aller signer la pétition, dont les conditions d’inscriptions ont été complexifiées. Bien que chaque scrutin fasse l’objet d’une campagne ministérielle de communication, le gouvernement a toutefois décidé de n’en faire aucune publicité officielle pour « rester neutre », interdisant aux parlementaires d’en faire. De fait, aucun débat, aucune émission spéciale n’aura eu lieu sur les médias publics et privés. Alors que 12 millions d’euros avaient été utilisés pour le grand débat de Macron, plusieurs millions d’euros pour la publicité de la privatisation de la FDJ, l’État aura dépensé moins de 15 000 euros pour le RIP.

La barre du million dépassée !

Neuf mois plus tard, plus d’un million de signatures ont été atteintes, ce qui constitue déjà une barre symbolique d’importance qui permet de rappeler au Président de la République sa parole lors de sa conférence de presse du 25 avril 2019. Ce dernier souhaitant abaisser le seuil du RIP à 1 million de signatures.

Le RIP a également souffert d’un agenda complexe : coincé entre les vacances de l’été, de la Toussaint et de Noël, la préparation des élections municipales et d’un agenda social sans précédent depuis plusieurs décennies.

Nous avons beaucoup appris de ces neuf mois d’expériences

De nombreux militant·e·s, lors de la Fête de l’Humanité (10 000 signatures récoltées) mais pas seulement, ont fait signer pour le RIP. Dans 58 départements, nous avons tenu des initiatives, des débats, travaillé avec des collectifs inter orga. Nos parlementaires n’ont rien lâché, jusqu’à imposer un débat au Sénat le 6 février, et interpeller sans relâche Édouard Philippe et ses ministres. L’Humanité, l’Humanité dimanche, La Marseillaise se sont fait les échos de la mobilisation, dénonçant les dénis de démocratie, donnant des arguments économiques, sociaux, écologiques. Les esprits diront que nous aurions pu faire mieux. C’est sûr. Mais cette bataille de neuf mois nous confirme, malgré tous les obstacles, que nous avons besoin de cultiver l’esprit de suite et de ne rien lâcher en permettant à chacun .e de s’exprimer.

Alors ne boudons pas notre première victoire.

Pierre Laurent

 

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