Publié le 18/11/2019 par PCF

Bolivie : Le gouvernement français doit sortir de sa torpeur et prendre la défense du peuple bolivien qui lutte pour la restauration de l'Etat de droit

Depuis le départ forcé du président Evo Morales de Bolivie, il ne se passe pas un jour sans que le peuple bolivien, attaché à l'Etat de droit et à la paix, ne manifeste avec courage, partout dans le pays, contre la présidente autoproclamée, Jeanine Añez ; celle qui, en 2013, avouait « rêver d'une Bolivie libérée des rites sataniques autochtones ».

24 manifestant-e-s sont mort-e-s depuis vendredi, sans que la moindre protestation ne se fasse entendre, pour ce qui concerne la France, du côté du Quai d'Orsay.

Jeanine Añez, ancienne seconde vice-présidente de la Chambre des sénateurs et membre de l'opposition au président Morales, a joué un rôle central les 10 et 11 novembre dans les manœuvres institutionnelles qui ont abouti à l'éviction d'Evo Morales et de son vice-président Alvaro Garcia Linera.

Ardente militante d'extrême droite dont les accointances s'étendent aux réseaux paramilitaires colombiens, Añez qui a pris possession du palais présidentiel une Bible en main, a été « reconnue » d'emblée et félicitée par l'Administration Trump, instigateur du coup d'Etat, et par le vénézuélien Juan Gaido qui tente de surfer sur un « effet Bolivie » pour renverser au Venezuela le président et chef de l'Exécutif, Nicolas Maduro.

Dans son élan, J. Añez a fait expulser le personnel de l'ambassade du Venezuela, et procéder à l'arrestation de 4 médecins et personnels de la coopération médicale cubains.

Reconnue également « de facto » par la France ou encore par la Russie qui dénonce cependant un processus illégitime, Jeanine Añez fait tirer depuis une semaine à balles réelles sur les manifestant-e-s dont le mouvement ne faiblit pas pour autant, et qui a besoin de solidarité internationale dans sa lutte pour la liberté.

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a dépêché en fin de semaine son Envoyé personnel et diplomate chevronné, Jean Arnault, avec mission d' « approcher tous les acteurs boliviens et d’offrir l’appui des Nations unies aux efforts visant à trouver un règlement pacifique à la crise, y compris des élections crédibles, inclusives et transparentes ». Cette initiative demeure à cette heure la seule et unique action diplomatique entreprise pour rétablir l'Etat de droit en Bolivie.

Le Parti communiste français (PCF) réaffirme son soutien actif au peuple de Bolivie et appelle instamment le gouvernement français à sortir de sa torpeur en s'engageant aux côtés du peuple bolivien et de ses forces démocratiques et progressistes qui affrontent une puissante entreprise de haine et de terreur, forte de son soutien états-unien et de ses relais.

Les autorités françaises ont le devoir d'exprimer leur condamnation du coup d'Etat du 10 novembre et de la répression en cours, et leur soutien aux forces démocratiques, à Evo Morales et aux initiatives de l'ONU. Elles se doivent d'agir sans délai pour la protection du peuple bolivien et des populations indigènes particulièrement menacées, ainsi que pour la restauration de la démocratie, du droit et de la paix en Bolivie.

Le PCF appelle l'ensemble des forces progressistes et démocratiques de notre pays à se mobiliser et notamment à répondre à l'appel du président Evo Morales à tous les « avocats volontaires, experts en droits de l'homme et droit pénal à collaborer à la défense légale de mes frères et sœurs massacrés par le gouvernement (autoproclamé) avec les méthodes des dictatures militaires ».

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