Publié le 23/11/2020 par PCF

Coupures d’électricité : sécuriser l'approvisionnement nécessite de tourner le dos à la libéralisation du secteur de l'énergie (Fabien Roussel - PCF)

Notre pays, en plus de subir une crise sanitaire sans précédent, risque de subir des coupures d'électricité cet hiver, faute de production suffisante d'énergie !! Une expertise du CSE central d'EDF sur l'état des lieux des capacités de production pour répondre aux demandes des prochains mois d'hiver indique en effet que la continuité de l'approvisionnement en électricité pour les mois de décembre 2020, janvier et février 2021 ne serait pas sécurisée et dépendrait uniquement des conditions climatiques.

Face à cette situation tendue reconnue par RTE, ce dernier dit miser sur les importations et les mesures d'effacement pour sauver le réseau de tout black-out.

Il est inadmissible que RTE soit amené à programmer des coupures les jours où il ferait froid !


Cette situation est la conséquence de choix politiques : mise en concurrence des acteurs de la filière au détriment des coopérations, démantèlement des services publics, filialisations, privatisation démantèlement d'Engie après sa fusion avec Suez, vente d'une partie de RTE, augmentation des tarifs, sous-traitance à tout-va, détricotage du statut du personnel des industries électriques et gazières, incapacité à engager la France dans une politique industrielle ambitieuse et durable.


Cette politique, qui a également abouti ces dernières années à la fermeture des tranches utiles à la production de pointe (charbon et fuel) et à la fermeture récente des réacteurs nucléaires de Fessenheim, fait peser de grands risques sur la sécurité d'approvisionnement du réseau électrique.


La réduction à 50 % de la part du nucléaire dans le mix électrique, avec la fermeture de 14 réacteurs dont les 2 de Fessenheim est un choix lourd de dangers. Depuis l'EPR de Flamanville en 2007, aucun moyen de production pilotable n'a été décidé à part du renouvelable (éolien et photovoltaïque) dont les limites liées en particulier à leur production intermittente sont connues.


Le Parti communiste français défend la production d'électricité décarbonée, dont le nucléaire est à ce jour un des atouts, indispensable à la lutte contre le réchauffement climatique et aussi au maintien d'une indépendance dans l'approvisionnement énergétique de la France.


Elle nécessite d'investir dans la recherche, à l'image du projet Astrid, réacteur de 4e génération, mais aussi de conforter la filière publique hydroélectrique, au lieu de la livrer aux appétits privés, d'investir massivement dans des secteurs énergivores, tels le logement et les transports, pour abaisser sensiblement les consommations.


Le PCF appelle à l'élaboration d'une politique de l'énergie, assise sur la constitution d'un pôle public de l'énergie, visant enfin à satisfaire les besoins de développement des territoires et les besoins populaires. Construite avec les citoyens, le Parlement, les élus locaux, les consommateurs, les acteurs publics et privés, elle doit en particulier se donner pour ambition de :

 

- sécuriser les approvisionnements en énergie du pays ;

- garantir un droit d'accès effectif à l'énergie pour tous ;

- assurer un développement équilibré des territoires ;

- répondre aux objectifs de développement de nos énergies renouvelables et de réduction significative de nos émissions de gaz à effet de serre.