Publié le 24/06/2020 par PCF

Après le succès de la journée du 16, créer un puissant rapport de force

Déconfinement de la colère, déconfinement des luttes sociales, la journée de mobilisation du 16 juin pour la santé a été un véritable succès avec des milliers de personnels hospitaliers, de citoyen·ne·s mobilisé·e·s dans toute la France pour exiger plus de moyens pour l’hôpital, les Ehpad, et plus largement pour le service public.

Cette colère qui s’est exprimée le 16 juin dans la rue, devant les hôpitaux, devant les Ehpad est identique à celle qui gronde depuis plus d’un an, voire deux pour les Ehpad, à cela près qu’une catastrophe sanitaire est passée par là et a levé le voile sur la désastreuse situation de notre service public hospitalier et plus largement de notre système de santé. À l’occasion de cette crise sanitaire, toute la population a pris conscience à la fois du bien inestimable que représente la santé, et des conséquences désastreuses d’une logique néolibérale appliquée année après année à l’hôpital public, logique de marchandisation de toute activité humaine.

MM. Macron, Philippe, Véran répètent à l’envi que l’hôpital a tenu bon, mais en réalité il n’a pas tenu ! Il a fallu le confinement général et l’arrêt des activiités médicales hors Covid (déprogrammation de consultations, d’opérations, d’accès à l’IVG) et donc l’abandon d’une partie des autres pathologies, pour passer le pic. Sans parler de l’épuisement des professionnel·le·s de santé, en nombre insuffisant qui ont manqué de matériel le plus élémentaire et l’incapacité à répondre à la mise en sécurité des soignant·e·s et des patient·e·s par du matériel adapté, mettant en exergue la désindustrialisation catastrophique de la France.

Néanmoins, impossible pour le gouvernement de faire l’impasse sur les revendications légitimes et unanimes des hospitaliers, de leurs syndicats, de leurs collectifs et de tous les élu·e·s et les comités d’usagers défendant leurs hôpitaux de proximité. Au pied du mur, il leur concède des primes (sélectives...), annonce des médailles, un hommage au défilé du 14 Juillet, des dons de congés des autres salarié·e·s et finit par promettre... « un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières pour notre hôpital ; c’est ce que nous devons aux soignants et à la Nation ». (Macron, 14 avril 2020). Mais... pas d’annonce de collectif budgétaire de la LFSS (loi de financement de la Sécurité sociale) pour augmenter les budgets, pas de chiffrage pour les augmentations de salaire du personnel hospitalier et médico-social.

Il ouvre le 25 mai 2020, une concertation, le « Ségur de la Santé », censée réunir le gouvernement, les organisations syndicales et les collectifs autour de 5 axes énoncés par le 1er ministre : « reconnaissance pour nos soignants, investissement massif, agilité retrouvée, organisation territoriale, modernisation par le numérique », le tout piloté par Nicole Notat ! Quel symbole !

Mais tout en précisant de façon pernicieuse que « la question du temps de travail n’était pas un tabou et que la crise exige de nous, non pas de changer de cap mais de changer de rythme ».

D’emblée les dés sont jetés, on n’abandonne pas la loi Buzyn «  Ma santé 2022 », qui est un plan de destruction de l’hôpital public, en particulier des hôpitaux de proximité, et rien n’interdit de revenir sur les 35 heures à l’hôpital, autrement dit « travailler plus avec du personnel complètement usé » !

Ce « Ségur » est une énième tromperie du gouvernement Macron, le mot négociation étant d’ailleurs absent de la méthodologie. En quoi est-ce si compliqué d’agir dès maintenant en débloquant en urgence 10 milliards d’euros pour l’augmentation des salaires, pour le rattrapage de l’Ondam (objectif national de dépenses de l’assurance maladie) afin de revenir à l’existant déjà insuffisant, pour rouvrir des lits et racheter du matériel ?

Parce que le but de l’action gouvernementale est d’utiliser cette pandémie pour achever définitivement la Sécurité sociale. Les conséquences économiques et sociales du confinement vont assécher, mécaniquement, brutalement et dans des proportions jamais connues, les ressources de la Sécurité sociale, et donc de l’Assurance maladie qui finance l’hôpital public !

Le logiciel ultra-libéral du gouvernement Macron n’a pas changé et personne n’est dupe quant à la réalité de ses orientations politiques. Seul un puissant rapport de forces pourra contrecarrer ses plans néfastes. Les mobilisations vont se poursuivre ; déjà deux journées nationales de mobilisation sont annoncées les 30 juin et 14 juillet, et les « mardis de la colère » dans les hôpitaux vont continuer. Faisons en sorte qu’elles soient à la hauteur de cet enjeu de société que représente la Santé et notre système de protection sociale et construisons partout où c’est possible des rassemblements populaires autour d’objectifs politiques qui font du commun. Le PCF peut le faire.

Maryse Montangon, responsable collectif Santé, protection sociale, membre du CEN.

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