Le 10 mai dernier, l’Assemblée générale de l’ONU a très majoritairement exhorté le conseil de sécurité à reconnaître l’État de Palestine comme membre à part entière et a, dans l’immédiat, voté l’amélioration des droits de la Palestine au sein de l’organisation internationale.
C’est incontestablement un point d’appui qui exprime à nouveau l’exigence fondamentale de la reconnaissance de l’État de Palestine, en dépit du veto imposé par les États-Unis contre la majorité du conseil de sécurité le 18 avril dernier. Cela nous rappelle que dans le monde, 143 États, donc une large majorité, reconnaissent déjà l’État de Palestine. Les réfractaires se trouvent en Europe et en Amérique du Nord. Quel aveu d’isolement ! Quelle manifestation du fait que l’Union européenne, les États-Unis, l’Australie et consorts vont à contre-sens de l’histoire !
En Europe, la Norvège, l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie ont exprimé leur volonté de reconnaître l’État de Palestine. Cela va dans le bon sens. Mais pose une question : où est la France ?
Une fois encore, Emmanuel Macron et son gouvernement déshonorent notre pays, en s’alignant avec veulerie sur la politique de l’Union européenne et celle des États-Unis en la matière. C’est la politique du chien crevé au fil de l’eau. Le gouvernement français prétend qu’il serait « isolé » et qu’il veut éviter une « démarche unilatérale ». Quelle hypocrisie ! Non, cela ne suffit pas de signer des tribunes avec des chefs d’État du Proche-Orient, ni de voter positivement (encore heureux !) les résolutions de l’ONU sur la question. Il faut agir ! Nous sommes le seul pays qui, par son positionnement historique, a un consulat général à Jérusalem assurant déjà la représentation de la France auprès de l’Autorité Palestinienne. La France ne peut pas passer à côté de l’histoire. Elle doit reconnaître l’État de Palestine maintenant !
Comme l’Ambassadrice de Palestine en France Hala Abou Hassira l’a justement dénoncé, le refus de la présidente de l’Assemblée nationale de créer un groupe d’amitié France-Palestine est honteux.
Cette reconnaissance ne serait pas uniquement symbolique, mais hautement politique. Elle signifierait que notre pays s’engage résolument en action, et non seulement par les mots, dans une politique de rapport de force avec le gouvernement d’extrême droite de l’État d’Israël, aux côtés des autres pays européens disposés à agir dans le même sens, et qu’il entend arrêter avec cette funeste politique du deux poids, deux mesures. Cela remettrait également la France dans la voie d’une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, sur la base de deux États vivant côte à côte dans les frontières de 1967. Cela donnerait incontestablement du crédit et du poids politique à la paix.
Alors que le gouvernement de Benyamin Netanyahou piétine tous les jours le droit international et poursuit ses crimes de guerre, la France doit arrêter avec la politique de passivité et d’effacement, mais retrouver une voix forte en faveur du droit et de la justice, pour imposer un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza, pour la réalisation des droits nationaux du peuple palestinien et pour la réconciliation entre le peuple palestinien et le peuple israélien.