International publié le 27/10/2020

Côte d'Ivoire : après les derniers propos de Ouattara, la France doit changer d'attitude

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Les récents propos du chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, dans le journal Le Monde sont d'une violence inouïe. Il annonce qu'il compte emprisonner ses opposants après la parodie d'élection programmée le 31 octobre, précisant même pour l'un d'entre eux la sentence dont il fera l'objet. Il parjure la constitution qu'il a fait adopter en 2016 et qui rendait impossible de se présenter à un troisième mandat. Il refuse le report des élections qui aurait pu être un geste d'apaisement et il laisse entendre qu'il pourrait faire encore deux mandats alors qu'il a 78 ans.

Ces propos sont une provocation.

Ils sont rendus possibles par le soutien sans faille du pouvoir français exprimé notamment par le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lorsqu'il a été interpellé à ce sujet par le député communiste Jean-Paul Lecoq en commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Ainsi la France, qui a toujours considéré la Côte d'Ivoire comme son arrière-cour, porte une lourde responsabilité dans les exactions, présentes et à venir, du pouvoir ivoirien liées aux élections. Mais les paroles de Ouattara sont aussi marquées par son isolement de plus en plus total à l'intérieur d'un pays où 5% des habitants ont profité d'un accaparement des richesses quand près de la moitié sont totalement laissés pour compte. Cet isolement lui fait apparaître comme indispensable une intensification de la violence et de la répression politique pour sauvegarder les intérêts de sa petite clique corrompue et de quelques multinationales, françaises notamment. D'autocrate dirigeant une «démocrature», il est passé au statut de dictateur. Et comme son ami autocrate Blaise Compaoré, il sera défait par son peuple.

Le PCF exige de l'Exécutif français qu'il condamne la dérive meurtrière du pouvoir d'Alassane Ouattara. Il est urgent que la France officielle change d'attitude, pour se placer du côté du droit et de la liberté, dans l'intérêt de nos deux peuples.

Parti communiste français
Paris, le 26 octobre 2020

 

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