La solution pour la Nouvelle-Calédonie, c’est le total respect de la population calédonienne et des Kanaks

Publié le 05 juin 2024

Emmanuel Macron, par sa brutalité, a fracturé le processus de dialogue et de respect initié par les accords de Nouméa. Sept morts, un territoire aux difficultés accentuées et où la réponse militaire ne résoudra rien. L’intransigeance d’Emmanuel Macron et de Gabriel Attal, leurs brutalités et la volonté de passer en force pour favoriser les loyalistes aux élections locales ont plongé l’île dans une situation dramatique.

C’est la négation de la juste revendication du peuple kanak, du devoir de la République en Nouvelle-Calédonie et dans tous les Outre-mer de trouver les voies de relations durables, respectueuses, émancipées d’un passé d’oppression, de mépris, de non-reconnaissance des cultures, des langues, du droit à l’autodétermination.

Comme en 2021, à l’issue du 3e référendum où Emmanuel Macron déclarait, dans une toute-puissance néocoloniale, « ce soir, la France est plus belle car la Nouvelle-Calédonie a décidé d’y rester ». Quelle gifle au mouvement indépendantiste, à la signature de la France qui avait garanti de tout décider dans un consensus de toutes les composantes de l’île. Un méprisant de la République.

La population avait-elle « décidé » ? Pas du tout. 43 % de participation pour un résultat à 96 % contre l’indépendance du fait du boycott du FLNKS plongé dans le deuil. Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour se rendre compte que le résultat ne voulait rien dire. En 2021 Emmanuel Macron, en maintenant le vote, en mentant sur la signification du résultat, avait décidé de rompre avec le processus de discussion réunissant tous les acteurs des accords de Nouméa et revenait à une brutalité d’État cherchant à briser le mouvement indépendantiste. Comment valider un tel résultat quand ceux de 2018 et 2020 montraient un vote en progression pour l’indépendance à 47 % 

C’est bien Emmanuel Macron qui porte la responsabilité des drames qui se déroulent en Nouvelle-Calédonie. Il faut maintenant retrouver le chemin du dialogue, du processus de respect vis-à-vis des indépendantistes.

« La Cour de cassation en 2023 a considéré que tant que le pays est en voie de décolonisation, il n’y a pas de nécessité démocratique à faire évoluer le corps électoral. Sa réouverture ne fait que reprendre la stratégie de colonie de peuplement pour s’emparer une nouvelle fois du pouvoir. Le gouvernement français est-il en mesure de considérer que la démocratie prime sur la décolonisation ? », a rappelé Robert Xowie, premier indépendantiste sénateur du territoire à entrer au Palais du Luxembourg en 2023 et siégeant au groupe communiste.

Rappelant sur France Info qu’« il est possible de faire la paix » à condition de « prendre du temps », de « dialoguer » et de « mettre en place une médiation », les communistes appellent à la reprise d’un processus acté par toutes et tous, loyalistes et indépendantistes.

Fabien Roussel, André Chassaigne, Cécile Cukierman, comme dirigeants et parlementaires, mettent toutes leurs énergies, leurs actions, leurs connaissances du dossier au service du dialogue entre la République et les indépendantistes, pour trouver le chemin d’une relation durable, pacifiée, associant tous les acteurs et respectant un processus de paix établi sur la base du dialogue, du consensus et de l’impartialité de l’État. Notre parti, ses dirigeants et parlementaires sont disponibles pour retrouver ce processus du dialogue et de la solution politique.

Le processus d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie doit reprendre, c’est au gouvernement, au chef de l’État, de rétablir la confiance après avoir bafoué la parole de la République. Il faut donner les garanties du report du dégel du corps électoral, repousser cette question au-delà des élections locales de décembre 2024, et en dehors de tout accord avec le FLNKS. Plus aucune décision en dehors du dialogue et du consensus avec les habitants.

Pierre Lacaze

responsable national aux relations extérieures
 et aux Outre-mer du PCF

Article publié dans CommunisteS, n°999, 5 juin 2024.