International publié le 17/01/2022

Le PCF appelle à annuler les sanctions de la CEDEAO contre le peuple malien et à les boycotter

Le 10 janvier dernier la CEDEAO a pris des sanctions extrêmement dures envers le Mali. Elles auront des conséquences non seulement pour ce peuple mais aussi ceux des pays limitrophes.

Aucun Malien ne demandait de sanctions. Pourtant elles ont été imposées, sous la pression de puissances étrangères, dont l’État français. Le prétexte avancé est celui d’une absence de calendrier pour la tenue d’élections. En réalité, après le retrait de ses troupes de plusieurs bases, le gouvernement français ne supporte pas que le Mali se tourne vers d’autres pays pour tenter de restaurer sa sécurité. Alors il veut en faire payer le prix aux dirigeants et au peuple malien. Il plaide également pour des sanctions au niveau de l’Union européenne.

Quelle est cette politique qui vise un peuple tout entier ?

Est-ce le rôle d’un pays comme la France de s’ingérer dans les affaires africaines en faisant pression sur la CEDEAO pour régler des jeux d’influence et d’intérêts ? Nous ne le pensons pas.

Quoi que l’on pense du pouvoir malien, en manque de légitimité démocratique car issu d’un coup d’État, il y a place pour le dialogue et la négociation dans le respect de la souveraineté de ce pays.

En appui au peuple malien et aux peuples d’Afrique, le Parti communiste français appelle les gouvernements du Mali et de la sous-région au dialogue. Les sanctions de la CEDEAO sont un véritable scandale car elles jettent de l’huile sur les braises, sur un pays déjà en souffrance. Elles sont inacceptables en ces temps de pandémie et de crises économique, sociale, climatique qui frappent tous les continents, particulièrement l’Afrique. Elles doivent être annulées. Nous en appelons à leur boycott, à passer outre.

Ce qui se passe au Mali, déstabilisé depuis la guerre franco-britannique et de l’OTAN contre la Libye en 2011, est l’expression d’une crise mondiale. Celle d’une tentative de remodelage de territoires et de pays pour mieux dominer, pour imposer des marchés et piller des richesses. Ce n’est pas qu’un problème du Mali, cela concerne les peuples du monde.

Face aux entreprises de violence du banditisme et du djihadisme salafiste, face au risque de division et de partition que les Accords d’Alger sous-tendent, le Mali a besoin de solidarité. Il doit pouvoir exercer sa souveraineté, faire des choix endogènes de développement. Les mobilisations populaires sont une des clefs pour y parvenir, et pour recouvrir la paix et l’unicité du pays.

Parti communiste français
Paris, le 17 janvier 2022