Publié le 17/03/2021 par PCF

Le rôle décisif du PCF – Extraits du rapport introductif de Christian Picquet

Nous avons aujourd’hui à adopter le projet de texte qui va servir de base à la discussion des communistes à propos des échéances électorales de 2022, jusqu’à la conférence nationale des 10 et 11 avril.

Le projet que vous avez entre les mains a vocation à nous permettre d’instruire collectivement toutes les dimensions d’un débat essentiel pour notre parti, et c’est dans cet d’esprit que la commission du texte a travaillé.

Notre souci a été de tenir compte, au plus près, de ce qui remontait des contributions individuelles ou collectives parvenues au site dédié à la préparation de la conférence nationale, de favoriser le plus vaste échange entre les adhérents et au sein des instances du Parti, de permettre l’enrichissement du document à partir de la richesse d’expériences qui nous caractérise, et d’ouvrir le chemin au plus large rassemblement des communistes, dans le respect de la diversité des opinions et des préoccupations qui s’expriment et vont continuer à s’exprimer d’ici les 10 et 11 avril.

L’état d’esprit de la commission, et celui d’Éliane Assassi comme de moi-même à qui vous avez confié la mission d’en animer les travaux, renvoie bien évidemment à la gravité du moment politique que connaît notre pays, comme d’ailleurs l’Europe et le monde. (…)

La gauche aborde ce moment crucial dans un état d’affaiblissement considérable. Les sondages la créditent, quelle que soit la configuration, d’un des scores les plus bas de son histoire. Le présidentialisme y nourrit les concurrences, ce qui se traduit par une candidature d’ores et déjà déclarée, celle de Jean-Luc Mélenchon, et d’autres qui se préparent ouvertement, chacune a chant ?? ses tentations hégémoniques.

L’origine de cette situation, nous le savons, vient de loin. Ce ne sont pas seulement ses divisions qui affaiblissent la gauche, c’est avant tout la faiblesse des choix portés par une partie d’entre elle qui l’empêche de s’adresser à une très large partie de l’électorat populaire, et qui nourrit tant l’abstention que des intentions de vote extrêmement basses.

Par tout ce qui fait notre histoire, par tout ce qui fonde nos engagements, nous n’entendons pas nous résoudre à cette débâcle. Nous voulons au contraire créer les conditions d’une nouvelle majorité politique, et cela doit inspirer nos décisions, loin de toute rétraction sur la seule identité communiste.

Cela suppose néanmoins de mener un débat aussi loyal que franc sur les objectifs à porter pour retrouver le chemin du monde du travail et de la création, a n d’unir ?? toutes les forces prêtes à répondre aux exigences populaires, de favoriser le surgissement d’un puissant mouvement de contestation du système.

C’est ce que l’avant-projet de texte souligne avec force, à plusieurs reprises comme vous l’aurez certainement remarqué.

La visée stratégique dé nie par ?? notre 38e Congrès, celle d’une union populaire agissante, d’un Front populaire du XXIe siècle, est plus que jamais d’actualité.

Et s’il n’existe pas, à ce stade, un socle d’idées suffisamment partagées entre forces de gauche et écologistes pour répondre aux exigences de la situation, il nous incombe, d’un même mouvement, de faire progresser le débat sur les solutions, de faire gagner en influence les propositions que nous mettons en avant, de travailler à réunir les conditions d’une alternative politique.

C’est à partir de cette visée stratégique que se pose la question de la candidature communiste, dont nous avons reçu mandat, du 38e Congrès, de réunir les conditions.

Cette question est débattue dans le Parti, comme le montrent les contributions parvenues au site Internet. C’est parfaitement normal, eu égard à l’extrême complexité du moment politique.

Le conseil national doit aujourd’hui adopter la proposition qu’il va soumettre aux communistes en vue de la conférence nationale d’avril.

Le choix retenu par le texte est bien celui d’une candidature communiste proposée à notre peuple.

Il part d’un constat simple : 2022 ne peut se réduire au duo Macron-Le Pen, mais il ne saurait davantage se satisfaire d’opérations bâclées qui, se résumant à des tractations de sommet, se révéleraient inévitablement incapables de satisfaire les attentes populaires.

C’est sur la base de l’analyse de la configuration politique du pays, des grands enjeux que j’ai sommairement décrits, et de l’état des débats à gauche que nous aboutissons à cette option.

C’est également parce que nous considérons que le Parti communiste a un rôle décisif à jouer, dans les circonstances présentes, pour aboutir à une alternative de gauche qui transformera la France, s’appuiera sur le mouvement populaire, et œuvrera à reconstruire une gauche à la hauteur de ce dont a besoin le pays.

Notre parti peut, nous semble-t-il, faire bouger les lignes du débat politique, en portant un projet ambitieux et les propositions qui en découlent, en appelant à l’intervention populaire qui est indispensable pour changer les rapports de force, en sachant s’adresser au monde du travail et à la jeunesse sans lesquels une majorité politique n’est pas envisageable.

Il peut se fixer l’objectif d’enclencher à la présidentielle une dynamique de redistribution des cartes autour d’une ambitieuse politique de changement radical. Et, par-là même, il peut travailler à construire les conditions d’une nouvelle majorité politique.

Ce combat, il nous faut évidemment le mener en nous ouvrant largement à toutes celles et tous ceux qui sont en colère, ou qui attendent des réponses à la hauteur de leurs aspirations. La candidature communiste est, par conséquent, une candidature ouverte à la co-construction avec toutes les forces qui s’y montreront disponibles. C’est l’objet de l’appel que nous proposons de lancer à celles-ci, une fois que les communistes auront décidé de leur choix.

Pour le dire autrement, c’est en renforçant le Parti communiste français, en faisant avancer des contenus de rupture avec les politiques néolibérales et capitalistes, en redonnant confiance à des hommes et des femmes qui se désespéraient jusqu’alors de la politique, que nous voulons renforcer la gauche tout entière.

Cela implique qu’à partir de l’élection présidentielle, nous défendions une offre politique en vue d’aboutir à une nouvelle majorité politique. (…)

Par ailleurs, la commission de transparence des débats a, à ce jour, reçu trois réponses à l’appel à candidature lancé par notre dernier conseil national.

Ce sont celles d’Emmanuel Dang Tran, Grégoire Munck et Fabien Roussel.

Ce conseil national va aujourd’hui choisir l’option qu’il va majoritairement proposer aux communistes.

Le débat est appelé à se poursuivre et à s’enrichir jusqu’à la conférence nationale des 10 et 11 avril.

Les échanges au sein de la commission du texte se sont déroulés dans un climat fraternel, où toutes les questions ont été abordées dans le respect des points de vue, avec une grande exigence partagée de qualité, et, pour chacune et chacun, le souci d’unir les communistes dans leur diversité.

J’imagine me faire l’expression de tous mes camarades pour souhaiter à présent que ce climat se confirme à ce CN et tout au long des semaines qui suivront. 

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