Publié le 18/11/2020 par PCF

On ne parviendra pas à dépasser la crise démocratique en réprimant les mobilisations des jeunes

Depuis plusieurs semaines les lycéennes et lycéens se mobilisent aux côtés de leurs enseignants pour demander au gouvernement l’instauration d’un protocole sanitaire strict dans leurs établissements scolaires.

Malgré la crise sanitaire et le confinement, les élèves sont entassés dans des classes trop petites, la taille des selfs ne permet pas de respecter les mesures de distanciations physiques, les salles de classe ne peuvent pas être aérées convenablement étant donné que les fenêtres ne s’ouvrent pas ou peu... À croire que ceux qui ont réalisé le protocole n’ont pas mis les pieds dans un établissement scolaire depuis de nombreuses années. À quoi il faut ajouter la réforme du baccalauréat de Jean-Michel Blanquer. En supprimant le groupe classe, le brassage des élèves est inévitable.

En réponse, les lycéennes et lycéens ont exprimé leurs inquiétudes en se mobilisant par dizaines de milliers dans tout le pays pour interpeller le gouvernement à ce sujet. Ces mobilisations ont été marquées par un usage de la violence à l’encontre des lycéen·ne·s mobilisés.

Depuis les mobilisations contre Parcoursup de 2018, les mobilisations lycéennes sont systématiquement cassées et chargées par les forces de l’ordre. Gaz lacrymogènes, LBD, nasses, intimidation, verbalisation, charge de CRS et même des gardes à vue… sont devenues la triste réalité des manifestations lycéennes. Au lieu de rendre acteurs les lycéennes et lycéens dans la prise de décision, l’exécutif fait le choix de la répression.

Les images parlent plus que les mots. De la vidéo de 150 lycéens à genoux les mains derrière la tête à Mantes-la-Jolie aux images de CRS contrôlant les carnets de liaison des lycéens pour entrer dans leur établissement, en passant par l’image d’un lycéen la tête en sang après avoir reçu un tir de flashball, tout est fait pour casser les mobilisations, dissuader les lycéen·ne·s de se mobiliser. Ces images ne relèvent pas de simples bavures ou d’actes de policiers isolés faisant de l’excès de zèle, mais bien d’une stratégie globale de répression à l’encontre des manifestantes et manifestants.

Nous ne pouvons pas tolérer de telles scènes indignes d’un État de droit, encore plus lorsque cette répression concerne des jeunes, a fortiori lorsqu’ils sont mineurs. Depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron fait glisser notre pays vers la pente dangereuse de l’autoritarisme et de la répression.

Il y a quelques semaines, le gouvernement a dit vouloir s’atteler à l’apprentissage de la citoyenneté au sein des établissements scolaires et chérir la liberté d’expression, mais il envoie les CRS lorsque les jeunes expriment des revendications sur leurs conditions d’étude. Les manifestations et toutes formes d’expression collective sont non seulement des libertés individuelles qu’il faut garantir, mais elles font également partie intégrante des droits des citoyens. Lorsque des lycéen·ne·s se mobilisent pour leur avenir, ils font vivre la liberté d’expression et le droit de manifester. Lorsqu’on leur envoie des CRS, la seule chose qu’ils apprennent c’est qu’il est interdit de manifester sous peine d’être blessé ou arrêté.

La réponse à la crise démocratique qui traverse notre pays ne peut être celle du passage en force et de l’autoritarisme. La puissance publique et le gouvernement doivent être soumis au droit et non le contraire. Ainsi, le droit de manifester doit être préservé. Les policiers doivent garantir ce droit et non le détruire.

L’apprentissage de la citoyenneté et de son appartenance à la République se fait par son engagement dans la société. Or, on n’apprend pas à devenir citoyen lorsque des CRS sont envoyés devant nos lycées pour casser les mobilisations qui défendent le droit à la formation et l’égalité. Lorsqu’on réprime les mouvements lycéens qui s’expriment pour l’égalité des territoires, pour la santé publique, c’est la République qui est atteinte. Apprendre à devenir citoyens, c’est également écouter les manifestants lorsqu’ils s’expriment sur l’injustice dont ils sont victimes. 

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

Notre site utilise des cookies qui nous permettent d'améliorer votre navigation et de réaliser des statistiques de visites. En utilisant www.pcf.fr, vous acceptez l'utilisation de ces cookies. En savoir plus