Publié le 24/03/2022 par PCF

Pour l'avenir de la planète et pour l'industrie, créer des emplois et former, récuser l'injonction macronienne « France, travaille ! »,

c'est la leçon des travailleurs·ses de Belfort

Le 23 mars 2022, dans le cadre de la campagne présidentielle de Fabien Roussel, Frédéric Boccara, son conseiller sur les questions d'emploi, a rencontré dix syndicalistes de trois entités industrielles belfortaines : Alstom Transports, General Electric Steam (nucléaire : turbines + maintenance) et General Electric Gaz.

Si les trois entreprises sont en proie à des conjonctures différentes (gel des commandes ukrainiennes pour Alstom, nouvelle restructuration dans le cadre de la vente à EDF pour General Electric Steam, et augmentation importante de l'activité après un PSE très lourd pour General Electric Gaz), des problématiques structurelles communes ont pu être mises au jour.

C'est d'abord la perte progressive des savoir-faire, par le refus de dépenser pour la formation, le jeu des externalisations, du recours à l'intérim ou à la prestation, des départs anticipés à la retraite sans transmission préalable des compétences, des suppressions d'emplois.

La situation devient critique dans toutes les unités belfortaines, dans des secteurs aussi stratégiques que le les équipements pour transport ferroviaire ou pour la production d'électricité, où la sous qualité peut générer des accidents graves.

C'est également un déficit de projets nationaux de développement et de coopérations structurants pour le tissu industriel : dépendantes des marchés internationaux pour garantir leur activité, les entreprises belfortaines sont exposées à la compétition internationale qui génère des incertitudes et des aléas. C'est ainsi que le gel de la commande de 130 locomotives de fret par l'Ukraine place de nouveau le site Alstom de Belfort, pourtant le dernier à produire en France des motrices de TGV et des locomotives de fret, dans un déficit de charge utilisé par la direction pour geler les embauches, les formations et les investissements.

―> Pourtant, n'y a-t-il pas à engager d'urgence un projet national, voire européen, de revitalisation du fret ferroviaire ? Les syndicalistes de la SNCF évaluent à 200 les besoins pour la seule partie locomotive.

Quant à l'entité Steam de General Electric (= turbines nucléaires et maintenance), avant le lancement effectif des nouveaux réacteurs EPR 2 en France, elle ne dépend que de la commande internationale, elle-même incertaine dans un contexte de guerre sur le continent européen et d'arrêt des fonderies ukrainiennes. La période (1 ou 2 ans ?) nécessaire pour finaliser le rachat des activités par EDF pourrait s'avérer très destructrice. D'après les premières informations issues du lancement de la négociation, ce sont déjà 500 emplois qui pourraient disparaître dans l'opération dont 100 à Belfort.

―> Contrairement au ton rassurant du candidat-président, venu à Belfort pour « bénir » un retour en « souveraineté », c'est un PSE qui pourrait fragiliser la maîtrise réelle de la filière nucléaire qui se profile...

Quant à GEEPF, l'entité des turbines à gaz, elle se retrouve contrainte d'externaliser une partie de la charge dans le cadre d'une forte augmentation des commandes, seulement 3 ans après un plan de suppressions massif d'emplois justifié alors par une baisse structurelle du marché pour des raisons écologiques.

Au-delà des compétences, ce sont les vies elles-mêmes des travailleurs qui sont mises en danger tant les risques psycho-sociaux se généralisent.

Contrairement à ce que prétend le candidat président, du travail, il y en a donc ! Mais ce sont les décisions de projets et de création d'emploi qui font défaut. Les directions bradent, vendent, délocalisent, produisent « au fil de l'eau » pour réaliser du profit à très court terme. L'obsession de la rentabilité financière doit cesser. Le projet de sécurité d'emploi et de formation porté par Fabien Roussel, au service de projets industriels nouveaux pour développer le transport ferroviaire et la transition énergétique, soutenus par un pôle public financier, des droits décisionnels des salariés et habitants, des concertations pour une nouvelle planification, répond à l'urgence de la situation.

Nous proposons de le concrétiser immédiatement avec :

  • Un plan de résilience pour la paix, le climat, impliquant des coopérations nouvelles, le développement ferroviaire et la transition énergétique : il doit donc être tourné vers l'emploi, les services publics (formation) et l'investissement efficace

 

  • Un appel large de citoyennes et citoyens en faveur d'un tel plan

 

  • Une conférence locale réunissant les organisations syndicales du site industriel, les entreprises de la sous-traitance, les banques, les élus locaux, les citoyennes et citoyens afin de définir les besoins de formation et d'emploi, mobiliser les leviers financiers que constituent les aides publiques et assurer le suivi sur leur utilisation ; une première initiative pourrait être orientée vers la création d'un centre de formation pour les métiers d'ouvriers de l'industrie

Dans le même sens, la campagne de Fabien Roussel vise à remettre l'entreprise, ses critères de gestion, sa finalité, au cœur du débat démocratique, en travaillant, de l'échelon local à l'échelon national, à des solidarités et des concertations nouvelles, par territoire et par filière. Le vote est un moment de cette bataille, elle sera à poursuivre bien au-delà de l'élection.