International publié le 30/08/2022

Taïwan : « Ce qui doit primer c'est l'intérêt commun de garantir une coexistence pacifique »

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La visite officielle de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentant-es des États-Unis, à Taïwan, ce 2 août, se voulait une bravade ; elle s'avère une provocation inconséquente dans une situation mondiale déjà particulièrement dangereuse.

La situation de Taïwan est le fruit d'un statu quo international sous égide des Nations unies, devenu indispensable à la baisse des tensions régionales, qui a demandé plusieurs décennies pour exister ; il a clos les chapitres d'une histoire douloureuse d'affrontements politiques et de guerres, et il est fragile. Lourd d'enjeux politiques, stratégiques et économiques, le sort de Taïwan ne devrait en aucun cas être instrumentalisé.

Même si Joe Biden lui-même a jugé le moment inapproprié, la tournée asiatique de Mme Pelosi s'inscrit dans une stratégie de la Maison-Blanche de confrontation délibérée avec la Chine.

Faire le choix d'envenimer les relations entre Taïwan et Beijing, pour « voir si cette dernière bluffe » ainsi que le déclare un représentant taïwanais dans la presse, c'est faire le pari du pire et ouvrir la voie à une escalade militaire qui n'augure rien de bon pour aucun des peuples de la région Asie-Pacifique.

La remise en cause, par des démonstrations de force ou des menaces, du principe d' « une seule Chine » (la République populaire de Chine proclamée en 1949) reconnu par l'ONU, y compris les États-Unis, alimente des processus de déstabilisation régionale dont nul ne saurait maîtriser les conséquences ni les répercussions internationales.

Ce qui doit primer c'est l'intérêt commun aux peuples et États de la région de garantir une coexistence pacifique. C'est le parti que doit prendre la France pour qu'en Asie-Pacifique, comme en Europe, émerge un cadre inclusif de coopération et de sécurité collective, promouvant le désarmement et la dénucléarisation ainsi que le respect universel des droits humains, politiques et sociaux.


Parti communiste français
Paris, le 4 août 2022