Société publié le 10/10/2018

Le scandale de l’optimisation fiscale d’Airbnb doit cesser (Ian Brossat)

Challenges vient de révéler que la multinationale californienne Airbnb n’a payé que 161 330 euros
d'impôts en France en 2017. Alors que l’entreprise se vante elle-même de brasser des milliards (elle
représente environ 30 milliards de valorisation boursière et dit avoir « reversé » 6,5 milliards d’euros à
l’économie française l’année dernière), sa feuille d’impôt s’avère une nouvelle fois dérisoire.


Ce tour de passe-passe fiscal est rendu possible par le circuit de facturation de la firme, qui passe par
l’Irlande où les taux d’imposition sur les sociétés sont trois fois inférieurs aux taux français. Ainsi, alors
que le chiffre d’affaire français de l’entreprise est estimé à plus de 120 millions d’euros, sa filiale
hexagonale ne déclare au fisc qu’une somme quinze fois inférieure. Le manque à gagner pour le fisc
français est au minimum de deux millions d’euros.


Le scandale de l’optimisation fiscale d’Airbnb doit cesser. Pénurie de logement, accroissement de la
spéculation immobilière, nuisances, dévitalisation de certains quartiers : le développement de ces
plateformes de location de courte durée génère un impact négatif sur nos villes et nos territoires. Mais au
lieu de chercher à solutionner ces problèmes, ces mêmes acteurs s’emploient au contraire à contourner et
contester leurs obligations règlementaires et fiscales.


L’existence de paradis fiscaux au sein même de l’Union Européenne génère des pertes considérables pour
les deniers publics, payées par les peuples européens. En France comme en Europe, s’agissant d’Airbnb
comme des autres multinationales, il faut en finir avec cette situation.


Comme chef de file du PCF aux élections européennes, je propose d’interdire le dumping fiscal et
l’implantation de filiales de facturation hors du pays de réalisation de l’activité. Tout bénéfice réalisé dans
un pays membre doit donner lieu au versement de l’impôt dans ce même pays. Les rentrées fiscales ainsi
obtenues pourraient permettre de financer des services publics et du logement social afin de maintenir les
couches populaires et moyennes dans les métropoles touristiques.


Ian Brossat, chef de file du PCF aux élections européennes,
Paris, le 10 octobre 2018.

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