Publié le 19/10/2018 par PCF

Espace Niemeyer :
Le siège du Parti communiste français

Lorsque Oscar Niemeyer fuit le Brésil à la suite du coup d’état militaire au milieu des années 60, c’est en France qu’il se rend où il est rapidement accueilli par ses camarades architectes et membres du Parti communiste français.

A cette même période la direction du PCF souhaite rassembler ses locaux dans un nouveau siège qui devra incarner ses ambitions politiques. Depuis le comité central d’Argenteuil, le PCF accorde une place tout à fait originale aux questions culturelles et artistiques. Le Parti de Louis Aragon, de Paul Eluard ou encore de Picasso insiste sur la capacité des artistes à dépasser l’état des choses présente dans leur travail de création. Il reconnaît ainsi en Oscar Niemeyer cette capacité d’émancipation dans son architecture. Oscar Niemeyer lui même considère que « l’architecture est une question secondaire [et qu’elle] doit être guidée par la lutte politique ».
Auréolé de la création de Brasilia, le choix d’Oscar Niemeyer s’impose donc très vite pour la construction du nouveau Siège du Parti communiste français. 

La construction débute en 1968 pour la première tranche qui comprend l’immeuble de 6 étages, la tour technique, la partie du hall plan, une partie du 1er sous-sol et les 2 niveaux de parking en sous-sol. Les travaux s’arrêtent en 1971.
La 2ème tranche se fera plus tard, entre 1978 et 1980. Entre temps subsiste sur la parcelle un vieil immeuble insalubre et ce délai permet au PCF d’animer une importante souscription cruciale pour l’achèvement du programme. Cette deuxième tranche est composée du Hall en pente, d’une partie du 1er sous-sol, de la coupole et de l’esplanade d’entrée.
Le bâtiment repose sur 5 antipilotis, mesure un peu plus de 26m de haut, 67m de long et 11,5m de large. Le 6e étage qui accueillait le restaurant a aujourd’hui été transformé en étage de bureaux.

On retrouve dans ce bâtiment les 5 principes de l’architecture moderne décrits par LE CORBUSIER :
• utilisation de nouveaux matériaux de construction : béton, verre, acier, céramique ;
• le pilotis pour élever le bâtiment et libérer les espaces au sol ;
• le plateau plan libre, les niveaux sont libérer des équipements techniques et circulations ;
• la façade libre, le mur rideau (en verre) a été conçu par Jean Prouvé ;
• la terrasse-jardin (toit terrasse où l’on dissimule les parties techniques).

Le hall doit être perçu comme une promenade architecturale. Les courbes de béton (voiles) ainsi que les autres éléments de béton (escalier, tour technique...) créent des espaces différents visibles uniquement si l’on se déplace dans ce hall. Ces espaces distincts ne sont pas fermés et restent ouverts vers les autres. La continuité de ce hall est fluide. L’éclairage périmétrique ou ponctuel est semblable à un sous-bois (allée clairière).
Deux puits de lumière, sous le bâtiment et le long de la coupole permettent de donner un coté vivant à cet espace enterré. Les ombres diffèrent selon l’heure de la journée. Les courbes de son plancher rappellent celles de l’esplanade. Tous ces éléments permettent de dire que l’architecture de Niemeyer est sensuelle.
La coupole, dôme de béton de base conique se termine par une calotte sphérique représentant le ventre fécond d’une mère. Les lamelles d’aluminium ionisé assurent à cette salle une décoration et une très belle acoustique par des pièges à son ainsi qu’un éclairage diffus. Cette salle comprend 250 places assises et sa capacité peut augmenter à 300. Le mobilier est dessiné par Niemeyer. Son rayon est de 11m et sa hauteur d’environ 11m également.

Le siège est classé dans son intégralité au titre du patrimoine national depuis le 26 mars 2007.

Oscar Ribeiro De Almeida Soares Niemeyer


Né en 1907 à Lanjareijas au Brésil, il entre à l’école nationale des Beaux-arts du Brésil en 1929 et obtient son diplôme en 1935.
Il devient en même temps l’élève de Lucio Costa : architecte et directeur de l’école nationale des Beaux-Arts. En 1936, Lucio Costa et Le Corbusier sont chargés de réaliser le ministère de l’éducation et de la santé du Brésil avec comme disciple Oscar Niemeyer.

Au début des années 40, Niemeyer alors membre du Parti communiste brésilien, fait la rencontre de Juscelino Kubtschek, homme politique de progrès et maire de Belo Horizonte. En 1942, Kubitschek demande à Niemeyer de construire le complexe de Pampulha dans la banlieue de Belo Horizonte dont l’église St François d’Assise, le restaurant, le Yacht Club, le tennis club et le casino. Devenu président de la République du Brésil en 1955, Kubitschek décide de confier la construction de la nouvelle capitale Brasilia à Lucio Costa pour la réalisation de l’urbanisme et à Oscar Niemeyer pour l’édification des bâtiment d’Etat dont le palais présidentiel, les deux tours de l’exécutif, les deux coupoles du sénat et de l’assemblée nationale, les ministères, la cathédrale, le superquadra (quartier d’habitations)...

En 1964, la dictature militaire au Brésil l’exile à Paris.

Il rencontre Jean Nicolas (architecte français communiste) en 1965 qui le présente à Georges Gosnat (responsable de l’administration du Comité Central).

Georges GOSNAT : « le projet d’un nouveau siège remonte à de nombreuses années. De son vivant Maurice Thorez s’en est entretenu souvent avec moi et je précise même qu’il souhaitait beaucoup voir édifier ce siège à Mathurin Moreau qui est un des hauts lieux du mouvement ouvrier français et international. L’entreprise nous paraissait toutefois ardue et coûteuse, ce qui explique les hésitations dont nous avons souvent fait preuve pendant longtemps. Mais les choses se sont brusquement transformées lorsque Jean Nicolas me présenta à Oscar Niemeyer. Avec lui tout devenait simple, sinon bon marché, encore que notre ami nous offrait bénévolement son concours ». 1971, la nouvelle critique.


La décision de confier la construction du nouveau siège à Oscar Niemeyer se fait en juin 1966.

Oscar Niemeyer nous a quitté le 5 décembre 2012.

 

 

Photo : @Jérémy Léon / SICC

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