Échange sur les classes sociales

Publié le 27 mai 2026

Les textes proposés pour le congrès appellent tous les communistes à réfléchir sur une notion centrale dans la pensée et la pratique communistes, celle de classes sociales. La section de Vaulx-en-Velin, la commission culture du Rhône et la JC ont, pour toutes ces raisons, organisé une rencontre, en s’appuyant sur les articles des n° 41-42 de Cause Commune, consacrés à l’évolution des classes sociales. La salle de réunion du siège était pleine et il y avait des adhérents de tous les âges et de toutes les catégories sociales.

Plusieurs moments se sont succédé : témoignages de salariés (intérimaires, travailleurs de zones industrielles et artisanales, intermittents du spectacle, étudiants), présentation d’articles de la revue et débats.

Une question est souvent agitée lors de la préparation du congrès: faut-il conserver le terme de « classe ouvrière » ou parler de « classes populaires », ou encore de « salariat » ? Ni querelle de mots, ni postures, derrière les mots il y a les notions, et il y aussi les usages courants. Rappelons le couple prolétariat / classe bourgeoise capitaliste et le concept d’exploitation. Ces intérêts de classes sont inconciliables, le capitaliste accapare des richesses produites par le prolétariat. Les expressions « classes populaires », « salariat » intègrent-elles bien ces deux fondamentaux ? Il est normal de chercher les intérêts et limites des divers termes.


On s’est appesanti aussi sur le redéploiement international du capitalisme. La désindustrialisation, les délocalisations ont transporté l’exploitation, plus sauvagement, dans des pays pauvres ; comment alors articuler la lutte des classes aux échelles nationale et internationale ?

Les évolutions récentes : révolution informationnelle ; ingénieurs de production ; apparition de l’IA ; politique offensive du patronat contre une classe ouvrière considérablement affaiblie (en nombre et en possibilité de syndicalisation) ; multiplication des activités de service, soignants, enseignants et des couches intermédiaires : celles-ci peuvent-elles intégrer une classe « travailleuse » en tant qu’exploitées ou seulement devenir des alliées ?

D’où la discussion finale concrète : comment peut-on s’y prendre et s’y prend-on dans le monde du travail, trop souvent oublié ou laissé à l’abandon, dans les ZI, les centres commerciaux et les plateformes, pour toucher les travailleurs ? Il y a eu un débat, en particulier, grâce à l’expérience de la cellule inter-entreprises créée à Vaulx-en-Velin il y a deux ans.

Le sujet n’est pas épuisé. Il est impératif de dépasser la routine, les discours tout faits, de réfléchir et de s’en donner le temps.

Pierre Crepel, Jonathan Juillard, Claude Rosenblatt

Article publié dans CommunisteS, numéro 1088 du 27 mai 2026.