Synthèse d’un débat de la section de l’Auxerrois

Publié le 27 mai 2026

Plusieurs textes décrivent une phase de durcissement autoritaire et impérialiste. La contribution de la section de l’Auxerrois évoque ainsi « l’avènement d’un capitalisme total, sans contre‑pouvoirs », tandis que la contribution collective autour de Marie-Christine Burricand alerte sur « la marche vers la guerre mondiale impérialiste ».

Dans ce contexte, beaucoup de contributions appellent le PCF à réaffirmer clairement sa visée révolutionnaire. Nicole Grenier Mérico estime ainsi que le congrès doit être « placé clairement dans la perspective d’un changement révolutionnaire » et appelle à « mettre fin à l’idée sociale‑démocrate de l’humanisation possible du capitalisme ». Plusieurs auteurs insistent sur la nécessité de remettre au centre les questions de propriété, de souveraineté populaire, de maîtrise publique des secteurs stratégiques et de pouvoir du monde du travail.

La question des classes sociales et du rapport au travail traverse largement les textes. Xavier Dubois rappelle que « la société demeure structurée par une opposition fondamentale entre une classe dominante restreinte [...] et une majorité de travailleurs contrainte de vendre sa force de travail ». Imanol Tronche défend quant à lui « une lecture claire de la société, fondée sur l’antagonisme de classe » et sur l’universalisme républicain.

Plusieurs contributions s’interrogent également sur les difficultés du Parti à retrouver une influence populaire durable. Le vieillissement militant, l’essoufflement de certaines formes d’organisation et le décalage entre l’activité militante réelle et les résultats électoraux sont régulièrement évoqués. Stéphane Haar appelle ainsi à passer « d’une logique d’activité à une logique d’impact et d’influence » et à mieux investir les nouveaux espaces médiatiques et numériques.

La question du rassemblement à gauche constitue l’un des principaux sujets de divergence. Certains auteurs défendent une plus grande autonomie du PCF face à la social‑démocratie comme à La France insoumise. Geofrey Debailleux critique des alliances qui « nous tirent désormais plus du côté d’une social‑démocratie de gestion que de la gauche de rupture ». D’autres, au contraire, considèrent que le contexte impose une stratégie de rassemblement plus affirmée. Pauline Thomas estime ainsi que « face à la montée de l’extrême droite, nous n’avons pas le luxe de la division ».

Les contributions accordent également une place importante au rôle des élus communistes et des collectivités locales. Nathan Goyer présente les communes comme des « laboratoires d’idées révolutionnaires », capables de porter des politiques publiques de solidarité, de gratuité, de gestion publique ou de démocratie locale.

Plusieurs textes développent aussi des propositions concrètes articulant justice sociale et transition écologique. Pauline Thomas défend notamment l’idée d’une sécurité sociale de l’alimentation fondée sur un « droit universel » garanti collectivement. D’autres contributions questionnent la stratégie énergétique nationale et le développement de nouveaux EPR, au nom des enjeux écologiques, démocratiques et de souveraineté.

Enfin, de nombreuses contributions expriment une inquiétude forte face à l’affaiblissement du lien entre le Parti et les catégories populaires. Les reculs électoraux dans certains bastions historiques, l’abstention et la progression du Rassemblement national sont analysés comme des signaux d’alerte majeurs. Louis Mazuy souligne ainsi que le PCF « n’est plus considéré comme un repère majeur du changement de société auquel se réfèrent les jeunes, le monde du travail et les milieux populaires ».

Dans leur diversité, ces contributions traduisent une même volonté : redonner au Parti communiste français une utilité politique, populaire et idéologique, dans une période de crise profonde et de recomposition du paysage politique français et international.

Robin Salecroix
Commission de Transparence des débats

Article publié dans CommunisteS, numéro 1088 du 27 mai 2026.