Publié le 21/10/2020 par PCF

“Il est difficile d’avoir 20 ans en 2020”

Face à l’arrivée d’une deuxième vague de Covid-19, le président de la République a accordé un entretien télévisé hier soir afin d’annoncer de nouvelles mesures pour freiner la pandémie.

Emmanuel Macron a mentionné une possible saturation des lits en réanimation et la difficulté du personnel soignant à répondre à l’afflux croissant de patient·e·s hospitalisé·e·s à cause du virus.

Le Président de la République a une nouvelle fois fait mine de découvrir la situation alarmante dans laquelle se trouve l'hôpital public. Pourtant, lors du confinement, Emmanuel Macron avait annoncé sa volonté de doter l’hôpital public de moyens suffisants pour faire face à une possible seconde vague. Six mois après ce discours, aucun investissement n’a été fait et la situation a empiré. Le manque de personnel soignant, soumis à rude épreuve, est toujours une réalité et le déficit de places en réanimation se fait cruellement ressentir. Malgré les annonces du gouvernement au sortir de la première vague la situation n’a en rien été améliorée.

L’exécutif a fait le choix de mettre en place un couvre-feu dans les huit grandes métropoles les plus touchées par le virus afin de freiner la pandémie. Pourtant, la majorité des clusters identifiés aujourd’hui se trouvent sur le lieu de travail et dans l’enceinte scolaire. De plus, la majorité des contaminé·e·s se situe en dehors de tout cluster. Le couvre-feu semble donc entrer en contradiction avec l’absence de mesures concrètes pour freiner la propagation du virus et réduire le nombre de clusters.

L’exécutif est responsable de l’ampleur de cette crise sanitaire. Le télétravail n’a pas été développé, les classes n’ont pas été dédoublées à la rentrée, l’offre de moyens de transports en commun sur le territoire n’a pas été augmentée, les masques n’ont pas été fournis gratuitement à la population...

Emmanuel Macron a également évoqué la situation des jeunes. “Il n’est pas facile d’avoir 20 ans en l’an 2020”. En effet, il n’est pas facile d’être jeune aujourd’hui. En plus des restrictions sociales à cause de la crise sanitaire, s’ajoute une crise économique sans précédent qui touche de plein fouet les jeunes.

La nouvelle génération est aujourd’hui la première victime de la crise économique. Montée du chômage, hausse de la précarité, recours plus important aux aides alimentaires, l’avenir des jeunes s’annonce bien sombre.

Interpellé sur l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans, Emmanuel Macron rejette cette mesure, préférant accorder une aide exceptionnelle de 150 euros aux bénéficiaires actuel du RSA et ceux touchant les APL, expliquant que “si on augmente tous nos minima sociaux… on rend difficile le retour à l’activité”.

Non, les jeunes n’ont pas besoin d’une aide exceptionnelle de 100 euros pour une durée limitée et sous conditions, ni de plus de contrats précaires de 3 mois (le plan Castex). Ce dont nous avons besoin, c’est d’un réel filet de sécurité accessible à toutes et tous, pour répondre à l’urgence de la situation, pour rebondir et se projeter, pour ne pas rendre notre avenir plus opaque qu’il ne l’est déjà. Ce qui rend difficile le retour à l’activité, c’est d’enchaîner des périodes d’inactivité dans une misère totale et des contrats précaires à durée limitée payés en dessous du SMIC.

Face à la montée du chômage pour les jeunes, l’exécutif a mis en place un plan d’urgence. Ce “plan pour les jeunes” prévoit l’ouverture de 100 000 services civiques et des primes aux entreprises pour de simples CDD de trois mois. Jean Castex offre comme seule perspective pour les jeunes une succession de petits boulots payés une misère.

S’il est en effet difficile d’avoir 20 ans en 2020, cela ne relève pas uniquement de la crise sanitaire. La situation économique, le peu de perspectives proposées par le gouvernement et la précarité plongent des millions de jeunes dans l'incertitude.

Le MJCF demande l’ouverture du RSA pour les moins de 25 ans, comme filet de sécurité pour éviter qu'un trop grand nombre de jeunes ne tombent dans la grande précarité.

Le MJCF demande une sécurisation des parcours. Il faut mettre fin aux contrats précaires, le CDI et la titularisation doivent devenir la norme et nous devons interdire toute rémunération en dessous du SMIC.

Alors que la fonction publique, à commencer par le secteur de la santé, pâtit du manque de personnel, des millions de jeunes se retrouvent sans formation ni emploi. Le MJCF demande un investissement massif dans le service public pour recruter et former des agents afin d'offrir à toutes et tous un service public répondant aux besoins de la population.

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

 

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