Publié le 23/03/2022 par PCF

À Valenciennes Fabien Roussel joue à domicile

Pas loin de 1 200 participants au meeting de Fabien Roussel à la Cité des Congrès de Valenciennes, mardi 15 mars. Ambiance top sur discours rafraîchissant et revigorant.

Pour chauffer la salle : Raoul Hedebouw. Le président du Parti du travail de Belgique (PTB) était venu en voisin, là où Fabien Roussel jouait à domicile. Rendant un hommage appuyé et tout en humour au candidat à la présidentielle, il n’a pas hésité à établir un parallèle entre la « bonne bouffe de qualité » française et son pays. Evoquant le remous provoqué par l’épisode « viande, fromage et bon vin », il s’est amusé : « Je n’ai jamais vu ça ! Chez moi, quand je dis que j’aime les frites, personne ne me le reproche ! A ce propos, n’oublions pas d’aller boire une bière tout à l’heure ! »

Mais l’entrée en matière du communiste belge portait aussi sur les dossiers qu’il défend et qui sont les mêmes ici : les retraites, le pouvoir d’achat, etc. Fabien Roussel pouvait enchaîner avec allégresse pour démontrer que notre pays, riche de sa culture et de son économie, a toutes les cartes pour assurer le bonheur de sa population. Sauf que, rappelle-t-il, nombreux sont les Français, démunis, pour qui les sorties, les restaurants, les petits plaisirs de la vie et le simple fait de se chauffer sont devenus quasi inaccessibles. Alors, il annonce la couleur : « Nous allons baisser les taxes sur les produits de première nécessité, et rétablir l’impôt sur la fortune. Il faut taxer les profits à la source, et avant leur départ vers des paradis fiscaux. » Total Energie – 16 milliards d’euros de profits en 2021 et 7 milliards de dividendes pour ses actionnaires – n’échappe pas à la démonstration. « S’ils osent faire de même en 2022, en période de guerre, je prends tout, et tout de suite ! ».

La préoccupation du candidat communiste porte sur la dignité qu’il faut redonner aux salariés et aux retraités. Il le dit, pas question de vaines promesses sans garantir les recettes qui permettront de les mettre en œuvre. « Notre priorité c’est la France du travail… du travail correctement rémunéré… », insiste-t-il en énumérant les principales mesures qu’il entend imposer. À commencer par le Smic à 1 900 € brut (1 500 € net) et ce sans réduction des charges sociales. Il poursuit : « L’égalité des salaires des hommes et des femmes c’est pour tout de suite, et pas dans 5 ans : c’est une question de justice. » Il veut un vaste plan de création d’emplois (500 000) dans les services publics. Il salue à ce titre les métiers essentiels dont la France a tant besoin : infirmier·e·s, travailleurs sociaux, enseignants, aides maternelles, aides à domicile, etc. Pour le candidat communiste, « une infirmière c’est essentiel, un trader ça ne sert à rien ! »

Sur le thème Police / Justice, Fabien Roussel assume : « Oui, j’ai manifesté aux côtés des policiers… qui en ont marre de laisser filer les délinquants faute de moyens et d’effectifs. » Et le recrutement de 30 000 policiers formés et dédiés à une vraie police de proximité est indispensable. Côté justice même constat : moins de 70 € de budget par habitant, une misère face aux budgets dédiés dans les autres pays européens ! « Il faut une justice au service du peuple et une police pourvue de vrais moyens pour rétablir l’esprit de la République. » Et puis, bien-sûr, il faut réindustrialiser le pays, relocaliser les entreprises, faire travailler les Français et les PME/TPE, aider l’agriculture, relancer la formation et plus généralement reprendre le pouvoir sur les outils de travail. Reprendre la main sur l’économie, c’est la politique à mener pour un retour à la justice sociale… et aux jours heureux !

Au sein de l’auditorium Watteau de la Cité des Congrès, l’ambiance est à son comble. Après le meeting, autour d’une bière (c’était promis) les cœurs se lâchent. « C’est un gars du coin, il est comme nous ! », estime ce peintre en bâtiment. « Demain, je vais aller convaincre dans les quartiers et dans mon club de foot », affirme ce fonctionnaire. Parce que le 10 avril, il ne faut pas se tromper de bulletin !

Philippe Allienne