Publié le 02/04/2021 par PCF

Confirmation de l'acquittement de Laurent Gbagbo : un pas important vers la réconciliation nationale en Côte d'Ivoire (PCF)

Le Parti communiste français exprime sa réelle satisfaction de la libération définitive de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et de son ministre Charles Blé Goudé. Acquittés par la Cour Pénale Internationale (CPI) en janvier 2019, ils étaient en attente d'un jugement de la cour d'appel. Leur libération provisoire, avec des conditions très strictes, dans l'attente de cet appel, a constitué un précédent très critiqué. L'acquittement suivi des restrictions drastiques de liberté sont apparues en contradiction avec toutes les normes juridiques jusqu'ici admises. Rappelons également que ce procès pour crimes contre l'humanité a commencé fin 2011.

Les deux hommes politiques ont été détenus pendant plus de sept ans.

Ainsi, la CPI dépasse en matière de détention provisoire les normes admises par la Cour européenne des droits de l'homme et de très nombreuses juridictions nationales. Il sera sans doute nécessaire que les textes régissant la CPI soient réformés.

Sur le fond, ce procès pose de lourdes interrogations car, durant ces longues années, aucun des 82 témoins à charge n'a pu étayer en quoi que ce soit les chefs d'accusation envers les deux hommes politiques. Nombre d'entre eux ont même témoigné en leur faveur.


Ainsi se termine une procédure initiée sous l'influence du pouvoir français de Nicolas Sarkozy en vue de consolider le pouvoir d'Alassane Ouattara qu'il venait d'installer, avec l'aide de l'armée française, à la suite d'un différend électoral qui aurait pu être résolu par un recomptage ou une reprise du scrutin. Parallèlement, ni la justice ivoirienne, ni la justice internationale n'ont à ce jour traité juridiquement les massacres commis par les « rebelles » sous l'autorité de ce même Ouattara. Pire encore : ceux qui y sont impliqués ont été promus au sein du pouvoir d'État. Cette situation n'est pas tenable et des mécanismes qui traitent leurs cas seront nécessaires pour une véritable réconciliation nationale. L'ancien Président français devrait lui aussi répondre, devant la juridiction adéquate, des actes ayant eu des conséquences dramatiques pour le peuple ivoirien, et ce, parallèlement aux autres instructions judiciaires le concernant.


La libération de Laurent Gbagbo intervient dans un contexte politique fragile. En effet Alassane Ouattara a imposé un troisième mandat inconstitutionnel avec le soutien du pouvoir français actuel.

 

La France doit à présent, plutôt que de continuer à soutenir un régime illégitime, reconnaître au plus vite la responsabilité de ses gouvernements successifs dans la situation de chaos où ont été plongées la Côte-d’Ivoire et sa population.


La mobilisation au long cours du peuple ivoirien l'a contraint à lâcher du lest, permettant malgré un découpage électoral inique et des fraudes, l'élection pour la première fois depuis 2011 de parlementaires d'opposition. Dorénavant, le retour de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire devrait permettre cette réconciliation nationale, sortir le pays de l'impasse et ouvrir des perspectives de progrès pour le peuple ivoirien.


Parti communiste français,