Publié le 10/03/2022 par PCF

Cadeau empoisonné : Macron veut supprimer la redevance qui finance le service public

Le candidat président Emmanuel Macron a dégainé son pistolet ultra-libéral en annonçant parmi ses premières mesures son intention de supprimer la redevance audiovisuelle s'il était réélu pour un deuxième mandat. Plutôt que d’augmenter le SMIC et les salaires, de baisser la TVA, impôt le plus injuste sur la consommation, et de s’occuper réellement du pouvoir d’achat des familles, Macron s’en prend donc encore une fois au financement du service public.

S'il était partisan de la justice fiscale, cela se saurait : cette mesure n'est qu'une proposition démagogique qui, comme en Grande Bretagne vis-à-vis de la BBC, vise à tuer le service public de l'audiovisuel comme tous les autres services publics. Il reprend ainsi les appels de Valérie Pécresse, Eric Zemmour ou Marine Le Pen à la privatisation totale des médias. N'est-ce pas le même Emmanuel Macron qui affirmait que le service public était "la honte de la République" ?

Cette annonce du candidat président tombe symboliquement au moment où les régimes les plus autoritaires censurent leurs médias – de la Russie à la Hongrie, de la Pologne à la Turquie, etc. – mettent le service public à leurs bottes, tentent de transformer leurs journalistes en propagandistes. Elle intervient alors que les grandes concentrations se poursuivent et que nombre de médias sont aux mains de grands propriétaires financiers. L'information est une donnée essentielle à la vie démocratique ; la création doit pouvoir être encouragée et diffusée. Nos consciences et nos imaginaires méritent du soin et nécessitent des outils publics permettant de contrecarrer les tentations de la marchandisation et de l'instrumentalisation.

C'est pourquoi nous défendons un service public de qualité avec ses personnels qualifiés face aux concentrations des médias sous la houlette d'oligarques, et notamment face aux chaînes ultra-conservatrices qui font la promotion de récidivistes condamnés pour injures racistes. Il y a besoin d'un service public puissant, libre et démocratique dans le paysage audiovisuel.

Il y a urgence à dénoncer cette campagne de diabolisation de l'audiovisuel public et de mettre dans la campagne l'idée d'une sanctuarisation de son budget et de renforcer sa capacité d'action à l'heure où la finance investit massivement dans le secteur, avec des offres audiovisuelles payantes et de plus en plus juteuses.

Pour un vrai service public au service de tous. Informer, divertir, cultiver, un triptyque à mettre en œuvre plus que jamais.