Publié le 07/04/2021 par PCF

Hôpital Paris-Nord – Pour la rénovation de Bichat et Beaujon

Le projet de campus Hôpital Grand Paris Nord prévoit, en pleine pandémie, la fusion de deux grands CHU, Bichat et Beaujon, dans un nouvel hôpital qui doit être construit à St-Ouen, en centre-ville. Bichat et Beaujon comptent actuellement 1 049 lits, le projet d’Hôpital Grand Paris Nord en compte 744. Ainsi la suppression de lits programmée serait donc de 305, soit 30 %.

Pour justifier cela l’APHP suppose : - Une diminution de la durée d’hospitalisation de 30 % par rapport à la moyenne nationale sans aucune justification médicale ou organisationnelle ; - Un taux d’occupation des lits de 95 %, alors même qu’au-delà de 85 % de taux d’occupation, il n’est plus possible d’accueillir les patient·e·s non programmé·e·s.

Alors qu’aujourd’hui, Bichat et Beaujon n’arrivent pas à prendre en charge 1 patient sur 3 qui consultent aux urgences, ce raisonnement semble irréaliste.

Le territoire où devrait être implanté ce futur hôpital est déjà déficitaire en nombre de lits d’hospitalisation, mais aussi en médecins généralistes, spécialistes et en professions paramédicales par rapport à la moyenne de l’Île-de-France. Les conséquences de ces inégalités sont lourdes. Les habitant·e·s de la Seine-Saint-Denis ont été victimes d’une surmortalité, la plus importante de France, pendant la première vague de la Covid-19. De plus, les projections prévoient une augmentation de la population dans cette zone d’au moins 10 % d’ici à 2030. À ceci s’ajoutent la disparition de l’usine PSA et de son patrimoine architectural et la création d’un hôpital de très grande taille qui vont aggraver le quotidien des riverains, l’accueil des usagers et les conditions de travail des personnels.

Face à cette situation, nous avons créé localement un collectif réunissant forces politiques, associations locales, citoyen·ne·s et soignants afin d’élaborer ensemble un projet alternatif à l’APHP. Dans le même temps, à l’aide des élus communistes de Seine-Saint-Denis, Paris et des Hauts-de-Seine, nous avons interpellé les maires des communes directement concernées. Après une présentation de notre nouveau cahier des charges pour ce projet, 3 vœux municipaux ont demandé la suspension du projet le temps d’une étude plus poussé des projets alternatifs. Dans le même temps, la mairie de Paris et le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis ont fait valoir auprès de M. Hirsch la nécessité que ce projet se réalise sans perte de lits hospitaliers.

Malgré les interpellations, des pétitions et paroles d’élus s’élevant contre ce projet, Martin Hirsch fait avancer ce projet à marche forcée, au détriment de la démocratie.

Pour poursuivre la mobilisation, le 22 mars dernier s’est créé un comité de défense des hôpitaux Bichat et Beaujon exigeant la rénovation de ces hôpitaux et faisant apparaître la nécessité d’un nouvel hôpital en Seine-Saint-Denis. Ce comité de défense, qui réunit syndicalistes, élus et riverains, a, le 1er avril, appelé à un grand rassemblement devant Bichat qui a permis l’expression du soutien de nombreuses personnalités de gauche ainsi que d’autres collectifs en lutte avec des représentants de l’Odéon.

Il nous faut poursuivre les actions locales pour informer la population, et dans le même temps travailler à une coordination des luttes sur les questions de santé. De nombreux hôpitaux sont également victimes de restructurations, et Martin Hirsch découpe les situations, évitant ainsi toute discussion plus globale sur le devenir des hôpitaux publics en France. Nous avons besoin de mettre en commun nos énergies sur cette question, afin de nous adresser ensemble à M. Hirsch et Emmanuel Macron et faire entendre notre revendication pour sortir la santé de la loi du marché.

Emmanuel Macron, en mars 2020, déclarait : « La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour prendre en charge les malades. Quoi qu’il en coûte ! » Prenons-le au mot.

Emilie Lecroq, membre du CEN.

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