Publié le 23/09/2020 par PCF

Large rassemblement Entretien avec Jérémy Bacchi, secrétaire départemental des Bouches-du-Rhône, candidat aux élections sénatoriales, à la tête d’une liste de large union.

Pourquoi a-t-il été possible d’aboutir à un large rassemblement avec le Printemps marseillais lors des municipales, ou avec votre liste lors des sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône ?

J’estime que plusieurs facteurs expliquent ce résultat. D’abord, je veux citer le traumatisme des effondrements de la rue d’Aubagne le 5 novembre 2018 qui ont entraîné la mort de 8 Marseillais. Symbole de l’incurie de la municipalité Gaudin et de l’abandon des populations fragiles aux marchands de sommeil.

Cet événement a profondément marqué la population et rappelé aux forces progressistes l’immense responsabilité qui pesait sur elles pour construire une alternative à 25 années de droite. Ensuite, à Marseille, pour des raisons historiques aucune force n’était plus hégémonique à gauche, ce qui a ouvert la voie à un rassemblement riche de sa diversité et respectueux de chacune de ses composantes. Enfin, l’émergence d’un fort mouvement citoyen avec une exigence d’implication et de réussite a permis de donner une cohérence forte au rassemblement.
Dans ce contexte, les communistes ont lancé un appel au rassemblement dès avril 2019. Ils ont ensuite participé à toutes les initiatives visant à faire aboutir ce qui est devenu le Printemps marseillais. J’ajoute que dans le reste du département, de larges rassemblements sont pratiqués depuis longtemps dans les municipalités à direction communiste.

Vous étiez tête de liste du Printemps marseillais dans les 13e et 14e arrondissements, un secteur municipal gagné par l’extrême droite en 2014 à la faveur d’une triangulaire. Vous avez fait le choix de vous retirer, un choix critiqué par certains. Avec le recul, le referiez-vous ?
Ce choix a été douloureux, pour mes colistiers et pour moi-même ; nous l’avons pris à l’unanimité des autres têtes de liste du Printemps marseillais et à la grande majorité de mes colistiers avec une idée en tête : barrer la route à l’extrême droite qui a fait tant de mal pendant 6 ans aux habitants de ces arrondissements dans lesquels je vis. La responsabilité de ceux qui ont divisé la gauche dans ce secteur qui était dirigé par le RN est lourde, mais une fois le constat posé, il nous fallait décider.
Je suis communiste, j’appartiens à une famille qui sait ce que la résistance signifie. L’extrême droite est un ennemi mortel. Qui à gauche pourrait se regarder dans la glace en assumant de vouloir grappiller quelques strapontins en la faisant gagner ?
Si c’était à refaire, je le referai d’autant plus que nos deux objectifs ont été atteints : battre le RN dans les 13e et 14e et faire gagner le Printemps marseillais à l’échelle de la ville, sans rien renier de nos valeurs.

Le projet de loi du gouvernement dit « 3D » pour décentralisation, différenciation et déconcentration a été au cœur des débats de la campagne des sénatoriales. Quel regard portez-vous sur lui ?
Il est lourd de menaces pour nos communes. Après avoir des années durant, asséché les ressources des communes, contraint l’action des élus et accéléré la désertion des services publics, le pouvoir central veut désormais « différencier » les territoires pour mieux les mettre en concurrence les uns avec les autres, faisant ainsi éclater le cadre républicain. C’est l’aboutissement d’une conception libérale de la décentralisation, à mes yeux incompatible avec les principes fondateurs de la République. Avec mon groupe à la Haute Assemblée, nous agirons pour redonner sens à la devise inscrite aux frontons de nos mairies : Liberté, Égalité, Fraternité. Libertés communales, Égalité des territoires, Fraternité des populations.


Entretien réalisé par Léo Purguette