International CommunisteS Publié le 06/05/2020 par PCF

Les solidarités entre les peuples et les nations contre l’européisme libéral

La construction capitaliste de l’Union européenne peut se disloquer. Les conseils européens des chefs d’État et de gouvernement sont plus catastrophiques les uns que les autres. Ce qui est actuellement sur la table, à savoir les conclusions de cette instance dite «informelle» qu’est l’Eurogroupe du 9 avril, conduit à l’augmentation de la dette des États et à leur exposition aux dramatiques «ajustements» néolibéraux qui sont justement à l’origine de la crise des systèmes de santé publics. Les critiques des gouvernements espagnol, portugais et italien sont tout à fait justifiées.

L’ampleur de la crise du capitalisme et de ses conséquences sociales appelle à d’autres solidarités entre peuples et nations d’Europe. Elles sont possibles et nécessaires. Je me contenterai de l’illustrer par quatre propositions.

Une proposition immédiate, que le PCF porte depuis longtemps et que le PGE a reprise: la redirection des moyens et efforts financiers de la BCE vers l’investissement pour les services publics et l’emploi. La pétition initiée par Frédéric Boccara et Paolo Ferrero, vice-président du PGE, «L’argent de la BCE pour la santé, pas pour le capital», interpellant la commission européenne doit être popularisée. Cette mesure n’est pas seulement une action urgente, mais elle ouvre une brèche sérieuse dans l’économie politique monétariste de l’euro.

D’autre part, la crise de la mondialisation capitaliste et la nécessité de défendre l’emploi soulignent la nécessité de porter l’exigence des relocalisations des industries stratégiques sur le sol européen. Elles ne seront durables que si elles sont complétées de mesures efficaces de lutte contre le dumping social, fiscal et écologique, et contre l’évasion fiscale.

De plus, la question de la dette est plus que jamais centrale, alors que les États de l’UE vont s’endetter en moyenne pour dix points supplémentaires de PIB. La nécessité d’un moratoire sur les dettes publiques et de l’annulation de leur part illégitime, à travers d’une conférence européenne de la dette. Ce qui a été possible de faire en 1953 pour la dette publique de la RFA à la conférence de Londres pour les intérêts de la bourgeoisie ouest-allemande doit l’être aujourd’hui pour ceux des peuples.

Enfin, la «suspension» du Pacte de stabilité et de croissance ne serait sans doute que l’arbre qui cache la forêt si elle n’appelle pas son annulation totale, ainsi que celle de l’ensemble du corset austéritaire européen, à savoir le semestre européen, le pacte budgétaire et les autres mécanismes de contrôle de la commission européenne sur les budgets des États.

Si des brèches sont ouvertes, les élargir pour remettre en cause la logique même de l’européisme libéral en faisant émerger d’autres solidarités, mutuellement bénéfiques, entre les peuples et les nations d’Europe implique un niveau de rapport de force de haut niveau et une bataille de classe de haute intensité. Nous avons des points d’appui, en France et en Europe. À nous, avec nos alliés en Europe, de les renforcer et de les élargir.

Vincent BOULET
responsable Europe du PCF

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