Publié le 09/02/2022 par PCF

Marseille, un atout pour la France des Jours heureux

Marseille est très souvent au centre de l’actualité. Trop régulièrement cantonnée à la rubrique des faits divers. Les journalistes, les politiques, les milieux économiques, culturels et intellectuels ont du mal à appréhender cette ville, son fonctionnement, ses habitant·e·s, son bouillonnement.

Marseille occupe une place singulière dans notre pays de par son histoire vieille de plus de 2 600 ans, son poids économique et démographique et sa spécificité culturelle. Face à cette difficulté à saisir cette ville, certains objectent que Marseille ce n’est pas la France, c’est même l’anti-France.

Pour nous communistes, Marseille est le contraire de cette vision fantasmée d’une France repliée sur un passé de grandeur ou sur un hypothétique destin de start-up nation.

Marseille c’est un fait politique vivant, c’est la France d’aujourd’hui, avec ses réussites, ses échecs et sa nécessité d’avancer, d’inventer des solutions pour continuer à faire société.

D’ailleurs, le Président de la République à bien compris le rôle que pouvait jouer Marseille pour sa réélection. Sa venue à Marseille en septembre 2021 a été un formidable instrument de communication au service de son lancement de campagne. Outre les promesses faites pour la rénovation des écoles et le développement des transports en commun, Emmanuel Macron se positionne en « sauveur » de la ville.

En réalité, c’est très vite oublier que le Président n’agit qu’à la marge, tant le désengagement de l’État est fort dans cette ville, et ce depuis des décennies. Les moyens annoncés sont certes importants mais absolument pas à la hauteur du retard accumulé depuis des décennies.

Pour nous communistes, Marseille doit retrouver une place majeure dans le développement de notre pays, et avec les Jours heureux, nous proposons un programme de transformation sociale et écologique axé sur les priorités du quotidien qui sont celles des Marseillaises et des Marseillais.

Un programme qui donne ici un large écho aux attentes des habitants et habitantes en appui de la nouvelle majorité municipale, pour construire un nouvel espace de prospérité et de rayonnement au cœur de l’espace méditerranéen.

Ainsi, replacer la valeur travail au centre de notre projet de société, c’est répondre aux problèmes qui gangrènent trop de quartiers à Marseille : les trafics plus lucratifs que les emplois sous-rémunérés, le travail informel qui prive de tous les droits sociaux et aggrave la précarité de celles et ceux qui y sont contraints.

Avec les Jours heureux, la valeur travail retrouvera à Marseille toute sa signification, à travers une politique volontariste de formation et de revalorisation salariale.

Investir massivement dans les infrastructures de transports comme nous le proposons, c’est enfin permettre au port de Marseille-Fos d’irriguer toute l’économie régionale et nationale, de l’ouvrir pleinement sur le continent, de décarboner son activité et d’en faire la place portuaire incontournable des échanges entre l’Europe, l’Afrique et l’Orient. C’est aussi permettre à chacun de se déplacer en transports en commun pour en finir avec les lieux de relégation et les heures de vie gâchées dans les interminables embouteillages.

Alors que la crise sanitaire met en lumière la nécessité de réindustrialiser notre pays, Marseille, notamment par le développement de l’activité de son port, doit retrouver sa vocation industrielle et technologique.

Les potentiels sont énormes. Les compétences sont déjà mobilisées à travers les nombreux laboratoires de recherche d’Aix Marseille Université, ou bien encore le Technopole de Château Gombert, second lieu d’innovation technologique français après Sophia Antipolis.

Cette vocation industrielle et technologique retrouvée, c’est le gage de créer de vrais emplois qualifiés, rémunérateurs, non délocalisables et pourvoyeurs d’un vrai pouvoir d’achat.

Notre pacte pour la jeunesse illustre la pertinence de nos solutions pour une jeunesse qui se sent abandonnée, sans perspective, en dehors des radars de l’action publique.

Oui, de Marseille, ville jeune et dynamique, peut partir un formidable espoir pour l’ensemble de la jeunesse de notre pays. Une démonstration qu’en la matière il n’y a pas de fatalité, ni de plafond de verre.

Avec notre Plan « Zéro jeune au chômage », nous leur proposons un parcours vers l’insertion sociale et professionnelle et leur épanouissement personnel. Un destin qui tourne le dos aux trafics et aux jobs mal payés.

Un pacte pour la jeunesse qui trouve aussi une résonance toute particulière dans la première place universitaire après Paris qui cumule plus de 35 000 étudiant·e·s.

Des étudiant·e·s pour lesquel·le·s les opportunités d’emplois seront démultipliées et où les conditions de leur réussite universitaire seront garanties à travers la suppression de « Parcoursup », de la sélection à l’université et un revenu étudiant d’un montant minimum de 850 euros/mois.

Marseille doit s’appuyer sur ces pôles d’excellence de recherche pour retrouver sa vocation industrielle et technologique, tout en répondant aux enjeux climatiques et de développement durable.

C’est aussi le gage de créer de vrais emplois qualifiés et faiblement qualifiés, rémunérateurs, non délocalisables et pourvoyeurs d’un vrai pouvoir d’achat.

Relever le défi des Jours heureux, c’est agir prioritairement contre la pauvreté et les inégalités qui blessent Marseille. Ce ne sont pas des fatalités, mais le produit d’un système à bout de souffle qui broie les êtres humains.

Rue d'Aubagne, habitat indigne, écoles indignes, la précédente majorité a laissé un champ de ruines derrière elle. L'aide de l'État est plus qu'une nécessité, c'est la condition de l'égalité républicaine.

Dans la France des Jours heureux, cette aide ne sera pas conditionnée à des expérimentations libérales. Les Marseillaises et les Marseillais ne sont pas des rats de laboratoire. Ils ont déjà fait l'expérience de décennies de politique antisociale, ça suffit !

La ville a besoin de très nombreux logements sociaux supplémentaires, modernes et répartis sur l'ensemble des arrondissements.

La réhabilitation des écoles sera accompagnée de renforts en personnel pour permettre à chaque petite Marseillaise et petit Marseillais d'apprendre dans les meilleures conditions.

Renforcer les services publics, c’est rendre accessibles la santé, l’éducation, les loisirs, la culture à un grand nombre d’habitant·e·s de Marseille qui en sont aujourd’hui éloigné·e·s et qui ne survivent que grâce à la solidarité.

Des problématiques partagées par de nombreux Français et Françaises, aussi bien dans le tissu urbain, péri urbain et rural.

Notre plan de développement de l’hôpital, avec 100 000 emplois créés et l’arrêt des fermetures de lits et des privatisations d’établissements, permettra à l’APHM de retrouver enfin des moyens adaptés à la deuxième ville de France. Surtout après le choc et l’épreuve qu’a constituée l’épidémie de Covid-19 pour l’ensemble des personnels hospitaliers.

Réaffirmer la sécurité comme priorité, c’est redonner espoir à celles et ceux qui n’osent plus sortir en bas de chez eux, qui n’osent plus laisser jouer leurs enfants dehors, qui sont épuisé·e·s et désespéré·e·s par les trafics et les incivilités.

La revitalisation des quartiers marseillais gangrénés par les trafics sera pour l’ensemble de la population le message du retour de la République partout et pour toutes et tous.

Recréer un grand pôle énergétique public, avec le nucléaire comme pilier de la transition mixé aux énergies renouvelables, c’est permettre à toutes et à tous d’être partie prenante de la transition écologique, d’avoir accès au chauffage, aux déplacements, aux nouveaux usages du numérique.

Marseille peut être la vitrine de la décarbonation de nos activités. Des efforts ont déjà été engagés pour réduire l’impact des activités portuaires et l’ensemble des acteurs de cette filière est volontaire pour les amplifier.

Ce territoire est riche de ses paysages, de sa biodiversité, de son soleil. Sa protection est un impératif qui nécessite l'intervention publique, la maîtrise publique de l'eau, de l'assainissement et des déchets. Il peut être en pointe sur la réponse aux enjeux climatiques dans le cadre du mix énergétique décarboné que nous proposons.

Chaque habitant·e doit pouvoir profiter des richesses naturelles de Marseille qui ne peuvent être accaparées par une poignée de privilégié·e·s ou malmenées par le tourisme de masse.

Favoriser l’essor des arts et de la culture, c’est conforter le long et patient travail des acteurs culturels qui n’ont eu de cesse de faire rayonner et d’irriguer la ville avec des propositions artistiques de très grande qualité pour faire de Marseille une capitale de la culture en actes.

Grâce à leur implication, Marseille est aujourd’hui une grande place de la culture française et européenne où se bousculent notamment les grands noms du cinéma.

Pour mettre en œuvre le programme des Jours heureux, nous pourrons nous appuyer sur la nouvelle majorité municipale du Printemps Marseillais.

Car incontestablement, l’alternative politique que nous avons contribué à construire constitue un moment de bascule historique pour Marseille, mais également un signal fort adressé à tout le pays.

C’est cet espoir que les élu·e·s et les militantes et militants communistes portent déjà au sein de la majorité municipale. Leur mobilisation est totale. L’énergie, l’inventivité, l’engagement compensent le manque de moyens. Des premières réponses ont d’ores et déjà été apportées et prioritairement en direction des plus fragiles : les enfants, les familles précaires, les mal-logé·e·s, les personnes plus éloignées de l’emploi, de la formation et de la culture.

Sur toutes ces questions nos élu·e·s trouvent des solutions innovantes qui sont autant de pistes duplicables à l’échelle nationale.

Alors oui, le programme des Jours heureux est une chance pour Marseille ! Et oui, Marseille est une chance pour la France des Jours heureux !

Le 5 février 2022.