International publié le 30/09/2022

Palestine / Grève de la faim : « Notre décision est la liberté »

Dimanche 25 septembre 2022, trente Palestiniens détenus « administratifs » dans les prisons israéliennes ont entamé une grève de la faim illimitée, seule « arme à leur disposition » pour recouvrer la liberté.

Parmi eux, Salah Hamouri, avocat, citoyen français et palestinien de Jérusalem-Est annexée, a été arrêté, une fois de plus, le 7 mars dernier et frappé de 6 mois de détention par un tribunal militaire et est victime depuis le 5 septembre de 3 mois supplémentaires en isolement dans une prison de haute sécurité.

En octobre 2021, le ministère israélien de l’Intérieur lui a retiré son statut de résident permanent à Jérusalem-Est sous prétexte de « non allégeance à l’État d’Israël ». L’étape suivante de ce procédé totalement contraire aux Conventions de Genève fixant les obligations des puissances d’occupation, pourrait être l’expulsion de sa terre natale de Palestine. Son épouse Elsa Lefort, française elle aussi, et ses deux enfants qui vivent en France, n’ont droit à aucun contact avec Salah.

Rappelons que la détention « administrative », inventée par le « mandataire» britannique en Palestine et prorogée par l’État d’Israël consiste à arrêter et priver de liberté sans procès, à maintenir en prison pour une durée indéfiniment renouvelable d’une durée maximum de six mois. La victime de cette pratique, à l’instar de ses avocats, est tenue dans l’ignorance des faits reprochés – qualifiés de « secrets d’État ».

Depuis 1967, 54 000 Palestiniens ont fait l'objet d'ordres de détention administrative. 723 personnes sont actuellement détenues sous le même régime illégal par Israël, un État qui méprise ses propres engagements formalisés par sa signature en 1991 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit par son article 9 à toute personne arrêtée le droit à un procès équitable.

Le 23 août dernier l’Élysée a annoncé que le chef de l’État français s’était « enquis de (la) situation » de Salah par téléphone auprès du Premier ministre israélien Yaïr Lapid. Une démarche visiblement sans effet, puisque les conditions de détention de Salah Hamouri durcies dès le 26 juillet dernier sont toujours en vigueur. Il est toujours enfermé dans la prison de « haute sécurité » d’Hadarim dans laquelle il a été transféré en guise de mesure punitive, à la suite d’une lettre qu'il a écrite à Emmanuel Macron pour lui demander d'intervenir sur son cas. Aujourd'hui, sa cellule est sous vidéosurveillance et il doit faire face à de nombreuses fouilles nocturnes. Depuis mardi, ses 29 compagnons de misère et de lutte ont été également placés en « isolement », une forme de torture psychologique courante dans les prisons israéliennes.

Emmanuel Macron qui affirme haut et fort sa volonté de combattre pour la justice et les droits humains est au pied du mur : il doit agir pour la liberté d’un citoyen français et le respect du droit international par les autorités de Tel Aviv. La politique de « deux poids, deux mesures » n’est plus supportable. Les autorités françaises doivent agir – et en ont les moyens – pour imposer aux autorités israéliennes des mesures contraignantes de sanction comme par exemple la suspension des accords d’association avec l’Union européenne. Elles peuvent, sans plus attendre, enfin reconnaître l’État de Palestine comme l’a recommandé une résolution du Parlement français et du Sénat.

Le Parti communiste français (PCF) exprime toute sa solidarité avec Salah Hamouri et tous les prisonniers politiques palestiniens, et exige leur libération. Le PCF condamne la colonisation, l'occupation militaire et la politique d'apartheid du gouvernement israélien.

Parti communiste français
Paris, le 30 septembre 2022