Publié le 02/12/2020 par PCF

Quoi qu’il en coûte... à la population

Les mesures de prévention attachées au deuxième confinement de fin octobre ont été prises par le gouvernement par nécessité. Mais le virus n’est pas le seul responsable de la gravité de la situation. Elle est largement causée par l’impact destructeur des politiques de santé conduites ces dernières années et aggravées sous la présidence Macron. La désorganisation, le manque de moyens, l’imprévoyance ont fait le lit de cette catastrophe. Le gouvernement fait tout pour masquer cette réalité et sa responsabilité.

Les informations journalières à la population se sont limitées au nombre de cas Covid-19 dépistés, au nombre d’hospitalisations, au nombre de lits de réanimation occupés et au nombre de morts sans faire la transparence sur le bien-fondé des mesures adoptées par un mystérieux conseil de défense. La non-anticipation chronique de la gestion de cette deuxième vague de crise sanitaire avec des mesures de confinement en demi-teinte - aucune régulation dans les transports, aucun contrôle des lieux de travail ne respectant pas les gestes barrières et la possibilité de télétravail, pas de politique de dépistage massif à la hauteur des enjeux, toujours pas d’embauche et d’ouvertures de lits dans les hôpitaux, pas de plan national de prise en charge dans les Ehpad etc. - a eu des conséquences catastrophiques et inédites sur la santé physique et psychique des Françaises et des Français. Perspectives d’emplois quasi inexistantes, malnutrition, menaces d’appauvrissement avec la baisse des revenus due au chômage partiel, violences familiales, personnels hospitaliers épuisés, report de prise en charge de nombreuses pathologies, la liste est longue des effets délétères de cette deuxième vague entraînant aujourd’hui huit millions de nos concitoyens et concitoyennes à avoir recours à l’aide alimentaire dont une majorité de jeunes. Au printemps on nous demandait d’applaudir les premiers de corvée, cet automne on nous demande d’applaudir les associations caritatives qui gèrent comme elles peuvent et avec beaucoup de dévouement la pauvreté grandissante. Les salaires de misère et le bénévolat au secours de la pandémie, voilà l’alternative du gouvernement Macron pendant que les actionnaires du CAC40 continuent de se gaver !

Pourtant une autre politique de santé est possible face à cette crise. Au PCF nous continuons à demander une politique de formation massive des personnels de santé qui permettrait d’embaucher dans nos hôpitaux et nos Ehpad et l’arrêt des restructurations et fusions d’établissements de santé qui, malgré la crise sanitaire, se poursuivent. Nous demandons l’instauration d’une véritable démocratie en santé permettant de construire une stratégie collective face à cette pandémie, partagée par une majorité de la population en lieu et place de la stigmatisation individuelle actuelle. Nous demandons l’arrêt du hold-up sur la Sécurité sociale qui n’a pas à supporter les exonérations massives de cotisations patronales.

Concernant la vaccination, le Parti communiste demande la vaccination gratuite et sûre pour tous. Le vaccin, bien public commun, financé dans sa recherche et sa production par des fonds publics n’a pas à être payé deux fois. La Sécurité sociale, financée par nos cotisations, n’est pas là pour alimenter les profits des laboratoires pharmaceutiques. Il participe à l’Initiative citoyenne européenne « Pas de profit sur la pandémie » qui rassemble très largement une large coalition de travailleurs, d’ONG, de groupes de militants, d’associations, de partis politiques et d’experts de la santé au niveau français comme européen. L’objectif est de convaincre la Commission européenne de mettre en place toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que les droits de propriété intellectuelle, tels que les brevets, ne limitent pas la disponibilité des traitements et des vaccins contre la Covid-19. Il faut rassembler un million de signatures dans l’ensemble de l’Europe. Un comité français de soutien s’est constitué rassemblant largement. L’heure n’est plus aux profits et au contrôle privés. Tout le monde a droit à un remède. La seule façon de surmonter cette pandémie est de trouver une solution collective, c’est-à-dire de faire des vaccins et des traitements anti-pandémie un bien public mondial, librement accessible à tous. Aucune entreprise n’est aujourd’hui en mesure de produire des quantités suffisantes pour tous ceux qui ont besoin de ce médicament, et ne devrait avoir le pouvoir de décider de son coût. Il existe une solution à ce blocage de nos vies. Nous l’avons déjà payée. Il est temps de la partager. C’est bien le sens de notre proposition de créer un pôle public du médicament.

Le Parti communiste français a décidé d’y adhérer et engage tous ses militants à signer et à faire signer la pétition à partir du 30 novembre 2020 midi : https://eci.ec.europa.eu/015/public

Maryse Montangon, membre du CEN, responsable collectif Santé, Protection sociale

Michel Limousin, médecin