Publié le 14/06/2022 par PCF

Rassemblons-nous dimanche prochain dans les urnes pour qu'arrive enfin le temps des réformes heureuses

Déclaration de Fabien Roussel au soir du premier tour de l'élection législative, 12 juin 2022

 

Mesdames, messieurs,

Ce soir, avec les résultats des élections du 1er tour des élections législatives, les Françaises et les Français ont, dans leur grande majorité, confirmé leur rejet vis-à-vis du projet politique porté par Emmanuel Macron, dont la coalition obtient un score historiquement bas pour un président.

Des personnalités de la majorité sortante sont en grande difficulté ce soir. Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Education nationale, a été éliminé dès le premier tour.

Ce rejet s'exprime d'abord dans une abstention massive – environ 53 % –, une abstention historique.

Elle avait déjà atteint un record en 2017. Elle est plus forte encore en 2022 et de 10 points supérieure à 2012. Les législatives sont boudées par les Français·es alors que c'est au Parlement que se décide la politique de la nation !

Mais tout a été fait pour minorer cette élection législative, pour donner l'impression aux Français·es que seule l'élection présidentielle compte.

Il faut déployer des efforts importants pour expliquer à nos compatriotes que seul le Parlement détermine la politique du pays.

Aucune campagne d'incitation au vote n'a été initiée par le gouvernement. Mais surtout, tout est fait, depuis des années, pour laisser penser que la politique ne pourrait pas changer la vie des gens et le fonctionnement de notre société. Faut-il dès lors s'étonner que l'abstention reste aussi forte ?

Il reste un second tour pour se rattraper et offrir la possibilité de battre Macron et sa politique nuisible pour le peuple.

Car c'est la bonne nouvelle de ce premier tour :  les électrices et les électeurs qui se sont rendus aux urnes ont choisi de donner de la force à tous les candidats de l'alliance des forces de gauche et écologistes.

A cette heure, plusieurs centaines de candidats de notre coalition, dont de nombreux candidats communistes, devraient ainsi être présents au second tour, pour affronter des candidats macronistes, de la droite traditionnelle ou de l'extrême droite.

Une victoire au second tour de ces candidats ouvrirait l'espoir de construire une majorité nouvelle avec, dès le mois de juillet, des mesures fortes en faveur de la hausse des salaires, des pensions et pour le blocage des prix.

Les Français·e viennent d'envoyer un message fort : ils ne veulent pas donner de majorité absolue au président et lui laisser les mains libres pendant 5 ans pour mettre en place une politique en faveur des plus riches.

Nous avons 6 jours pour confirmer ce choix et transformer l'essai.

6 jours pour battre définitivement Macron.

6 jours pour confirmer la dynamique des candidats de la gauche unie, à laquelle participe le Parti communiste français et ses candidats dans 54 circonscriptions, en y incluant la Corse.

6 jours aussi pour battre partout l'extrême droite qui réalise encore des résultats inquiétants de très nombreuses circonscriptions.

L’extrême droite connaît encore une forte progression par rapport à 2017, qui l’installe durablement et dangereusement dans le paysage politique.

Je le dis d'ailleurs tout de suite : partout où des candidats d'extrême droite sont présents au second tour, tout doit être mis en œuvre pour qu'ils soient battus. J'en appelle à l'électorat de gauche qui s'est abstenu, à la jeunesse : mobilisez-vous aussi pour que l'extrême droite n'envahisse pas les travées de l'Assemblée nationale !

Oui, dans les jours qui viennent, par notre mobilisation, il est possible d'empêcher le Président des riches de mettre en œuvre son funeste projet de retraite à 65 ans.

Il est possible de lui opposer une majorité de gauche et écologiste qui, dès le 1er juillet prochain, portera le SMIC à 1 500 euros net, qui impulsera l'augmentation immédiate de tous les salaires et des pensions, qui bloquera et fera baisser les prix des carburants, de l'énergie et de tous les produits de première nécessité, qui rétablira la retraite à 60 ans pour toutes et tous, qui donnera les moyens à chaque jeune d'étudier correctement en disposant d'une allocation d'autonomie.

Il est possible de lui opposer une majorité de gauche et écologiste qui reconstruira sans attendre l'hôpital public, qui rebâtira une école de la République garante de la réussite de tous nos enfants, qui redonnera les moyens à nos communes et à nos départements les moyens de reconquérir les services publics de proximité, qui refondera les services publics de la police et la justice pour que chacun vive dans la sécurité et la tranquillité, qui renationalisera nos entreprises de l'énergie et du ferroviaire, pour affronter les défis climatiques et environnementaux.

Il est possible enfin de porter à l'Assemblée une majorité de gauche, avec un groupe GDR, un groupe écologiste, un groupe socialiste et un groupe insoumis. Une majorité qui redonnera du pouvoir au Parlement, aux élus du peuple, qui ne se pliera pas aux exigences d'un homme seul, mais portera à l'Assemblée les exigences des populations.

Oui, c'est possible si les millions d'électrices et d'électeurs qui ne se sont pas rendus aux urnes ce dimanche se mobilisent et utilisent les bulletins de vote des candidats de gauche, des candidats de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale pour dire ce qu'ils veulent comme politique, tout de suite et durant les 5 prochaines années.

Je vous le dis : rassemblons-nous dimanche prochain dans les urnes pour qu'arrive enfin le temps des réformes heureuses.

J’en appelle à chacun d'entre-vous:
 

  • à l'ouvrier qui n'en peut plus plus de voir ces grands groupes bloquer les salaires et supprimer des emplois tout en distribuant des énormes dividendes ;
  • au jeune qui n'en peut plus de Parcoursup et qui veut enfin pouvoir étudier correctement dans la filière de son choix ;
  • à l'agriculteur qui aspire à vivre dignement de son travail ;
  • à l'enseignant qui aspire à transmettre un savoir et des connaissances dans une école publique ambitieuse pour la réussite de tous ;
  • à ces personnels de santé maltraités dans leur travail, sous payés ;
  • à ces familles qui doivent accompagner un aîné ayant perdu son autonomie et qui ne savent pas comment ils vont payer le coût de l’Ehpad.

Nous avons une semaine pour battre Macron et la droite, pour résister partout à l'extrême droite qui ne sera jamais une alternative aux politiques libérales.

Une semaine pour rendre possible un premier changement dans la vie des salariés, des jeunes et des retraités.

Dimanche prochain, partout dans le pays, ayons un défi enthousiasmant à relever.