Publié le 02/02/2022 par PCF

Stop à Parcoursup    Le MJCF lance sa pétition lors de son 43e Congrès pour organiser les jeunes face à la sélection !

Lors de l’édition 2021, environ 120 000 élèves n’avaient aucune affectation suite à la phase principale d’admission. À l’arrivée, ce sont 80 000 lycéennes et lycéens qui se sont retrouvés sans aucune affectation à la rentrée.

Parcoursup doit être supprimé car la plateforme amplifie la ségrégation sociale, en même temps qu’elle n’améliore pas la réussite en L1. En sélectionnant les élèves les plus “méritants”, sur la base de leur dossier scolaire, Parcoursup opère un tri social à l’entrée de l’université.

La part des néo-bacheliers favorisés ou très favorisés financièrement parmi les candidats les mieux classés a pris 7 points de 2017 à 2018. Ainsi, les filières en tension, qui manquent de capacité d’accueil, ont vu leur niveau de ségrégation scolaire, sociale et genrée augmenter. Pour éviter d’augmenter les capacités d’accueil dans ces filières, Parcoursup en a exclu des candidats moins bien notés et souvent moins favorisés.

On constate aussi cette tendance au regard des écarts dans les taux d’acceptation entre les différents bacs. Le taux moyen déjà très élevé de candidats quittant la plateforme sans formation – 22 % - explose pour les candidats des lycées professionnels en atteignant les 43 %. Ces lycées étant majoritairement fréquentés par les classes populaires, Parcoursup opère une sélection particulièrement féroce pour celles-ci.

En créant Parcoursup, le gouvernement promettait de lutter contre l’échec en fin de L1, en affectant de la manière la plus “rationnelle” possible les élèves dans les filières de leur choix. Or, aucun indicateur ne permet d’affirmer cela. Si les taux de réussite entre L1 et L2 ont très légèrement augmenté depuis la création de la plateforme, c’est justement à cause du tri social opéré par la plateforme. Depuis Parcoursup, les élèves défavorisés des lycées généraux et les élèves des lycées professionnels rentrent moins à l’université. Ceux-ci présentant des taux d’échecs plus importants en fin de L1 avant Parcoursup, la baisse de leur nombre dans les promos de L1 vient faire baisser automatiquement ce taux d’échec.

De plus, le nombre d’étudiants en réorientation a bondi depuis 2015. Il est passé de 346 000 à 492 000 en 2019. Difficile de ne pas y voir l’échec de Parcoursup à satisfaire les aspirations des jeunes. Sans augmentation des capacités d’accueil des formations post-bac, l’enseignement supérieur se trouve dans une impasse.

Parcoursup n’est pas une plateforme d’orientation. Ce n’est que machine froide visant à gérer le flux grandissant de candidats à l’ESR dans un système universitaire victime de sous-investissement. Ce faisant, il vient briser les rêves et les aspirations de la jeunesse.

Cette année, la sélection s’annonce encore plus cruelle. Entre les absences des professeurs et des élèves, une grande partie des rares heures d’accompagnement à l’orientation n’ont pas pu se tenir. Chaque élève est alors renvoyé face à ses propres ressources familiales, accentuant encore les inégalités scolaires.

Les lycéennes et lycéens ont payé un lourd tribut depuis le début de cette crise : cours annulés, écoles fermées, absences non remplacées, retard accumulé. Ils ont besoin d’être formés, et non pas d’être sélectionnés, afin de construire sereinement leur avenir.

Le Mouvement jeunes communistes de France, sa branche étudiante l’UEC et leur candidat à l’élection présidentielle Fabien Roussel réclament la suppression de Parcoursup et l’ouverture de places à l’université.

L’objectif est d’imposer dans le débat politique l’enjeu du droit à la formation et de récolter en des contacts de lycéens et de lycéennes, mais aussi d’étudiants et d’étudiantes afin de les organiser face à la sélection.

C’est en ce sens que lors de son 43e Congrès, le Mouvement jeunes communistes de France a lancé une pétition en ligne :      à travers une      contre la sélection doublée d’une action coup de poing de déploiement de banderoles à Paris. Le pont des Arts, la passerelle Sengor et le pont de la Concorde ont été recouverts des lettres Stop Parcoursup.

L’objectif de cette action, qui a rassemblé 300 jeunes, était d’interpeller sur Parcoursup, d’avoir un écho médiatique autour de cette pétition, mais également de lancer l’ensemble des fédérations du Mouvement et de ses secteurs sur un militantisme quotidien via l’outil de la pétition.

Dès à présent, les fédérations du Mouvement et ses secteurs de    l’UEC organiseront partout en France des actions coup de poing pour dire stop à Parcoursup et militeront sur les lycées, les universités et les cité-U pour parler de l’enjeu du droit à la formation, montrer qu’une autre alternative à la sélection et au tirage au sort est possible, et récolter des contacts via cette pétition.

Les contacts obtenus via la pétition seront organisés autour d’initiatives locales, mais seront surtout nécessaires pour construire une mobilisation d’ampleur des jeunes et des étudiants en mars pour dire Stop à la sélection, une étape avant la construction des jours heureux en avril.

Assan Lakehoul

coordinateur national à la vie des départements du MJCF