Publié le 05/01/2022 par PCF

Val-de-Marne : Une ambition de reconquête – Entretien avec Ozer Oztorun, nouveau secrétaire départemental

CommunisteS Début décembre s’est tenu le congrès départemental du Val-de-Marne. Tu as parlé dans tes conclusions de « débats intenses, parfois tendus, passionnés ».

Débats intenses, oui, mais ce que j’en retiens, c’est notre attachement collectif à vouloir contribuer à changer la vie des gens et remettre l’humain au cœur de notre modèle de société.

Notre congrès a porté en fait sur le rôle de notre parti dans ces batailles qui travaillent notre société, sur la conception de son organisation, pour que le PCF redevienne un parti de masse capable de construire un mouvement populaire majoritaire dans le pays. Oui, les communistes ont un rôle à jouer pour bousculer l’ordre des choses, pour redonner la confiance et le pouvoir d’agir aux citoyens. Parce que notre parti, sans être l’organisation parfaite, est un outil indispensable à ces changements. Des échéances importantes sont devant nous. En Val-de-Marne nous avons une responsabilité particulière de par notre implantation sur ce territoire, par notre poids dans les collectivités et par la richesse et la diversité de notre activité militante. Nous avons, ici, initié des luttes, des politiques publiques qui sont des points d’appui pour rendre visible les changements profonds de logique que nous voulons obtenir pour changer la vie des familles, celle des salariés, celle de la jeunesse. Il y a donc du travail devant nous et je sais la tâche qui est la mienne, celle d’être un animateur d’équipe. L’équipe désignée lors de cette conférence, tous ceux qui voudront participer à cet effort collectif. Je pense notamment à tous les secrétaires de sections, aux animateurs de collectifs et ou de cellules. Ils sont pour moi et pour la direction départementale le poumon de notre action militante et je compte m’appuyer sur leur maîtrise du terrain pour tisser une toile influente. Il n’y a ni grande section, ni petite cellule mais des communistes en mouvement. J’ai proposé que les secrétaires de section se réunissent une fois par mois à la fédération pour contribuer à la coordination de la campagne des élections présidentielle et législatives. Je pense aussi à tous nos camarades élus, à la tête de collectivités ou en majorité, nos parlementaires, mais aussi à ceux, dans des oppositions à la droite, qui ne ménagent pas leur peine pour organiser des résistances et travailler à construire de nouvelles majorités de gauche.

Tu as parlé d’une ambition de reconquête.

On sort en Val-de-Marne de deux séquences électorales difficiles, douloureuses dont notre parti est sorti affaibli. Il était donc sain de se dire les choses en toute franchise, de procéder à une évaluation critique pour mieux nous projeter dans une ambition de reconquête, à la fois départementale mais aussi nationale. Car les périls sont immenses si nous ne créons pas les conditions, en Val-de-Marne et dans tout le pays, d’ouvrir une autre perspective que celles portées par les forces du capital en 2022. L’urgence, c’est de monter d’un cran notre campagne « des jours heureux ». Pas de façon isolée des luttes locales comme à la Poste, dans la santé, ou encore sur le devenir des collectivités territoriales et des services publics locaux. Non, au contraire, notre contribution à ces luttes, toutes importantes, doit être de les politiser, de montrer les logiques capitalistes qu’elles mettent en cause et les obstacles politiques qu’elles doivent surmonter. Oui, il nous faut peser très vite dans cette séquence électorale, changer cette société pour plus de pouvoirs aux salariés, comme le dit notre candidat Fabien Roussel. Il est temps de défendre nos propositions en matière d’écologie, d’emploi, de salaires, de services publics, d’aller à la rencontre des habitants de nos villes, de nos quartiers et entreprises, de construire avec eux les réponses aux enjeux auxquels nous sommes confrontés. Nous ne sommes pas démunis loin de là, avec les travaux de notre parti, de ses commissions, locales et nationales, avec les interventions de nos groupes parlementaires et l’action de nos élus. Nous ne sommes pas démunis, parce que notre parti compte une formidable richesse militante, une intelligence collective inestimable dès lors que nous lui permettons de s’exprimer. Nous avons fait le choix très majoritairement en mai 2021 de faire entendre notre voix lors de cette campagne. Nos propositions portent le projet d’une société plus progressiste, plus humaine, plus internationaliste. Ce projet est au service de tous bien sûr des plus faibles, de tous ceux qui subissent chaque jour les pires coups d’un libéralisme débridé, de tous ceux que le capitalisme travaille à diviser pour mieux asseoir sa domination.

Il y a l’échéance présidentielle et la campagne des législatives.

En profitant de la dynamique de la présidentielle, il nous faudra rassembler pour faire élire des députés. Le plus possible de députés. Là encore notre département n’est pas sans possibilité pour inverser les tendances. Nous ne connaissons pas la situation politique qui va sortir du scrutin présidentiel. Mais d’ores et déjà, en nourrissant la campagne présidentielle de nos idées, pour le Val-de-Marne et pour la société, nous pouvons conforter notre vocation à être une force de rassemblement, la plus utile pour défendre les intérêts populaires et la plus efficace pour battre les droites, l’extrême droite, pour battre leurs idées : notre place, nos réseaux de militants dans le département doivent permettre cela. J’en suis convaincu, nous pouvons compter sur notre force. Cela nécessite notamment d’amplifier la mise en œuvre de nos choix stratégiques, et particulièrement celui de nous tourner résolument vers le monde du travail et de la création, de reconstruire une intervention communiste à l’entreprise, où se joue beaucoup de la conscience de classe. Dans le privé, dans le public, en direction des territoriaux, par exemple ; dans les collectivités. Notre force, nous la tirons de notre implantation dans la vie des habitants de nos quartiers et de nos entreprises. Notre fédération doit être au service de cette action au quotidien et en proximité. Elle doit plus que jamais agir pour que la souveraineté des adhérents soit conçue comme le moteur de notre efficacité et le vecteur de la reconstruction d’un parti de masse, populaire, ouvert, favorisant l’intervention populaire la plus large, tout en travaillant au dialogue avec les forces de gauche et écologiste, avec les forces syndicales, et singulièrement la CGT et la FSU, avec le monde associatif. Je m’engage à ce que ce soit notre objectif collectif et ma première mission. Et cette mission j’entends la mener avec toutes et tous, sans exclusive, avec les doutes ou les désaccords de chacune et de chacun, mais avec le souci de mettre l’ensemble du collectif communiste en mouvement sur des objectifs clairs.