Publié le 30/09/2020 par PCF

100 ans d’Avant-Garde

En septembre 1920 paraît le premier numéro de l’Avant-Garde. Pour quelques francs les jeunes peuvent désormais s’informer sur les luttes en cours. Fondé par quelques membres des jeunes socialistes déjà ralliés aux idées communistes, le journal naît avant même la création des jeunesses communistes. Il va en devenir le journal et il accompagnera les transformations du mouvement au cours de cent années.

À l’origine bimensuel, il prendra deux noms L’Avant-Garde ouvrière et communiste ou L’Avant-Garde ouvrière et paysanne. Dès sa création, il n’est pas un simple outil d’information mais un outil au service du progrès social, en permettant de diffuser les horaires et lieux de rassemblements par exemple, mais aussi de propagande pour pousser les idées communistes dans la jeunesse. Il est aussi simplement un moyen pour les jeunes de faire entendre leurs voix.

De 1920 à 1939, huit-cent-vingt-six numéros sont édités et diffusés. La guerre et la répression subies par les communistes n’ont pas raison du journal. Bien que sa parution soit irrégulière, il va au contraire se multiplier. Les conditions de sa diffusion rendue plus difficile amèneront les jeunes communistes à éditer des versions locales pour servir la Résistance. En 1942, l’Avant-Garde du jeune Normand titre ainsi : “À l’action pour libérer la France”. Comme en 1940, l’Avant-Garde édition du Pas-de-Calais appelait aussi à l’action pour faire libérer leurs camarades emprisonnés, tout en n’oubliant pas malgré la guerre de revendiquer plus de moyens pour la pratique sportive.

Au sortir de la guerre, l’Avant-Garde est hebdomadaire et suit le changement de structuration des jeunes communistes. Il devient le journal de l’Union de la jeunesse républicaine de France. Sa réputation de journal de la Résistance le rend incontournable. En 1946, il est édité à deux-cent-mille exemplaires, faisant de lui la parution de jeunesse la plus lue de France. L’Avant Garde à l’époque n’est pas le journal des seuls jeunes communistes. Pour être au plus près de la jeunesse, le mouvement s’adapte à la vie des jeunes : Clarté sur les questions universitaires, Filles de France destiné aux jeunes femmes, l’Avant-Garde rurale pour les problématiques paysannes, et enfin Le conscrit distribué auprès des jeunes en service militaire.

Lorsque l’Union des jeunes filles de France et l’Union de la jeunesse agricole de France sont regroupées au sein du Mouvement jeunes communistes de France pour correspondre aux évolutions de la société, le journal s’adapte lui aussi. Pour être en phase avec les années “yéyé”, l’Avant-Garde devient Nous les garçons et les filles en 1963. Bien que toujours militant, des interviews des grands artistes du moment affichant Johnny, Belmondo ou Sylvie Vartan en couverture se mêlent aux informations. La diffusion est là aussi un grand succès.

Pourtant, après les grèves de 1968 les jeunes communistes ressentent le besoin de revenir à un journal plus militant. L’Avant-Garde revient alors à sa forme plus traditionnelle. L’idée de faire de l’information au plus près de la vie des jeunes est toujours la motivation principale du journal. Dans cet objectif, les correspondants locaux, des jeunes qui parlent de la jeunesse aux jeunes est un avantage considérable pour le journal ; et le développement de la photo de masse va aussi améliorer sa qualité. Tout en étant, grâce aux liens avec d’autres organisations internationales, une référence de l’actualité internationale.

La culture n’est pas abandonnée. Les artistes sont mis à l’honneur au cours des grandes fêtes de l’Avant-Garde qui réunissent des milliers de jeunes, comme en 1974 à Montreuil sous le signe de la solidarité avec le Chili et pour le droit de vote à 18 ans, ou à Ivry en 1976 où l’on peut venir écouter Julien Clerc en concert.

La lutte contre les contrats précaires, engagée dans les années 1980, permet à de nombreuses reprises à des jeunes précaires de livrer leur réalité dans les pages d’Avant-Garde. Mais pas uniquement sur papier. Les journalistes d’Avant-Garde s’essayent au dispositif vidéo et plusieurs films sont réalisés sous le format de plateaux télé pour faire taire les clichés subis par les jeunes. Le format ne sera pas gardé, mais il témoigne de l’adhésion du journal avec son nom, il est toujours à l’avant-garde et s’accroche aux moyens d’expressions des jeunes au moment où il paraît.

C’est sur ce même modèle que sera décidée la dernière grande révolution d’Avant-Garde. Pour garder sa modernité, il fera son apparition sur Internet, sans toutefois oublier son édition papier. Alors qu’Internet constitue la première source d’information des jeunes, le journal se devait d’être en phase avec son public. Cette parution a aussi permis une édition hebdomadaire permettant d’être au cœur de l’actualité.

Toujours aussi militant, ayant toujours à cœur de réaliser de l’actu par les jeunes pour les jeunes, et de leur fournir des outils d’analyse, toujours au service des luttes, l’Avant-Garde fête ses cent ans sans avoir pris une ride ! 

Clémentine Le Duey, coordinatrice à la vie des départements du MJCF.

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