Publié le 23/11/2022 par PCF

Avec vous sans tabou – Fabien Roussel à Montargis

Un vrai succès que cette visite de Fabien Roussel dans le Montargois. Le Montargois est une vieille terre industrielle abandonnée par l’État, avec un taux de chômage et de précarité bien au-delà de la moyenne nationale.

Dès le matin, rencontre avec une trentaine d’élus en mairie de Châlette-sur-Loing. Le maire communiste de Châlette explique que lui et son équipe «  refusent de faire le choix entre payer la facture de gaz et d’électricité et assurer toutes les    activités qui permettent de faire vivre ensemble les citoyens comme la piscine, les cinq groupes scolaires, l’accès à la cantine pour tous, le centre de santé public municipal… ».   

Puis le midi, plus d’une centaine de communistes sont réunis pour un repas fraternel avec leur secrétaire national. Repas au cours duquel le débat s’est vite engagé sur les questions essentielles du congrès et notamment l’utilité de notre parti : quel parti communiste utile aux gens et aux rassemblements les plus larges possibles, bien plus larges encore que celui de la Nupes, pour être utiles à notre peuple et permettre d’avancer sur des contenus réellement transformateurs. « En effet, notre raison d’être est d’agir pour le rassemblement populaire. Et nous n’y sommes pas encore ! Notamment parce qu’il faut davantage amener à la compréhension de là où ça se passe : c’est-à-dire entre le Travail et le Capital. C’est notre ADN dont il faut rappeler qu’il a permis, pour nos concitoyens, des progrès économiques et sociaux très conséquents. » Autre question centrale, la place du travail. « Et comme je viens de le rappeler fortement, nous sommes le parti du travail d’abord. De ce qui crée les moyens de vivre, de ce qui crée les richesses. Je ne rejette pas les allocataires mais je veux une France où le travail est la priorité nationale. »

L’après-midi, rencontre avec les syndicalistes au cœur de la lutte de classes dans deux des principales usines du Montargois.

Hutchinson tout d’abord, la plus grosse usine locale (1 300 salariés), lors d’une rencontre avec une dizaine de syndicalistes (presque tous les syndicats de l’usine étaient présents), pour parler réindustrialisation, relocalisation des productions, lutte contre les délocalisations, bataille pour les salaires, pour l’embauche des intérimaires… Les brevets qui sortent du centre de recherche du site châlettois doivent être mis en production sur le site de Châlette et non plus à l’étranger. Les compétences, la technologie... tout est présent sur le site, mais les patrons préfèrent délocaliser avec la bénédiction des gouvernements successifs depuis des années.

Fabien Roussel a rappelé « qu’avec nous au pouvoir demain, on réindustrialise ». Il faut faire revenir le travail en France.

L’usine Sanofi ensuite, pour aller sur le piquet de grève soutenir les grévistes en lutte pour l’augmentation des salaires. Sanofi qui voit ses ventes progresser, qui a versé en 2021 4,4 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires (les salariés de Sanofi, depuis le 5 septembre ne travaillent uniquement que pour les actionnaires), et qui n’a augmenté les salaires que de 1,8 % alors que les syndicats demandent 10 %. Sanofi, qui prévoit de supprimer le quart de ses effectifs, soit 4 000 emplois, d’ici à 2025 dont 400 dans son secteur de recherche et développement, qui préfère acheter des molécules pour la commercialisation. Les actionnaires ne veulent que de la rentabilité à court terme et ne réfléchissent pas en termes de santé. Or le médicament n’est pas une marchandise. C’est pourquoi les communistes sont pour un pôle public de la santé. Et bien évidemment pour une large augmentation des salaires.

Plus de 200 personnes lors de la réunion publique le soir. Un beau succès. Quasiment tout l’éventail de la gauche associative, syndicale et politique locale est présent. Les questions fusent, le débat est dense et passionnant : nucléaire, politique énergétique, lutte pour les droits des femmes, bataille antiraciste et notamment contre le député d’extrême droite local, accès à la santé pour tous et défense de l’hôpital public , organisation de la résistance contre l’explosion des factures d’énergie, position des communistes par rapport à la Chine et Taïwan... Les deux heures de débat ne suffisent pas. Au final, Fabien Roussel rappelle une évidence : « Nous sommes non pas un parti d’opposition mais un parti de propositions. »

Bruno Nottin

secrétaire de la section de Montargis

membre du CD et de l’Exécutif du Loiret