Publié le 05/05/2021 par PCF

Colombie : solidarité avec la mobilisation populaire, halte à la répression !

Le peuple colombien s’est soulevé. Depuis le 28 avril, dans toutes les régions du pays, tant dans les grandes villes que dans les zones rurales, travailleurs, étudiants, organisations des peuples autochtones ont organisé des manifestations et rassemblements massifs pour revendiquer le retrait du projet de réforme fiscale du gouvernement du président Iván Duque.

Une réforme dont l’objectif était de faire payer aux ménages modestes la crise économique et la mauvaise gestion du pays, tout en épargnant les privilèges des plus riches. Mais si la réforme a été le détonateur, la force de la mobilisation populaire exprime le profond rejet de toute une politique fondée sur l’accroissement des inégalités, la violence et la corruption.

Par leur détermination, les Colombiennes et Colombiens ont contraint le président Duque à retirer sa réforme et conduit à la démission le ministre des Finances, Alberto Carrasquilla. Des premières victoires et conquises de haute lutte, face à un gouvernement aux abois, qui a décidé d’utiliser la répression et la terreur pour maintenir sa domination.

La répression policière est brutale et l’armée a été déployée dans les rues des grandes villes du pays. Selon les informations du Défenseur du peuple en date du 3 mai, 18 civils ont été assassinés depuis le début de la mobilisation, dont 11 dans la seule ville de Cali. Selon la campagne « Défendre la liberté », 305 personnes ont été blessées par la police et 988 arrêtées. Des défenseurs des droits humains sont également pris pour cible, y compris des représentants de l’ONU.

Face à cette grave situation, le Parti communiste français (PCF) exprime son entière solidarité avec la lutte du peuple colombien et dénonce avec force la répression meurtrière déchaînée contre les manifestants.

La France et l’Union européenne ne peuvent demeurer silencieuses. Elles doivent cesser de soutenir le gouvernement d’extrême-droite, héritier direct de la « guerre sale » contre les mouvements populaires et démocratiques. Un gouvernement responsable des morts de ces derniers jours, mais aussi de l’assassinat de centaines de leaders sociaux et de signataires des Accords de paix depuis sa prise de fonctions. Une condamnation ferme des violations des droits humains est nécessaire, ainsi que l’activation sans délai de la clause de suspension de l’accord de libre-échange avec la Colombie.