Publié le 24/06/2020 par PCF

Coopératives

Aider les travailleurs dont l’entreprise est menacée de fermeture à lutter pour sauver leurs emplois en passant par la case coopérative. C’est un objectif que s’est fixé la commission Économie sociale et solidaire du PCF (http://ess-pcf.fr).

Dans le sillage de la crise du Covid-19, combien d’entreprises TPE, PME, PMI sont sur le point de fermer, mettant salariés (et parfois patrons) sur la paille ? Combien seront reprises par des prédateurs pour être délocalisées, fermées, dépouillées ? Les transformer en coopératives, scop ou scic, c’est la meilleure des résistances. Pourquoi ? Et comment ? Le numéro spécial Crise du Covid de Coopéractif, le journal de la commission ESS du PCF, rassemble à la fois les arguments montrant que c’est une bonne solution, et les méthodes pour y parvenir.

Nous sommes convaincu·e·s que la reprise des entreprises menacées, sous forme de sociétés coopératives, sera à la fois la plus efficace des résistances à leur disparition, et une étape possible vers une démocratie à l’entreprise qui peut transformer le sens du travail et donner un élan démocratique aux territoires. Ces entreprises sont un levier du changement que nous souhaitons, du « communisme déjà là ».

Nombreux sont les salariés qui ignorent l’intérêt d’un passage en coopérative, et les possibilités de sauter le pas. Et pourtant, nombreux sont les outils qui leur permettraient d’en voir l’intérêt et de réussir ce passage. En particulier, les coopératives sont solidaires entre elles et disposent d’outils de financement qui leur sont spécifiques.

Une comparaison des chiffres liés aux transferts d’entreprises, par rapport au montant des aides et indemnités liées au chômage, à la réinsertion et la création d’emplois, montre à la fois la possibilité de rachat par les salariés sous forme coopérative, et l’intérêt d’un plan massif de reprises d’entreprises sous cette forme, face au gâchis financier et humain du chômage. Et nombreuses sont les réussites : Scop-Ti évidemment, mais aussi l’imprimerie Hélio Corbeil, l’usine Ceralep, la Librairie des volcans, la SPM (société pyrénéenne de métallurgie), la Belle Aude et bien d’autres encore.

Voilà pourquoi nous avons souhaité mettre à disposition des salariés, avec ce numéro spécial de Cooperactif, un outil de création d’une coopérative. Ils y trouveront les arguments et les questions qu’ils peuvent se poser, les chiffres, les règles, les outils, les ressources, disponibles pour les aider, pour répondre aux questions essentielles :

  • Scop/Scic, CAE, quel intérêt pour votre entreprise ?
  • Scop ou Scic, laquelle choisir ?
  • Quelles obligations légales pour créer votre coopérative ?
  • Comment la financer ?

Comment utiliser ce numéro spécial, à qui est-il destiné ?

En priorité, il est destiné aux travailleurs·euses des entreprises menacées de fermeture, qui vont être si nombreuses dans la période actuelle. Mais encore faut-il que ces salariés en aient connaissance !

Comment les toucher ? Les élus des collectivités territoriales peuvent jouer un rôle de veille important, pour déceler à temps les entreprises menacées sur leur territoire et discuter avec les travailleurs de la possibilité d’une transformation en coopérative.

Comment les aider à résister en réalisant leur projet ?

En effet, en particulier dans le cas d’une entreprise mise en faillite, la lutte est difficile. Il faut une équipe déterminée et soudée, un environnement (élus locaux, familles, citoyens du territoire) prêt à se battre, à soutenir le projet. C’est là que le rôle des militants devient important. Quelquefois les tribunaux de commerce et les élus locaux de droite préfèrent le candidat le « plus disant », celui qui apporte le plus gros chèque, quitte ensuite à fermer, délocaliser… Un cas emblématique est celui de l’usine de Plaintel qui produisait des masques, fermée par le propriétaire anglais Honeywell qui a ordonné la destruction des machines fin 2018. Un projet de reprise en Scic a été combattu par le député-maire LR Marc Le Fur au profit d’un repreneur qui promet de l’argent (qui est en fait les subventions publiques et les prêts bancaires à bas taux). Une lutte politique et syndicale, impliquant les acteurs de tout le territoire a fini par gagner. Le projet coopératif de Scic (scop22), soutenu par les conseils régional, départemental et des élus locaux va bientôt aboutir. Il ne fait pas que sauver les emplois détruits. Il a une utilité sociale en contribuant à l’indépendance sanitaire de la France, sans risque de délocalisation. Il implique les collectivités locales et réunit plusieurs partenaires : les salariés d’abord, les collectivités locales, les clients (hôpitaux, fédérations professionnelles…), les institutions (mutuelles…), les citoyens.

Dans le cadre de la très brève campagne municipale, notre document a pour ambition d’aider les candidats à proposer des solutions crédibles là où il y a déjà des entreprises à défendre. Mais dans toute la période actuelle, bien au-delà des élections, sauver des entreprises en les transformant de façon démocratique est une tâche politique qui peut concerner tous les communistes, les élus territoriaux en tête.

Janine Guespin, Collectif ESS.

Notre site utilise des cookies qui nous permettent d'améliorer votre navigation et de réaliser des statistiques de visites. En utilisant www.pcf.fr, vous acceptez l'utilisation de ces cookies. En savoir plus