Publié le 07/04/2021 par PCF

Face à l’échec du gouvernement, vite un plan d’urgence !

Un immense gâchis ! Voilà, après les annonces d’hier, le sentiment qui domine, avec l’impression d’une situation qui aurait pu être différente. La contamination massive conduisant inévitablement à une saturation des hôpitaux et à l’incapacité de vacciner en nombre, faute de doses, a amené Emmanuel Macron à annoncer un nouveau confinement.

Cela fait plus de trois mois que la stratégie vaccinale a été lancée et pourtant seuls 4 % de la population ont reçu une vaccination complète. Le refus de s’engager pour la levée des brevets permettant des productions de masse sur le territoire national montre le manque d’ambition de l’exécutif sur une politique vaccinale d’envergure. Sur la saturation de l’hôpital public, la responsabilité du gouvernement est pleine et entière. Depuis des décennies la politique est à la suppression de lits. Les multiples interpellations du personnel de santé sont restées lettre morte. Après le confinement, nous aurions pu espérer un rebond et un réinvestissement, mais aucune mesure n’a été à la hauteur. Pire, malgré le contexte, des lits ont encore été supprimés.

Face à cette situation, l’exécutif a annoncé la fermeture des établissements scolaires devenus des clusters partout sur le territoire. L’aveuglement du gouvernement depuis des mois sur une épidémie qui épargnerait ces lieux et le refus d’écouter les multiples mises en garde du personnel éducatif le rendent pleinement responsable de cette fermeture qui aurait pu être évitée. Du jour au lendemain, nous sommes passés de “la fermeture des écoles est inenvisageable”, à une fermeture complète des établissements scolaires. Cette nouvelle annonce ne laisse présager rien de bon.

Pourtant, des mesures auraient pu être prises plus tôt pour éviter d’en arriver là : dédoublement des classes, recrutement d’enseignants, mise à disposition de matériel informatique pour tous les élèves, vaccination des enseignants, tests systématiques des élèves… Jean-Michel Blanquer peut marteler vouloir faire de l’école sa priorité, il n’en a jamais fait la preuve, et il ne reste pas moins le principal responsable de la situation catastrophique de l’école.

Aussi, pour les jeunes en emploi, aucune annonce sérieuse n’a été faite. Le plan “un jeune une solution” ne fonctionne pas, et on estime aujourd’hui à 1,6 million de jeunes sans aucune solution, auxquels s’ajoutent des millions d’autres en emplois précaires, dans des formations qui ne répondent pas à leurs aspirations ou en décrochage. Les jeunes sont aussi les plus touchés par la réforme de l’assurance chômage que le gouvernement s’entête à maintenir malgré la situation.

Depuis un an les jeunes ont suspendu leur vie et tout ce qui fait leur lien social. Le chef de l’État n’a pas eu un mot pour la culture. Aucune annonce non plus pour le sport et les associations. Des activités pourtant essentielles pour permettre à chaque jeune de se réaliser et s’épanouir.

Assez des tergiversations et du tâtonnement ! L’heure doit être à un plan ambitieux pour la jeunesse, qui passe par une remise en cause des logiques libérales desquelles ce gouvernement au service de la bourgeoisie est incapable de s’extraire. Ces quatre semaines de confinement doivent permettre de mettre tout en œuvre pour que les jeunes puissent construire sereinement leur avenir et s’épanouir.

Le MJCF appelle l’ensemble de la jeunesse à se mobiliser le 8 avril prochain, partout en France, pour demander :

Pour les jeunes en formation :

  • Un plan de rattrapage avec recrutement massif d’enseignants permettant de dédoubler les classes.
  • Un lissage immédiat des programmes pour permettre de rattraper les retards.
  • La création d’un service public d’orientation dédié à contacter l’ensemble des jeunes sans aucune solution et en décrochage pour leur proposer une formation.
  • Un revenu étudiant pour permettre aux jeunes en formation de sortir de la précarité et du salariat.
  • Pour l’emploi des jeunes :
  • Un plan de recrutement massif dans les services publics en commençant par la santé, l’éducation, les transports et l’énergie. Une partie de ces recrutements doit se faire sous pré-recrutement pour planifier les besoins et permettre de former convenablement les agents de demain.
  • La conditionnalité des aides publiques aux entreprises à l’embauche et la formation des jeunes.
  • La fin des contrats précaires : le CDI et la titularisation doivent redevenir la norme.
  • L’abandon de la réforme de l’assurance chômage. µ

Léon Deffontaines

secrétaire général du MJCF