International publié le 01/04/2022

Guerre à la guerre

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« Guerre à la guerre », c’est par cette expression que Jean Jaurès ou encore Clara Zetkin résumaient leur engagement internationaliste, pacifiste, opposé aux dominations impérialistes et en faveur du libre droit des nations à disposer d’elles-mêmes. C’est un des cœurs de l’engagement communiste.

Il est plus indispensable que jamais. La décision odieuse et totalement injustifiée du gouvernement russe de recourir à la guerre contre l’Ukraine n’est mue ni par la « dénazification », ni par la « démilitarisation », mais un chauvinisme grand-russe revivifié dans les décombres et les déchets intellectuels de la restauration capitaliste.

Cette invasion entraîne une réaction en chaîne, que montre la conjonction jeudi et vendredi dernier des sommets de l’OTAN, de l’UE et du G7. L’OTAN devrait donner à une des salles de son quartier-général à Bruxelles le nom de Vladimir Poutine, qui a fait plus pour l’Alliance atlantique et pour la résurgence d’une politique de blocs en quatre semaines que tous les òtaniens en quarante ans. Les États-Unis, dont l’impérialisme, dans les convulsions de la globalisation capitaliste, cherchait une relégitimation après le fiasco afghan, reviennent en force en Europe en prétendant vouloir prendre la tête du « monde libre ». Quelle hypocrisie quand il s’agit de s’appuyer sur le gouvernement d’extrême droite polonais et sur les milices bandéristes en Ukraine, dont Amnesty International a dénoncé les exactions dans le Donbass comme des crimes de guerre.

S’il est minuit moins une dans le siècle, il n’est pas encore minuit. Mais cela impose de prendre une série d’initiatives politiques et diplomatiques pour stopper l’engrenage belliciste, en s’en prenant concrètement aux fauteurs de guerre. La déclaration adoptée au Conseil national du PCF le 19 mars avance des exigences concrètes immédiates pour contraindre Vladimir Poutine à un cessez-le-feu par les moyens politiques, diplomatiques et économiques.

S’enfoncer encore davantage dans la logique de blocs fait courir un clair risque d’escalade. Le gouvernement français doit jouer un rôle déterminent, en toute indépendance, dans un processus politique et pacifique négocié, nécessaire pour mettre fin à la guerre en Ukraine et au conflit séparatiste dans le Donbass ; ainsi que dans la tenue urgente d’une conférence extraordinaire pour une sécurité collective pan-européenne, sous l’égide de l’ONU, ouverte à tous les pays d’Europe y compris la Russie et l’Ukraine.

Dans un monde interdépendant, la sécurité de chacun dépend de la sécurité de tous. L’indépendance stratégique de la France et celles des pays européens ne peut plus s’inscrire dans un système qui les font dépendre d’une alliance dont ils ne maîtrisent ni la direction, ni les objectifs stratégiques.

L’OTAN n’est pas une force de paix. En recouvrant leur indépendance, notre pays et les autres nations européennes peuvent œuvrer à la mise en place d’un cadre commun pan-européen de coopérations et de partenariats dont le premier but doit être la préservation de la paix et la sécurité collective. C’est le meilleur moyen de prévenir les guerres et donc d’assurer la protection des peuples européens.

Vincent Boulet
membre de la Commission des relations internationales du PCF
responsable des Affaires européennes