Camarades, bonjour à toutes et tous,
Merci d’abord et bravo à la directrice de la communication, Julia Castanier, pour son excellent travail pour la réalisation des clips lors de ce congrès.
Je veux commencer par partager avec vous un salut, pour toutes les communistes, les femmes, militantes, salariées, qui cumulent les triples journées.
Car si il est vrai qu’il y a quelques progrès générationnels, le partage des tâches domestiques, la charge mentale, la garde des enfants et le liens avec les personnes âgées incombent encore à plus de 85 % aux femmes.
Non parce qu’elles sont nées femmes et auraient des qualités naturelles différentes, mais parce que la société nous socialise encore toutes et tous à l’aune du patriarcat.
Ainsi nous les femmes, nous cumulons les triples journées et nous trouvons néanmoins encore la force, le courage, et les ressources pour militer et ainsi faire vivre la démocratie.
Alors je veux que nous saluons et applaudissions, toutes et tous, les femmes militantes.
Je veux affirmer également notre sororité intergénérationnelle.
« Il suffira d’une crise » disait Simone de Beauvoir, et en matière d’égalité professionnelle, les politiques d’austérité capitalistes ont fait reculer encore l’égalité femmes-hommes, tant en matière de salaire que d’évolution professionnelle, et donc en matière de retraites. Car vous connaissez les chiffres les femmes ont des retraites inférieures de 40 % à celles des hommes. Et ça va empirer si la réforme passe. Le taux plein ne sera qu’un phare jamais atteint pour nous toutes. Alors battons-nous jusqu’au retrait aussi pour ça.
Mais grâce aux luttes féministes, partout les droits des femmes progressent : les femmes iraniennes en lutte, les afghanes, les kurdes, toutes nous montrent – comme le mouvement #MeToo – l’universalisme des luttes contre les violences et le patriarcat.
Le féminisme déborde sans cesse son objet en entraînant au-delà de la volonté d’émancipation des femmes, l’émancipation de toutes et tous.
Juste un peu de mémoire :
Il n’y a que 58 ans, les femmes ne pouvaient pas exercer de profession sans l’accord de leur mari.
Il n’y a que 48 ans, les femmes ne pouvaient pas demander le divorce.
Il n’y a que 43 ans, dans la loi, le viol n’était pas un crime
Il n’y a que 36 ans, les femmes n’avaient pas l’autorité parentale sur leurs enfants.
Il n’y a que 31 ans, la loi ne pénalisait pas les violences conjugales.
Il n’y a que 17 ans, le mariage des filles mineures – de 15 ans – n’était pas pénalisé
Alors aux camarades femmes qui ont lutté dans ces conditions pour le droit à l’IVG, comme pour la contraception, pour tous les droits conquis, je veux vous dire un grand merci.
Beaucoup a été fait, mais il reste encore beaucoup à faire dans la société et nous partageons collectivement cette analyse : main dans la main, le patriarcat et le capitalisme tirent profit de la dévalorisation des femmes et de leur travail.
C’est l’organisation toute entière de notre société qui est basée sur ces deux dominations. Et donc remettre ce système en question, c’est un potentiel profond et révolutionnaire.
Et nous dans notre organisation que faisons-nous ? Beaucoup à été fait mais nous devons faire plus et prendre la rampe de lancement du mouvement féministe historique que nous avons la chance de vivre.
Si vous en décidez ainsi, demain, le PCF, dans ses statuts, sera un parti féministe. Et je vous dis ma fierté d’ores et déjà pour tout le travail accompli à ce congrès.
Mes camarades, il n’y a que 22 ans, il y avait autant de femmes élues dans les collectivités et au Parlement qu’en 1945. Il a fallu la loi contraignante sur la parité.
Et depuis, quelle efficacité ! Des femmes sont maires, elles sont dans tous les exécutifs, de tous les scrutins de liste. Les partis se transforment, et d’ailleurs cela a un effet entraînant pour toute la société, quel bonheur pour les féministes de voir une femme féministe elle aussi, qui une semaine avant organisait « l’intersyndicale des femmes » et bien cette femme devient secrétaire générale d’un syndicat, la CGT, c’est Sophie Binet.
Un dernier mot sur la parité.
Comment la voyons-nous ? Pourquoi c’est important ? Pas pour la simple question numérique, parce que les femmes sont majoritaires dans la société, mais bien parce que toutes les femmes ont en commun un vécu, une socialisation de minoritaires, de personnes dévalorisées, de personnes très souvent victimes de violences. Lorsqu’en plus elles sont féministes, elles ont conscience du caractère systémique de cette dévalorisation et elles ne sont jamais quand elles sont élues des hommes politiques comme les autres.
Or, aujourd’hui, en politique nous assistons à un triste spectacle, celui de la valorisation de la domination, de la prédation et cela a des conséquences du point de vue de la norme. La parité ça n’est pas une réforme de comptable catégorielle. Pour nous, féministes communistes, féministes lutte des classes, c’est l’utopie d’une autre citoyenneté, d’une transformation réelle du pouvoir. Elle s’accompagne nécessairement du non cumul, de la proportionnelle, d’un statut protecteur.
Vous l’aurez compris je pense que du féminisme pourrait bien émerger un état social !
Alors camarades bravo pour tout ce que vous avez déjà engagé, et encore une fois des paroles aux actes !
Vive le Parti communiste !