International publié le 12/11/2020

L’Amérique latine poursuit son cycle électoral 2020-2022

Les États-Unis ont montré au monde entier leurs divisions, leurs difficultés à obtenir un résultat à leur élection présidentielle. Cependant Donald Trump a perdu et devra quitter la maison blanche en janvier. En même temps l’Amérique latine poursuit son cycle électoral malgré la pandémie, les difficultés sociales. Cette séquence pourrait permettre une nouvelle vague progressiste, une nouvelle vague de gauche.

nov 2019 - rencontre  avec Luis Arce à Sao Paulo (Brésil)Ces dernières semaines ont été l’objet de quelques bonnes nouvelles à ce sujet avec la victoire de Luis Arce du MAS en Bolivie et la victoire au référendum au Chili pour le changement de la constitution qui datait de la dictature de Pinochet.

Les 15 et 29 novembre, les élections municipales auront lieu au Brésil, le 6 décembre les élections législatives au Venezuela et en février 2021 l’Équateur votera pour élire un nouveau Président, élection qui pourrait signer le retour de la gauche.

Le 8 novembre 2020 restera une date importante pour la Bolivie et pour l’Amérique latine avec l’investiture du Président Luis Arce. Cette investiture marque le retour de la démocratie après le putsch de 2019, le retour du MAS à la tête de l’État plurinational de Bolivie, le retour d’exil d’Evo Morales et l’émergence de fortes personnalités politiques qui ont résisté aux putschistes, aux menaces, à la répression, l’intimidation et les violences des milices ou de groupes armés.

Le Chili, lui, va entrer dans un calendrier électoral démentiel pour élire des gouverneurs, un congrès, une assemblée constituante …. Tout est à faire pour instaurer une nouvelle période de démocratie et donner des débouchés politiques aux importants mouvements sociaux qui ont commencé en octobre 2019. L’année 2021 sera un immense défi démocratique pour le peuple chilien, la jeunesse, les organisations de femmes, les organisations politiques de gauche, toutes celles et tous ceux qui ont ouvert la voie vers de nouvelles institutions en votant pour une nouvelle constitution.

Dans quelques jours, ce sera au tour du Brésil de voter pour les élections municipales et beaucoup d’observateurs voudraient présenter ces élections comme un premier test pour le Président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Il y a quelques jours, le 29 octobre, Jair Bolsonaro a perdu une importante bataille idéologique. En effet, en pleine pandémie, le Président a visuel_AmeriqueLatine.jpgprésenté un décret qui permettait de privatiser les « unités de santé de base » (le SUS), système datant de la période Lula qui permet à des millions de personnes en difficulté d’accéder au droit à la santé. Les parlementaires ont repoussé ce décret et fustiger l’attitude inhumaine de Bolsonaro.

Au sujet des élections municipales, la gauche se présente très divisée à ce scrutin et risque de se retrouver un peu en difficulté. Cette campagne des municipales aura été marquée par un climat délétère, par de multiples provocations des groupes d’extrême droite et par de multiples violences. La semaine dernière, les journaux de Sao Paulo signalaient que quatorze candidats avaient été assassinés depuis le 17 septembre, date à laquelle les candidatures aux municipales étaient officielles. Des chiffres qui peuvent paraître délirants mais qui montrent bien les déviances du système Bolsonaro, des milices et de l’armée.

Cependant, celles et ceux qui pensaient que la droite avait définitivement pris le dessus se sont largement trompés ; souhaitons qu’à la fin de ce cycle électoral, l’Amérique latine puisse relancer leurs projets d’intégration régionale comme l’UNASUR avait su le faire dans les années 2000-2010.

Cécile DUMAS
responsable-adjointe du secteur International du PCF