Publié le 08/04/2020 par PCF

Les jeunes face à la crise économique

La France et le monde connaissent une crise sanitaire sans précédent. Afin d’endiguer cette crise, de nombreux gouvernements ont mis en place des mesures de confinement. Ces mesures ont entraîné une diminution de la production et du commerce international, ce qui a accéléré l’arrivée de la crise économique.

Les jeunes vont être durement impacté par la crise économique

La jeunesse est aujourd’hui une période caractérisée par une forte précarité d’emplois. Il s’agit d’un salariat dégradé et fragmenté par de multiples contrats d’exception. C’est également un salariat caractérisé par des contrats temporaires et où les temps partiels sont surreprésentés.

À travers ces contrats, les jeunes servent bien souvent de variable d’ajustement pour le capital. Ainsi, en période de croissance économique, la jeunesse est une main-d’œuvre à bas coût et facilement mobile, ce qui permet aux capitalistes de tirer une plus-value plus importante. En revanche, en tant que variable d’ajustement, ce sont eux les principaux impactés en période de ralentissement de la production.

Cette crise économique n’en fera pas exception, les jeunes vont être la tranche d’âge la plus durement touchée par la montée du chômage.

Aux jeunes qui vont perdre leur emploi, s’ajoutent les centaines de milliers d’autres qui vont arriver sur le marché de l’emploi en septembre. Or, dans un contexte de crise économique avec un marché de l’emploi à saturation, les primo-arrivants vont avoir du mal à trouver un travail. Cette situation sera d’autant plus injuste que, par définition, ces jeunes n’auront pas encore travaillé et par conséquent n’auront pas le droit au chômage.

En plus des jeunes qui vont perdre leur emploi et ceux qui n’arriveront pas à en trouver, vont s’ajouter également les milliers d’étudiants et lycéens qui n’arriveront pas à trouver un emploi durant la période estivale. Chaque été, des milliers de lycéens et d’étudiants travaillent l’été afin de financer leurs études pendant l’année. En période de ralentissement économique, les embauches vont se faire plus rares. D’autant plus, que le secteur touristique sera particulièrement impacté par cette crise.

La période de récession va avoir des effets désastreux sur l’emploi des jeunes. Le gouvernement doit mettre en place des mesures fortes pour endiguer la crise et le chômage.

Les jeunes ne doivent plus servir de variable d’ajustement

Les mesures prises par le gouvernement ne vont pas dans le bon sens. Les ordonnances mises en place dans le cadre de la loi d’urgence sanitaire vont avoir des effets néfastes sur l’emploi.

La possibilité pour les entreprises de déroger au Code du travail, notamment sur le travail hebdomadaire, ne permettra pas de lutter contre le chômage. Bien au contraire, plutôt que d’embaucher, elles auront désormais la possibilité de jouer sur le nombre d’heures hebdomadaires en fonction de leurs besoins. De même, la possibilité pour les entreprises d’imposer les congés payés à leurs salariés pendant la période de confinement ne pourra qu’aggraver les impacts de la crise économique sur le secteur touristique. Ce secteur d’activité est pourtant un atout majeur dans l’économie du pays. Les mesures du gouvernement ne vont en rien lutter contre le chômage, bien au contraire ; l’unique but recherché est de préserver les intérêts du capital.

Le gouvernement doit mettre en place des mesures radicalement opposées avec ce qui est fait actuellement. En premier lieu, l’État doit nationaliser les entreprises des secteurs stratégiques et essentiels pour la société. Ces nationalisations ne doivent pas imposer des mesures pour assurer la rentabilité de ces secteurs afin de les privatiser de nouveau, comme cela a pu être fait lors de crises économiques précédentes. Au contraire, au lieu de répondre à des logiques de rentabilité, ces secteurs stratégiques doivent être redirigés vers l’intérêt général. En répondant à cet objectif, cela nécessitera de grands plans d’embauches qui permettront en partie d’endiguer la hausse du chômage. Pour préserver l’emploi, notamment chez les jeunes, le gouvernement doit prendre des mesures fortes pour que les jeunes ne servent plus de variable d’ajustement. Pour ce faire, le gouvernement doit mettre fin aux contrats d’exceptions. La norme doit être le CDI dans le secteur privé et la titularisation dans le secteur public. En plus d’avoir un emploi stable, les jeunes doivent a minima être réintégrer au droit commun. Les jeunes, qu’ils soient mineurs, stagiaires ou apprentis, ne doivent pas avoir un salaire inférieur au SMIC. Ils doivent avoir accès aux mêmes droits que leurs aînés et aux mêmes aides sociales.

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

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