Ces derniers jours, celles et ceux qui font vivre le pays se sont largement mobilisés. Pêcheurs, pompiers, policiers, professionnels de santé, énergéticiens… Leurs revendications ont leurs particularités, mais leurs colères disent une même réalité.
Les ouvriers et les employés de ce pays, convaincus que la France n’est pas condamnée au déclin et qui souhaitent impulser les transformations nécessaires pour l’éviter, font face à un mur, celui de l’obstination des libéraux à préserver un système à bout de souffle.
Partout, le pouvoir d’achat recule. Le prix du carburant pèse toujours plus lourd sur celles et ceux qui en ont besoin pour travailler. Les services publics sont affaiblis, les conditions de travail se dégradent et les salaires ne suivent pas.
Dans le même temps, le gouvernement prépare un nouveau budget d’austérité et voudrait, une fois encore, faire payer la facture aux travailleurs et aux travailleuses.
Alors qu’à huit mois de la présidentielle le débat public semblait prendre le chemin des querelles de candidatures, des sondages et des stratégies électorales, ces mobilisations nous rappellent une évidence.
Le terrain politique ne se résume pas au terrain électoral, et nous ne sommes pas condamnés à attendre la prochaine élection pour renverser la table ! Chaque recul imposé au gouvernement, aussi limité soit-il, compte.
Chaque conquête sociale obtenue à l’échelle d’une entreprise, d’un service public ou d’un secteur professionnel renforce la conviction qu’une autre politique est possible.
Chaque augmentation arrachée, chaque emploi préservé ou créé changent le rapport de force politique et améliorent la vie de celles et ceux qui construisent le pays.
Ces luttes ne sont donc pas une parenthèse avant l’élection présidentielle. Elles en préparent le terrain en renforçant la confiance dans l’action collective et la conscience de nos intérêts communs.
Une victoire politique durable ne pourra naître que d’un mouvement conscient de sa force, organisé autour de ses intérêts et décidé à ne plus subir.
C’est dans les entreprises, les services publics, les lycées, les CFA et les universités que se construisent les aspirations au changement.
Parce que les jeunes sont en première ligne face au chômage, à la précarité et à la sélection, ils doivent être au premier rang de ces mobilisations. À nous d’aller à leur rencontre, de les convaincre de s’organiser pour faire entendre nos revendications ! Le mois de septembre est parsemé de dates de mobilisation.
Outre celle de cette semaine, trois autres sont attendues, les 26, 27 et 29 septembre.
Si l’élection, elle, a lieu dans huit mois, la bataille pour les salaires, l’emploi, les services publics et la dignité, elle, a déjà commencé !
Bastien Bonnargent
Article publié dans CommunisteS, numéro 1101 du 23 septembre 2026